Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /Fév /2010 15:35

 

Le réchauffement climatique que nous constatons depuis plusieurs décennies est prévu s'amplifier dans des proportions si considérables qu'il est probable que des conséquences désastreuses pour l'humanité et les écosystèmes se produisent.

 

Dans ce contexte, la relative stagnation des températures de la dernière décennie (certes la plus chaude selon les organismes de mesure), la rigueur de l'hiver aux US, les quelques buzz qui affectent le GIEC (emails, mauvaises citations, Pachauri,...), j'en passe, font un peu désordre.

 

Les scientifiques font bloc, plus ou moins, pour défendre la probité de ceux qui sont attaqués et pour s'offusquer, à juste titre, des méthodes employées par certains lobbys, pour lesquels la moindre perspective d'une "croissance différente" est un casus belli.

Cependant, malgré ce qu'on voudrait nous faire croire, les scientifiques ne sont pas des êtres bornés ou pire des affidés à on ne sait quelle volonté de complot planétaire.

Bien au contraire, ce sont des gens intelligents, parfaitement conscients des imperfections de leur science.

Mais ce sont aussi des êtres humains et à ce titre, contexte politique aidant, ils obéissent à des attitudes que ne renierait point Panurge.

Il m'est tout à fait insupportable que l'immense majorité des critiques concernant la réalité, l'origine, et les conséquences du RCA, provienne de gens souvent incompétents et/ou orientés.

C'est pourquoi je n'en parle que très rarement dans ce blog.

 

Par contre, il me semble intéressant de signaler la démarche de certains scientifiques, semble-t-il de plus en plus nombreux, qui pointent les imperfections et les portent à la connaissance d'un public, certes un minimum, averti.

Dans ce cadre, depuis quelques années, Kevin Trenberth oeuvre dans le domaine du bilan radiatif de la planète et en souligne les incohérences.

 

Je vous invite donc à prendre connaissance de cet article, plutôt facile à lire, dans lequel Trenberth développe l'inadéquation entre les mesures TOA (bilan radiatif mesuré au sommet de l'atmosphère) et le flux de chaleur réchauffant la Terre.

 

J'en extrais la figure 1 où l'on voit apparaître ce que Trenberth appelle l'énergie manquante (missing energy).

 

fig1

 

Il n'est pas normal que, pour la compréhension de notre système climatique, nous ne soyons pas encore capables de vérifier, par différents moyens, nos différentes mesures de bilan radiatif.

Car tout de même, il s'agit de 2W/m2, soit une valeur supérieure à l'estimation totale du forçage depuis l'époque préindustrielle.

 

Cela doit être un effort continu que d'arriver, dans ce domaine, comme dans d'autres, à une science qui puisse reposer sur des observations fiables et cohérentes.

 

Plus généralement, on peut signaler que des scientifiques du climat, de plus en plus nombreux, éprouvent le besoin de coordonner, à grande échelle, leurs recherches, en vue de diminuer l'incertitude climatique.

 

On suivra ainsi le devenir de l' "Earth-system Prediction Initiative for the 21st Century" qui me semble être, entre autres et bien que cela ne soit pas clairement dit, une volonté de distanciation ou d'émancipation vis à vis du GIEC.

Par meteor - Publié dans : réchauffement climatique - Voir les 5 commentaires
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