Partager l'article ! un plateau à partir de 2003?: Le récent rapport de l'Académie des Sciences mentionnait: ...
Le récent rapport de l'Académie des Sciences mentionnait:
"Plusieurs indicateurs indépendants montrent une augmentation du réchauffement climatique de 1975 à 2003"
Evidemment, nos sceptiques se sont engouffrés dans cette petite brèche (ou cet os à ronger), à savoir cette limite de 2003, qui semblerait indiquer que le réchauffement s'est arrêté cette
année là.
Ils en profitent d'ailleurs, avec un aplomb invraisemblable, pour dire que ce rapport est remarquablement équilibré.
C'est évidemment grotesque si on lit les 10 points de la conclusion du rapport en question.
(euh je ne mets pas tous les sceptiques dans le même sac bien sûr, mais bon 99% d'entre eux pour être gentil)
Mais bref, revenons à 2003.
Certes, les températures ont tendance à moins monter depuis 2003 (ou 2002 d'ailleurs), bien que l'évolution depuis 1979 ne montre pas vraiment que le réchauffement subisse une inflexion par rapport à la tendance linéaire.
Mais puisque certains se raccrochent à ce mince espoir, nous allons, hélas, leur montrer que l'explication est probablement une explication…naturelle.
Et oui, c'est un peu le paradoxe, les sceptiques n'arrêtent pas d'impliquer la variabilité naturelle pour expliquer le réchauffement, mais ils l'oublient pour expliquer le refroidissement.
Allez comprendre...
Bon, nous n'allons pas refaire un long exposé indigeste, car il semble que les lecteurs de ce blog, pour la plupart, préfèrent les exposés courts et directs, sans trop d'équations, mais nous avons déjà parlé en long et en large de l'influence solaire et des oscillations climatiques internes.
Nous allons donc regarder rapidement ce que donne la variation de température de 2003 à 2010 brute et corrigée uniquement de l'activité solaire.
hypothèses
Nous négligeons les oscillations de longue période type AMO et PDO, l'intervalle étant trop court.
L'ENSO est légèrement négative sur la période mais son influence est très négligeable sur 8 ans.
Reste donc l'activité solaire qui, en 2003, était proche d'un maximum, et qui a atteint des valeurs très basses depuis 3 ans, ne l'oublions pas.
Nous restons dans l'optique d'une variation de 0.1°C entre un maxi et un mini solaire et utilisons notre modèle maison pour déterminer la correction.
résultat
Evidemment c'est spectaculaire.
On passe de 0.08°C/décennie pour les données brutes à 0.25°C/décennie pour les données corrigées, bien que quantifier avec précision une tendance sur une période de 8 ans soit illusoire.
On peut sûrement invoquer le bruit rouge pour expliquer une partie d'une stagnation en rapport avec le caractère chaotique du climat, mais on n'a pas à se priver de tenir compte de forçages à peu près bien connus, même si on n'en connait pas les mécanismes exacts.
La conclusion est donc simple: si on retranche l'influence sur la température globale de l'activité solaire, variation naturelle s'il en est, la température monte très fortement depuis 2003.
En corrolaire, pour la xième fois, l'évolution climatique est la superposition de plusieurs influences: des influences anthropiques et des influences naturelles.
Le signal observé tient compte de tout cela, et son analyse doit en faire autant.
PS: ci dessous la même correction que précédemment mais étendue à la période 1976-2010 (2010 étant supposée terminée bien sûr) données ici.
Les deux courbes sont très proches et la variation de tendance linéaire est virtuelle puisqu'elle ne tient pas compte des autres variations "naturelles"
PS2: j'aurais bien fait la correction de l'ENSO également, mais il y a des difficultés pour 2010 qui n'est pas encore terminée et pour laquelle l'indice ENSO est quasi-nul alors que l'influence sur la température est indéniable quoique retardée.
En ce sens, bien que plus faible, le Niño 2010 ressemble à celui de 1998.
Il faudra donc attendre quelques mois pour faire une correction ENSO plus réaliste.
PS3: je me suis essayé à une correction "rapide" de l'ENSO et il faudra que je revérifie.
voici ce que donne l'anomalie NASA corrigée de L'ENSO et de l'activité solaire:
Comme on pouvait s'y attendre, l'anomalie de 2010 est nettement moins élevée et le lissage est meilleur, sutout à partir de 2005.
Ces résultats préliminaires indiquent, de 2003 à 2010, une tendance plus forte encore que précédemment, mais sur 2005-2010 la tendance tombe à 0.124°C/décennie.
Evidemment faire des tendances décennales sur d'aussi courtes périodes n'a pas grande signification, mais il se confirme que le "plateau" légèrement ascendant de 2003 à 2010 n'est pas en contradiction avec l'hypothèse du réchauffement climatique à long terme.
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Encore merci pour ta remarque sur le flux solaire ouvert. Rapidement je viens de trouver cette étude de Lockwood http://www.eiscat.rl.ac.uk/Members/mike/publications/pdfs/2003/213_Lockwood_2002JA009431.pdf
les graphiques p 9 et 10 notamment collent parfaitement pour interpréter ma courbe (c'est exactement la corrélation que j'y ai relevée)
Maintenant je suis un peu surpris que ça n'enleve pas plus de variance : l'écart type de 0,071 correspond à une variance (le carré) de 0,005 et celui de 0,064 à une variance de 0,004, ça semble indiquer que le soleil ne contribue qu'à 0,001 pour la variance et donc une amplitude (pour une sinusoide) de racine (2*0,001) de 0,044 °C (le 2 vient de la moyenne du sin^2 comme pour le courant alternatif), deux fois moins qu'attendu : normalement une amplitude dérivée des moindres carrés devrait soustraire proprement la variance correspondante. Mais bon je dis ça en vitesse je fais peut etre une erreur de raisonnement ...
variance = Moyenne ((y-Moyenne(y))^2 = Moyenne (y^2) -Moyenne(y)^2
chi2 = somme[ (y-(ax+b))^2 /sigma^2]
ça ne me parait pas forcément évident - en fait je réalise que ce n'est pas la variance au sens des écarts par rapports à la moyenne qu'il faut calculer ( =-^2, mais la somme des écarts par rapport au fit linéaire (^2). Ca augmente peut etre en soustrayant l'influence solaire mais je ne vois pas pourquoi forcément - il est vrai bien sur que la somme des variances s'entend sur un plan statistique, sur des périodes de temps assez longues, et que si deux influences se compensent spontanément pendant un certain temps, ça peut faire apparaitre une baisse momentanée de variance, c'est pour ça que je demandais plutot le chi^2 sur la période 1976-2010.
"mais la somme des écarts par rapport au fit linéaire (^2)."
c'est un peu ce que j'ai fait en soustrayant le fit linéaire (ce que j'appelle, affreusement, "détrender") et en calculant l'écart-type (qui diminue lorsque j'enlève le solaire).
si je fais pareil pour 1976-2010 l'ecartype passe de 0.071 à 0.064 du brut au corrigé solaire.
oui.
il y a de plus un aspect chaotique du climat qui se manifeste de plus en plus au fur et à mesure que l'échelle de temps diminue.
Pour l'annuel c'est encore sensible et la courbe ne sera jamais une courbe lisse.
il y a donc des limites à cet exercice qui ne manque toutefois pas d'intérêt.
Ca me parait suspect que la correction par le soleil uniquement augmente la variance, normalement il devrait la réduire parce que la variance totale est la somme des variances des facteurs indépendants.... mais je suppose que ceux qui ont déterminé l'influence solaire ont fait ce genre de test ! Enfin j'espère ..
oui mais le problème c'est que si on retire l'influence solaire la pente augmente et donc la variance augmente automatiquement.
Si c'étaient des droites (c'est presque ça pour le solaire), avec des pentes a pour solaire et b pour sans solaire, la pente totale serait a+b
si a est négatif la pente du composite est inférieure à la pente du sans solaire et sa variance est plus faible.
pourtant on ajoute un signal.
inversement si j'enlève le solaire la variance augmente.
C'est donc pas si simple.
PS:si on "detrende" les courbes et qu'on mesure l'écartype celui-ci diminue lorsqu'on enlève le solaire.
cette opération revient à tenir compte de la pente mais c'est un peu scabreux et peu orthodoxe.
et puis sans utiliser un arguement d'autorité Camp et Tung sont des matheux presque purs, pas des physiciens.
Ca m'étonnerait qu'ils ne connaissent pas les stats
C. D. Camp, Department of Mathematics, California Polytechnic State
University, San Luis Obispo, CA 93407, USA.
K. K. Tung, Department of Applied Mathematics, University of
Washington, Seattle, WA 98195, USA. (tung@amath.washington.edu)
Je vais faire mon pénible mais je voulais dire le chi^2 (somme des écarts par rapport à la moyenne), pas le coefficient de corrélation de la régression linéaire : celui-ci tend vers zéro si la pente est nulle parce que la variation totale devient non significative par rapport aux écarts type (je pense); mais ça ne prouve pas que retrancher la composante solaire améliore significativement le fit, même si tu retranches une composante fausse mais avec une grande pente ça va améliorer ton R - mais pas ton chi^2.
Il faudrait faire un F-test pour quantifier ça de manière rigoureuse, mais deja en regardant le chi^2 ça doit donner une indication. Et ce serait intéressant aussi sur la courbe globale de 1976 à 2010...
si le chi-deux est la moyenne des carrés des écarts à la moyenne (enfin il me semble que c'est plutôt la variance ça), on passe de 0.00424 pour NASA non corrigée à 0.0021 pour NASA corrigée solaire+ENSO
pour NASA corrigée solaire uniquement, on a 0.00676
bon je me suis fendu d'une correction de l'ENSO en plus (tu me fais bosser un dimanche c'est un scandale
, mais bon il
pleut et j'ai une sciatique alors...)
Ceci dit il faudra que je revérifie ça un autre jour.
J'ai rectifié sur l'article et tu trouveras en sus les coeff de détermination, qui s'améliorent de 0.074 sans correction, à 0.49 avec correction solaire, puis 0.75 avec solaire + ENSO.
Je n'ai rien contre le fait de prendre des valeurs de consensus, je dis juste que ces valeurs, si on fait un travail scientifique sérieux, doivent etre accompagnées de barres d'erreurs dont il faut ensuite tenir compte dans le fit. Ca rendrait probablement à peu près inutilisable un grand nombre de fits faits sur des courtes périodes ....
où as-tu vu que l'ENSO était une fonction croissante sur la période?
à ce sujet lire le PS2 de l'article.
sinon pour le solaire, je me centre sur le consensus actuel et pour les barres d'erreur faudra attendre un peu.
voici ci dessous l'ENSO mensuel qui va de janvier 2003 à mars 2010.
mars 2010 car je suppute un effet retard de l'ENSO pour 2010 (ainsi que je l'explique dans l'article)
Mais même dans ces conditions, le trend est négatif ou quasi-nul et n'a donc que peu d'influence sur le trend final.
Mon modèle est un modèle thermique qui fait un mix entre la réponse océanique plus lente et la réponse terrestre presque instantanée.
Le lag est de 6 mois environ.
voir ci dessous ce que ça donne avec un signal solaire idéalisé:
On peut lire Camp et Tung, qui repèrent un signal beaucoup plus fort pas loin du double des autres, soit proche de 0.2K entre un maxi et un mini avec un lag proche de zéro.
Pour les autres donc, le signal est de 0.1K en moyenne avec un lag de 1 à 2 ans.
J'ai été conservateur et j'ai choisi 0.1K entre un maxi et un mini, soit pour une variation de TSI de 1W/m2.
En prenant un lag de 1.5 ans, au lieu de 0.5 ans, étant donné le mini que nous avons traversé, ça ne change pas grand-chose.
L'indice aa c'est analogue au flux magnétique ouvert, non?
C'est repris dans cet article.
Il semble y avoir une influence solaire sensible sur la circulation atmosphérique nord-atlantique (au moins) et donc, possiblement, sur les précipitations de cette région.
Cependant, je ne pense pas que ce soit lié au magnétisme lui-même mais au forçage solaire sur la stratosphère, en particulier par les UV.
Maintenant, je suis pas spécialiste...
Dans cet article je parle de la période récente où il y a une très forte décroissance de l'activité solaire, jamais vue depuis 80 ans.
Selon toute probabilité, l'activité solaire, pendant cette période, a donc diminué très fortement le réchauffement
Pour la période de 1975 à 2010 il y a une légère décroissance de l'activité, effectivement, et non seulement elle ne peut être dominante (ce qui est une drôle de formulation de la part de l'Académie, pour le moins) mais elle diminue légèrement le réchauffement sur cette période.
J'avais aussi relevé ces liens (liste non exhaustive)
Voici d'autres liens que tu attends sebb (bonne lecture en anglais)
Joanna Haigh, a professor of atmospheric physics at the Imperial College London, analyzed the types of radiation that reach Earth from the sun, and the various effects they have on our planet's atmosphere.
[url]http://www.space.com/scienceastronomy/solar-cycle-impacts-earth-weather-101006.html[/url]
C. de Jager
[url]http://www.cdejager.com/wp-content/uploads/2008/11/solaractivandclimate-nethjgeosci.pdf[/url]
[url]http://www.cdejager.com/wp-content/uploads/2009/02/2009-forecasting-jastp-71-239.pdf[/url]
[url]http://www.physicsforums.com/archive/index.php/t-277347.html[/url]
avec S. Duhau
[url]http://www.iag2009.com.ar/presentations/Session3%20Geodesy%20and%20Geodynamics:%20Global%20and%20Regional%20Scales/35%20On%20the%20origin%20of%20the%20length%20of%20the%20day%20varitions%20in%20the%20decadal%20scale%20and%20beyond%20(OS3-We08).pdf[/url]
Sinon dans la sphère française il existe aussi le blog de Jean Martin "penseeunique" ou Jean-Martin Meunier etc. c'est vrai qu'il faudrait établir une liste.
Par contre je vous recommande la lecture du blog de Jean Martin penseeunique, il y évoque l'expérience CLOUDS que les Français boudent. C'est bien dommage, malgrè ce désintérêt francophone je continue de peaufiner mon graphique sur le lien entre pluvio/ssn/indiceaa et attends l'avis de l'administrateur de pensée unique. Il est déjà conscient de l'importance de l'impact de la nucléation par les ions dans la haute atmosphère (je me demande si les re-analyses prévoient cette variable)
Donc on résume : tu cibles finalement une petite dizaine de personnes (qui ont ce privilège ?), tu leur fais dire des choses et hop, on met tous les sceptiques dans le même sac.
Excuses moi, j'arrive encore à faire une différence entre Hansen et Météor.
je l'espère pour Hansen!
C'est évidemment grotesque si on lit les 10 points de la conclusion du rapport en question.
(euh je ne mets pas tous les sceptiques dans le même sac bien sûr, mais bon 99% d'entre eux pour être gentil)"
Tu repars dans ta chasse aux sorcières. Cette affirmation est grotesque et sans fondement. Même sur skyfall, il n'y a pas une telle unanimité. Mais je sais que çà te fais du bien de (faire) croire çà.
C'est comme dire que 99% des réchauffistes croient à la Crosse de Hockey... Hein, météor, contrairement à Sirius, tu y crois toi ?
Hé, le réchauffement c'est pas une affaire de croyance mais de science...
sinon, je pense surtout aux sceptiques qui s'expriment publiquement, et pas aux petits qui s'expriment sur skyfall ou sur TDF...
et j'y peux mais, si Courtillot et son maître Allègre apprécient ce rapport.
ce sont bien des sceptiques, non?
moi, si j'étais sceptique, en admettant que cette possibilité infime existe, je détesterais, évidemment, ce rapport, mais C et A sont des politiques avant d'être des hommes de science...
Et leur appréciation de ce rapport aura aussi pour effet de les décrédibiliser complètement, on peut l'espérer, auprès de leurs anciens afficionados.
Auprès des gens normaux ça fait longtemps qu'ils passent pour ce qu'ils sont: des guignols à la grande gueule.
PS Ah oui j'oubliais.
Il y a un blog sceptique, l'institut Turgot, où s'expriment des gens très importants.
J'invite les internautes à aller lire leurs circonvolutions tordues à ce sujet.