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En complément à l'article précédent, il peut être intéressant d'examiner certaines présentations de la série de HadCET (Hadley Central England Temperature) dans d'autres sites, comme celui-ci, par exemple.
Ce dernier est un site sceptique très connu, très productif (4 à 5 articles/jour surtout en ce moment), très visité, et très commenté (par exemple 945 commentaires sur la seule journée du 14 février 2010!).
Il donne une idée de la vigueur du scepticisme concernant le RCA et a contrario de la mollesse défensive des "réchauffistes" (je n'aime pas ce terme mais c'est celui qui semble s'imposer).
L'opposition internet au scepticisme, en dehors de Realclimate (plutôt très défensif actuellement) et de quelques rares autres, est quasi-inexistante ou alors très généraliste rappelant quelques banalités..
Je ne pense d'ailleurs pas que les scientifiques impliqués dans ce domaine prennent la juste mesure du phénomène sceptique.
Enfin bref, c'est leur problème, revenons à cette présentation.
En voici le graphe issu de Watts:
voici le commentaire de Watts (ou plutôt de son invité la guest star Willis Eschenbach) :
"Now, where in that record is there anything which is even slightly abnormal? Where is the anomaly that the entire huge edifice of the AGW hypothesis is designed to elucidate? The longest sustained rise is from about 1680 to 1740. That time period also has the steepest rise. The modern period, on the other hand, is barely above the long-term trend despite urban warming. There is nothing unusual about the modern period in any way."
en gros:
"Où y a t'il dans ce graphe quelque chose qui est même légèrement anormal?
Où est l'anomalie que l'immense édifice de l'hypothèse du RCA (réchauffement climatique d'origine anthropique est chargée d'élucider?....
La période moderne d'un autre côté est à peine au dessus, en dépit de l'effet urbain, du trend long terme.
Il n'y a rien d'inhabituel en ce qui concerne la période moderne, en aucune façon"
Et voilà comment on peut convaincre les bonnes gens.
D'aucuns auront vu une différence évidente entre la courbe présentée dans l'article précédent et celle de Watts.
Mais quelle courbe est la vraie?
Toutes les deux, mon cher Watson.
En effet, en dessous de la bande bleue pâle (un peu fouillis), la courbe noire de Watts, concerne la tendance linéaire sur 25 ans, alors que ma courbe noire concerne la moyenne décennale.
Ci dessous la reproduction de la courbe de Watts (c'est toujours assez facile de reproduire les courbes sceptiques) qui représente la tendance linéaire glissante et la courbe de climat-evolution qui représente la moyenne glissante sur 10 ans à partir des mêmes données.
Et évidemment la différence est de taille.
Pour illustrer un peu mieux le truc, pour ne pas dire le subterfuge, je vais vous montrer une simulation.
Voici ci dessous la tendance linéaire sur 25 ans d'un signal de température:
Les variations sont très importantes au début puis s'estompent vers la fin.
On pourra se dire, tel Watts : "mais que la situation est devenue calme, pourquoi s'embêter et mobiliser d'énormes moyens pour résoudre la fin de la courbe?"
Sauf que voici le signal d'origine de la courbe de tendance présentée ci dessus:
C'est marrant, non?
Y a un "truc"?
Bon, accessoirement, l'augmentation de température est de 3°C et n'importe qui de sensé verra qu'il y a quelque chose d'anormal en fin de courbe alors que la courbe du haut permettait de dormir sur ses deux oreilles..
Mais rassurons nous, les sceptiques peuvent encore remettre en cause la série HadCET elle-même (ils le font avec tout le professionnalisme qu'on leur connaît) et très peu de monde dans ce cas peut vraiment leur apporter la contradiction, si ce n'est les gens du Hadley eux-mêmes.
Or, ils sont évidemment aux abonnés absents en ce moment, à part Phil Jones qui s'épanche assez maladroitement dans les médias actuellement.
Chez nous, les gens de Météo France sont manifestement sur une autre planète...
On dira, ce sont des détails que tout cela.
La vraie science poursuit son chemin inexorable, comme la caravane qui passe...
Sauf que cette attitude faussement indifférente, qui essaie de se draper dans quelques lambeaux de dignité outragée, pourrait finalement passer pour de l'incompétence réelle, certes concernant des détails, mais n'oublions pas que:
"Le Diable est dans les détails"
Le diable est dans le détail effectivement. Et le détail que tu as "oublié" de mentionner dans l'article que tu critiques, c'est que celui-ci cherche à réfuter l'argument phare du réchauffisme catastrophiste, à savoir que le réchauffement moderne (après 1970) serait "sans précédent" (et donc cata, fin de l'humanité-telle-qu'on-connaît, conflits, pénurie, les ours blancs qui se noient, nos petits enfants qui souffrent et qui nous maudissent... toussa, enfin, tu connais la musique).
Pour quantifier ce changement prétendument "sans précédent", il compare la dérivée de la température et non la température elle-même (puisque de toute façon, les réchauffistes n'ont jamais été fichus de répondre pourquoi la température actuelle serait l'idéal à ne pas changer).
Donc ton contre-argument qui consiste à t'émerveiller qu'une courbe et sa dérivée ne se ressemblent pas (quel scoop !) est hors sujet.
Si tu veux contredire l'auteur, explique nous en quoi le changement de température moderne, et non le niveau de température, au travers du proxy CET, serait "sans précédent".
répétons une partie de son laïus:
"Now, where in that record is there anything which is even slightly abnormal? Where is the anomaly that the entire huge edifice of the AGW hypothesis is designed to elucidate? The longest sustained rise is from about 1680 to 1740."
On ne peut voir qu'il y a quelque chose d'anormal dans ce "record" si on le présente comme il le fait.
C'est évident.
Quant à "l'argument phare" il concerne le niveau du réchauffement atteint récemment, et pas forcément sa vitesse, qui cependant n'est pas négligeable quoique plus basse que celle du réchauffement de la période citée.
Ceci dit il est assez connu que le PAG a eu une influence assez forte sur l'Europe, entre autres, c'est pas un scoop.
Et donc cela explique l'augmentation entre 1670 et 1740.
Cela limite, d'autre part, évidemment, la précision d'une reconstruction globale avec un seul "proxy".
Cela donne une idée, c'est tout.
J'ai lu les commentaires sur la série longue de HadCET avec beaucoup d'intérêt.
Je suis géologue de formation. Le court terme, le long terme... c'est pour moi très relatif.Pour un géologue cette chronique c'est du très court terme.
Je ne suis pas un spécialiste du climat, mais je suis assez étonné de ne pas trouver de traitements plus poussés de ces chroniques avec des méthodes issues du traitement du signal (analyse corrélatoire et spectrale ou crigeage ou autre...). Des cycles pourraient apparaître voire des tendances à long terme...
Il me semble aussi que la moyenne mobile est une méthode de lissage qui suivant le pas et le type de moyenne choisie (équipondérée ou pas, centrée ou pas,...) va donner des images différentes des chroniques... Encore une fois je ne suis pas un spécialiste mais j'ai eu à traiter des chroniques assez longues et il me semblait qu'il existait des méthodes statistiques ou mathématiques qui pouvaient permettre de mieux décrire ces chroniques. Peut-être connaissez-vous des travaux dans ce sens sur cette longue chronique.
Il est clair que les dernières décennies montrent une évolution positive des températures moyennes. La question est de savoir si ce phénomène est naturel ou anthropique ou un peu des deux. La teneur en CO2 de l'atmosphère (méthane également) a été très fluctuante durant les temps géologiques. La teneur de ces gaz a été aussi forte voire légèrement supérieure au moment du maximum des différents inter-glacières depuis le début du quaternaire et l'homme n'avait encore que peu d'influence sur son environnement. C'est pourquoi je me pose pas mal de questions... comme d'ailleurs je crois pas mal de géologues.
Amicalement
Je ne me suis pas encore intéressé aux divers procédés de traitement du signal, comme la Transformée de Fourier par exemple.
C'est certainement dommage mais mes recherches (d'amateur je le précise) se concentrent d'avantage sur la compréhension de l'effet de serre au travers de la physique du transfert radiatif et d'un minimum de sciences de l'atmosphère en général.
Lorsqu'il m'arrive de parler climatologie (au sens de l'étude des données climatiques), je ne peux donc qu'employer des analyses très simples qui vont de la simple moyenne à la détermination des régressions linéaires, des écart-types, etc.
Pour la moyenne envisagée il s'agit de la moyenne 20 ans centrée sur l'année en abcisse.
Dans l'article je n'ai pas corrélé l'évolution récente de la température HadCET à l'augmentation de la teneur en GES, ni d'ailleurs tenté de l'expliquer par une analyse du signal qui m'aurait permis de mettre en évidence une oscillation.
J'ai simplement tenté une corrélation avec la température globale et j'ai effleuré la corrélation avec le signal solaire.
Je suis un peu surpris par ce que vous dites au sujet des teneurs en CO2 pendant les interglaciaires.
A ma connaissance la plus forte teneur en CO2 qu'on ait trouvée dans les carottes à ces époques, était de l'ordre de 300 ppm.
La teneur du CO2 n'a jamais été aussi forte qu'actuellement depuis au moins 800000 ans.
Si on remonte à plusieurs millions d'années elle l'a bien été, mais il semble que les variations étaient plus lentes que l'actuelle.
PS:
ci dessous la variation du CO2 depuis 800Ka
et la valeur atteinte par le CO2 aujourd'hui soit 388ppm
Faudrait voir à ne pas pousser mémé dans les orties Météor. A ma connaissance, mes collègues ne travaillent sur aucun projet de colonisation sur Mars. En revanche, plusieurs centaines d'entre eux passent une bonne partie de leur temps à collecter, contrôler et corriger les millions de données fournies par nos stations automatiques (en gros une douzaine par département) et nos postes climatologiques (une trentaine par département). C'est ce travail souvent fastidieux qui permet de fournir aux chercheurs les séries de données sur la France dont ils ont besoin pour étayer leurs travaux.
Est-ce la faute d'Emmanuel Bocrie, notre représentant pour la communication, si à chacune de ses invitations à "C dans l'Air", il se retrouve en face d'une tanche comme Laurent Cabrol, auto-proclamé spécialiste du climat pour avoir présenté la météo pendant 30 ans ?
De même, Jean Jouzel ou Hervé Le Treut apprécieraient très certainement d'avoir des débats contradictoires avec d'autres climatologistes plutôt "sceptiques" que de se farcir les inévitables charlatans du style Courtillot ou Galam.
Le jour où les animateurs et les journalistes français choisiront leurs invités en fonction de leurs compétences et non plus de leur "réputation" médiatique, les débats gagneront grandement en clarté et intérêt. Mais je crains que ce ne soit pas pour demain.
Qu'on le veuille ou non le débat climatique est maintenant dans la sphère publique.
Dans cet article je parle spécifiquement de la remise en cause des données des stations par les sceptiques, ces derniers arguant que l'effet urbain est mal pris en compte et que l'homogénéisation des stations est mal réalisée.
Tout ceci évidemment entraînant un biais chaud et un réchauffement fictif ou exagéré.
Plus spécifiquement, c'était la plus longue série de données au monde, HadCET, qui était remise en cause par les sceptiques.
Mais son comportement pour la période récente ne diffère que peu du comportement des autres stations européennes (de l'ouest) et donc, si on attaque HadCET, on attaque aussi, entre autres, les données des stations françaises.
Je n'ai pas entendu de réaction de MF sur ce sujet précis alors que la polémique enfle.
Et donc, vu de l'extérieur, l'impression est forte que MF semble se préoccuper autant de ce problème que de celui de l'évolution des calottes martiennes.
Si je me trompe merci de m'indiquer une communication de MF à ce sujet.
Quant aux débats dans "C dans l'air", c'est clair que la présence de Cabrol casse tout, mais il y aurait peut-être une autre stratégie à adopter vis à vis de l'animateur de l'émission en question.
Eh oui! quand ces oscillations ne se montrent pas on a tendance à les oublier. C'est un peu comme les gens qui se font prendre par la marée montante.
Qu'il y ait eu des hivers plus doux pendant quelques décennies dans cette partie du monde ne fournit pas beaucoup d'information sur les phénomènes globaux.
Maintenant vous pouvez essayer de définir la norme que vous voulez pour cette partie du monde et essayer de comparer une courbe à cette norme pour voir qu'effectivement l'oscillation arctique influence le climat local. Mais cela s'arrête là. Tu peux toujours écrire "si, il y a problème, on n'est pas dans la norme" et tu retombes sur le problème de ta norme.
Tamino d'ailleurs décide de prendre des moyennes à 30 ans, des cycles restant visible sur les moyennes à 10 ans.
Tout cela est bien artificiel et chacun utilise la norme qui l'arrange pour faire passer le message qu'il croit visualiser sur ces courbes. Au fait quelle est la norme sur les dérivées en climatologie?
Dans aucun des deux articles consacrés à cette série de température je n'ai fait passer de message autre que:
-la moyenne glissante sur 10 ans des deux dernières décennies est la plus élevée de la période envisagée (oublions la notion de norme).C'est un fait, je n'y peux rien.
-la présentation de Watts ne montre pas cette particularité et donc à mon sens masque un point, toujours à mon sens, essentiel.
Je n'ai pas donné dans ces deux articles de raison à l'augmentation récente.
La seule chose que j'ai tentée c'est de regarder la corrélation entre HadCET et température globale.
Cette corrélation n'étant pas mauvaise, j'ai extrapolé à la totalité de la période.
J'ai, de plus, indiqué une reconstruction de la TSI en parallèle avec la température reconstruite.
Ce sont les seuls "messages" que j'ai fait passés.
http://tamino.wordpress.com/2010/02/15/summer-and-smoke/
http://tamino.wordpress.com/2008/04/28/central-england-temperature/
Tamino, à son habitude, décortique certaines présentations des données par les sceptiques.
Perso, ce qui m'avait surtout frappé c'est la présentation en tendance linéaire sur 25 ans.
Apparemment Tamino ne l'a pas remarqué.
merci pour les liens.
Je passe surtout pour demander si quelqu'un ici c'est déjà intéressé à la série de Sankt-Peterbourg ? Parce qu'elle doit bien être la deuxième la plus longue, elle date de 1740. C'est juste dommage qu'elle est un trou de 1746 à 1751 et de 1801 à 1804.
Il n'y a rien à voir, rien d'utile. Elles n'apportent rien par rapport aux autres éléments en notre possession.
Je déteste le terme de norme pour ce qui est du climat. On retrouve les mêmes discours pour l'activité solaire, ou l'on cite parfois une activité "normale". Il n'y a pas d'activité normale.
Dans cet univers tout est en mouvement. C'est bien souvent notre volonté de "normer" qui nous fait commettre des erreurs d'interprétation.
Ce que tu appelles le long terme est aussi du court terme.
Je ne te suis pas, pas plus que je ne suis A. Watts. Ces courbes n'amènent rien de nouveau et même si il y avait du nouveau il ne serait pas généralisable.
Lorsque l'on montre une évolution de température, la norme, en climatologie, c'est la moyenne des températures de la période en question.
Par extension, lorsque l'on dit que la température de la période actuelle est supérieure à la norme, on peut aussi préciser qu'elle est supérieure à la température de toute autre période de la période montrée.
Je ne répéterai plus quel était le but de cet article.
Cela me semble suffisamment clair...
* on ne découvre pas de dérivé extrême pour la période récente. On le savait déjà.
* la période actuelle est plus chaude que les trois siècles précédents. D'où viendrait le terme mini age glaciaire?
On ne trouve pas dans ces courbes de quoi fouetter un chat, ni un "sceptique", ni un "réchauffiste".
Et même si un camp trouvait quelque "preuve" de sa foi, sur ces courbes locales de températures terrestres de surface cela ne prouverait rien. L'autre camp s'empresserait de clamer haut et fort que ces données parcellaires sont non pertinentes.
Ces séries de données, si précieuses, sont importantes pour l'analyse locale mais sont peu significatives globalement. La profondeur temporelle est le seul point important. Mais malheureusement comme la controverse sur les températures du passé porte souvent sur l'optimum climatique médiévale" elles manquent encore de la profondeur voulue pour confirmer l'ampleur locale de cet optimum.
Il était cependant sympa de les ramener à la surface, merci à Watts et Météor.
Sans faire aucune extrapolation spatiale ou temporelle, dans le cas de Watts on dit : "pas de problème, on est dans la norme".
Dans mon cas on dit:"si, il y a problème, on n'est pas dans la norme".
La "norme" étant dans ce cas les températures de la série temporelle d'HadCET.
Comme indiqué dans la simulation, la dérivée permet de visualiser la variation court terme, mais écrase le long terme.
C'est un filtre passe haut comme dit AMEENV.
Maintenant, chacun reste libre de juger l'une ou l'autre des présentations plus représentative.
La question étant:
que vaut-il mieux? des variations court terme importantes qui reviennent à zéro ou une variation long terme qui ne revient pas à la norme?
Bon quand on regarde bien les données annuelles sans filtre on remarque deux choses :
-que la période 1690/1730 a connu un sacré réchauffement (d'ailleurs a-t-on des explications ? )
- que si on prend par exemple les années froides, le seuil des 8°C n'a plus été franchi depuis la fin du 19e, soit la date où la majorité des séries actuelles commencent. Quand aux années chaudes, le seuil des 10.5°C est allégrement franchi depuis 1989.
Comment a-t-on mesuré les données avant le 20e ?
en ce qui concerne les mesures de températures avant 1900 il faut se coltiner le lien que j'ai mis dans l'article précédent (Manley74)
ceci dit la moyenne décennale, de mon point de vue, détruit moins le signal d'origine, qu'une tendance linéaire glissante sur 25 ans.
c'est une façon de lisser le signal certes un peu moins sophistiquée que le filtre binomial sur 21 points utilisé par Hadley,
comme ici par exemple, mais la simulation parle de toute façon d'elle-même.