Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 17:24

 

 

 

Une récente publication, résumée et obtenue grâce au site de Libération , permet de comparer les précipitations extrêmes observées (Hadley) à celles simulées par les modèles.

 

Les évènements de précipitations extrêmes étudiés ont une durée de 1j (RX1D) et 5j (RX5D)

 

Les modèles sont répartis en 2 catégories:

 

ANT (pour des modèles qui utilisent uniquement les forçages ANThropiques)

ALL (pour des modèles qui utilisent TOUS les forçages y compris les forçages naturels).

 

Selon cette étude, les modèles sous-estiment les probabilités de précipitations extrêmes, et ceux qui n'utilisent que le forçage anthropique ont le rapport signal/bruit le plus proche des observations.

 

étude 1

 

Les précipitations extrêmes observées sont en augmentation de 1951 à 1999 de façon plus prononcée que les précipitations extrêmes simulées.

 

 

étude 2

 

 

 

Ces résultats sont cependant à considérer avec prudence du fait, notamment, de la grande incertitude sur la valeur du forçage anthropique (aérosols en particulier)

 

Il semble un peu étrange, d'autre part, que l'ajout des forçages naturels  n'apporte  pas d'amélioration.

 

 

 

Dans le cadre de cette étude, qui fait un point intéressant sur les observations, les performances des modèles et qui tente de détecter un signal anthropique, il semble bon de donner quelques pistes très simples sur ce qui lie réchauffement et précipitations.

 

 

Je me suis basé principalement sur cette publication récente de  Kevin Trenberth avec ses références.

 

 

 

Influence du réchauffement sur la teneur en vapeur d'eau de l'atmosphère

 

 

 

La teneur en VE suit, à saturation, la loi de Clausius-Clapeyron (CC) qui lie sa pression partielle à la température T.

 

on a :

 

eq1

 

 

 

L est la chaleur latente de vaporisation, supposée, ici, constante

R, la constante des gaz parfaits

T0 et p0 les température et pression de référence.

 

la forme différentielle étant:

 

eq2

 

dans les conditions atmosphériques moyennes on a:

 

eq3

 

 

La pression partielle de la VE augmente de 7% par °C ou K d'augmentation de température.

 

 

Dans l'atmosphère réelle on n'est pas à saturation du fait du mélange d'air sec et d'air humide.

 

On définit l'humidité relative de l'air par le rapport de la pression partielle réelle de la VE sur la pression de vapeur saturante.

 

on a:

 

eq4-copie-1

 

On fait l'hypothèse, à peu près bien vérifiée par les modèles et les observations, que RH est constant pour une variation de température faible.

 

La pression en vapeur d'eau réelle varie donc de 7% par °C ou K.

 

Autrement dit, l'air contient 7% de plus de vapeur d'eau s'il se réchauffe de 1°C ou K.

 

Cette augmentation, pour un réchauffement de 3K, est donc de 21% ce qui est considérable.

 

 

 

précipitations

 

 

Lorsque l'air humide se refroidit, la vapeur d'eau qu'il contient commence à se condenser quand la température atteint la température de saturation correspondant à sa pression partielle.

 

L'air se refroidit lorsqu'il perd de la chaleur et/ou lorsqu'il s'élève dans l'atmosphère de façon adiabatique, en effectuant un travail contre les forces de pression.

 

Le refroidissement adiabatique est majoritairement responsable de la baisse de  température.

 

Il s'effectue par des mouvements de convection ou par soulèvement de masses d'air humide dans les fronts froids et chauds, par exemple.

 

Il y a alors formation de nuages qui sont des ensembles de micro gouttelettes (ou cristaux de glace) en suspension.

 

Ces micro gouttelettes grossissent s'il y a alimentation  en vapeur d'eau et par coalescence.

 

Lorsqu'elles sont trop grosses pour rester en suspension, il y a précipitation.

 

Lors de la condensation, la vapeur d'eau cède de la chaleur à l'air dont la température baisse alors beaucoup moins qu'en adiabatique sec.

 

Ce phénomène entretient et renforce la convection humide jusqu'à ce que la chaleur dégagée soit insuffisante pour compenser les pertes.

 

 

 

origine  de la vapeur d'eau qui se condense en précipitations

 

 

Une colonne d'atmosphère de 1 m2 contient, du sol à la tropopause, une hauteur type d'eau précipitable de 25 mm.

 

Autrement dit si toute l'eau présente sous forme de vapeur et de nuages précipite on obtient une hauteur d'eau, au sol, de 25 mm.

 

Malgré les précipitations, il reste toujours de l'eau présente dans la colonne et la hauteur d'eau réellement précipitable n'atteint que 30% de cette valeur maximum, soit 7.5 mm.

 

L'intensité des précipitations atteint souvent cette valeur en 1 heure seulement et le taux de précipitation type est de 45 mm/j.(lorsqu'il pleut)

 

Autrement dit, il peut pleuvoir, typiquement, 6 fois la quantité d'eau précipitable, en une seule journée.

 

 

En moyenne, le taux de précipitation est de 2.8 mm/j.( hauteur de précipitation annuelle divisée par 365j)

 

A l'équilibre il n'y a pas de variation du stock d'eau atmosphérique et l'évaporation est égale aux précipitations.

 

Le taux d'évaporation moyen est donc de 2.8 mm/j.

 

L'évaporation est continue et dépendante de l'humidité disponible dans les sols (ce qui n'est pas une limitation pour les océans)

 

 La fréquence moyenne des pluies étant de 7% du temps total l'humidité nécessaire pour alimenter les pluies modérées ou fortes sur une région donnée, ne peut venir directement uniquement de l'évaporation locale mais aussi et surtout de la convergence de l'humidité provenant d'autres régions.

 

On considère qu'il y a un facteur 16 entre les surfaces des régions qui fournissent l'humidité et la surface où cette humidité est utilisée pour les pluies modérées ou fortes.

 

Si une zone de précipitations fait 4 km de diamètre, cas d'un petit orage, la région drainée est de 16km.

Si une zone de précipitations  de la zone barocline (rail des perturbations entre 40 et 60°N par exemple) a un diamètre de 800km, la zone drainée fait 3200km.

 

Ce sont des ordres de grandeur.

 

 

 

détermination de la variation des précipitations avec la température


 

Nous avons vu que le taux d'évaporation et de condensation était, actuellement, de 2.8 mm/j.

 

Ceci correspond à un flux de 76 W/m2.

 

Dans le même temps la surface émet 390 W/m2.

 

Si on suppose les caractéristiques de la circulation atmosphérique peu modifiées par une élévation de température globale faible on suppose que le taux de convection humide par rapport au flux est constant.

 

3K d'augmentation entraînent un flux de 407 W/m2 rayonné par la surface et donc un flux convectif de 76/390*407 = 79.3W/m2

 

soit encore près de 1.5% par K (ou °C)

 

Le chiffre retrouvé par les modèles est de l'ordre de 2%/K soit assez proche du chiffre estimé grossièrement  plus haut.

 

 

 

humidité et précipitation en fonction du réchauffement

 

 

Il est intéressant de rapprocher l'augmentation de teneur en vapeur d'eau de l'atmosphère et le taux d'évaporation et donc de précipitation.

 

On a  7%/K de variation de teneur alors que les précipitations n'augmentent que de 2%/K.

 

Alors, quid du changement de régime de ces précipitations?

 

Nous avons vu plus haut que les précipitations utilisaient l'humidité des zones avoisinantes.

 

Si  cette humidité augmente, la force des précipitations augmente puisque d'avantage d'humidité (du fait des 7%/K) alimente la zone.

 

Le schéma ci-dessous permet de se représenter très simplement, ce processus.

 

zones de précipitation - drainage

 

 

Lorsque les précipitations s'arrêtent, le faible taux d'évaporation supplémentaire entraîne une recharge plus lente de l'atmosphère en humidité.

 

Les précipitations sont donc plus fortes mais moins fréquentes.

 

Si on considère la circulation atmosphérique peu modifiée, les zones où il pleut déjà beaucoup seront des zones où il pleuvra  encore d'avantage, alors que celles affectées par la sécheresse seront encore plus sèches.

 

 

"Les riches seront plus riches et les pauvres plus pauvres"

 

 

 

Suivant cette approche simple il semble logique de considérer que les évènements extrêmes liés à l'humidité sont, effectivement, plus sévères en cas de réchauffement.

Par meteor - Publié dans : mécanismes climatiques - Voir les 10 commentaires
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Commentaires

Sirius : oui très clair, merci ! C'est ta dernière précision qui répond le mieux à mes interrogations (sur les variations du contenu d'eau liquide pour un nuage).
Commentaire n°1 posté par skept le 03/03/2011 à 19h21
« Une fois que l’on a plus de vapeur d’eau dans la colonne d’air (loi de CC), comment prévoit-on avec précision un régime où il y a (par exemple) un peu plus de précipitations modérées tout au long de l’année et un régime où il y a autant de précipitations modérées mais plus d’épisodes intenses (dans l’un et l’autre cas, la quantité totale de VE condensée et précipitée est identique, mais le régime des précipitations n’est pas le même) ? La distinction entre ces deux régimes tient-elle seulement du facteur nuages (plus ou moins de formes « nimbus » attendus) ? »

Un modèle ne « prévoit » pas un régime ou un autre mais il peut se faire que ses résultats correspondent à un régime ou un autre. Il pronostique (calcule) un contenu en eau liquide et une taille de gouttes ou une distribution de tailles (suivant les modèles, c’est plus ou moins complexe mais la microphysique est explicite dans plusieurs modèles). La vitesse verticale est connue et donc les précipitations s’en déduisent tout naturellement. Au fond, si on examine les résultats d’un modèle on identifie le type de nuages comme on le ferait dans la réalité, on constate que les nuages en question sont hauts ou pas, développés ou pas etc… Cas particulier, les nuages de la couche limite (stratocumulus généralement non précipitants sauf sous forme de bruine) pour lesquels il peut exister une routine spécifique. Ces nuages ne sont pas très bien modélisés et sont une source importante d’erreur et de désaccord entre les modèles mais je comptais précisément faire le point là-dessus un de ces jours sur FS.

Et non, pour avoir davantage de précipitations il n’est pas absolument nécessaire d’avoir plus de nuages de type nimbus, ils pourraient simplement contenir davantage d’eau liquide ou être plus développés verticalement (mais peut être est ce inclus dans ton « plus de nuages »)

Suis-je clair ?
Commentaire n°2 posté par sirius le 03/03/2011 à 19h08
J’essaie de préciser : les précipitations viennent des nuages, et les épisodes intenses de précipitation viennent de certains types de nuages, au moins sous nos latitudes mais je suppose que c’est général. Par exemple, des nuages fractionnés par le vent ne vont généralement pas donner de grosses pluies, pas plus que des nuages d’altitude cirriformes. Ce sont les formes « nimbus » qui produisent le plus de précipitations, notamment intenses (nimbostratus et surtout cumulonimbus). Donc je me demande : pour subir plus de précipitations intenses, faut-il nécessairement avoir à l’avenir une plus grande quantité de ces nuages-là au long de l’année ? Une fois que l’on a plus de vapeur d’eau dans la colonne d’air (loi de CC), comment prévoit-on avec précision un régime où il y a (par exemple) un peu plus de précipitations modérées tout au long de l’année et un régime où il y a autant de précipitations modérées mais plus d’épisodes intenses (dans l’un et l’autre cas, la quantité totale de VE condensée et précipitée est identique, mais le régime des précipitations n’est pas le même) ? La distinction entre ces deux régimes tient-elle seulement du facteur nuages (plus ou moins de formes « nimbus » attendus) ?
Commentaire n°3 posté par skept le 03/03/2011 à 13h46
Tu peux préciser ta pensée STP?
Commentaire n°4 posté par sirius le 02/03/2011 à 23h08
Sirius : merci des précisions. Pour le dernier point, je ne pensais pas que les valeurs de nuage (ou flux de VE) étaient ajustées de quelque manière que ce soit. Je me demandais la dépendance aux nuages dans l'estimation des précipitations, notamment intenses, c'est-à-dire si l'évolution d'intensité pluvieuse est conditionnée par un certain type d'évolutions nuageuses "moyennes". On pourrait par exemple s'attendre à ce que les modèles calculant en situation forcée un peu plus de nuages hauts (cirrus, altocumulus) que bas (cumulus, cumulonimbus) donnent aussi un peu moins de précipitations intenses. (Enfin peut-être, je ne sais justement pas si une telle interrogation a un sens ou si la variation simulée des couches nuageuses est peanuts en terme d'influence sur les précipitations globales, notamment des épisodes intenses).
Commentaire n°5 posté par skept le 02/03/2011 à 20h10
qq éléments de réponse:


-. En situation de RCA, est-ce que l’on peut s’attendre à une augmentation plus forte des précipitations (en fréquence ou en intensité) sur les océans que sur les terres ?

Ton raisonnement est logique, l’augmentation devrait être plus importante sur les océans. Ceci dit, le schéma simple des précipitations s’applique bien à la convection, nettement moins bien au cas des perturbations des latitudes moyennes


... Et comme une partie de l’eau précipitée dans la troposphère s’y évapore avant de toucher le sol, cela refroidit aussi la couche concernée lors d’un épisode de pluie. Faut-il considérer cela comme une rétroaction négative (au sens que l’on donne à ce terme pour la sensibilité dans le cadre du GIEC, c’est-à-dire un phénomène qui va tendre à baisser la T de surface) ? Peut-être que c’est intégré dans ce que l’AR4 nomme le gradient thermique (lapse rate), mais le calcul paraît particulièrement complexe.

Compte tenu de la manière dont les modèles fonctionnent. Ce processus est automatiquement simulé …ce qui ne veut évidemment pas dire qu’il l’est avec l’amplitude réelle mais il l’est forcément : dans chaque maille du modèle (en 3D), il y a une info température, vapeur d’eau, eau liquide et solide et il y a évaporation ou condensation

- Le troisième point concerne les nuages, d’où viennent basiquement les pluies. Dans ce domaine, raisonne-t-on à « nébulosité proportionnée »,

Non, les modèles génèrent les nuages d’après le contenu en eau liquide de la maille. Celui-ci provient de la condensation/évaporation sur place et du transport. En qq sorte, on ne crée pas de NUAGES, on transporte et on forme de l’eau condensée. Il n’est donc pas question de raisonner à NUAGES CONSTANTS OU PROPORTIONNES..
Commentaire n°6 posté par sirius le 02/03/2011 à 19h53
Euh... pour ceux qui sont intéressés climat, on a là une discussion plus précise, assez indépendante des polémiques habituelles, donc vous êtes les bienvenus si vous avez des réponses ou des éléments de réponse à mes questions (un peu confuses sans doute, mais j'espère malgré tout assez claires, sinon je peux préciser mes interrogations).
Commentaire n°7 posté par skept le 02/03/2011 à 17h39
Le débat est complexe parce qu’il y a la base physique (que tu exposes bien ci-dessus et que je pense avoir à peu près comprise) et son application « dynamique » si je puis dire, c’est-à-dire les changements des grands patterns de circulation océan-atmopshère, qui vont déterminer les conditions synoptiques futures sur les terres ou les océans.

J’ai plusieurs questions après ma lecture de Trenberth et ma relecture de ton texte.

- Le premier point concerne la répartition des précipitations. Ton schéma sur le drainage dans les zones de précipitation indique comment s’alimentent les pluies. En situation de RCA, est-ce que l’on peut s’attendre à une augmentation plus forte des précipitations (en fréquence ou en intensité) sur les océans que sur les terres ? Dans la mesure où par définition, la vapeur d’eau précipitable sera plus abondante sur les premiers que sur les seconds, donc l’effet de drainage devrait y jouer. A moins que d’autres facteurs (nucléation, saturation, etc.) n’interviennent dans ce genre de calcul.

- Le deuxième point concerne l’effet rétroactif des précipitations. Trenberth observe par exemple que sur les terres, la chaleur utilisée pour évaporer humidifie l’air au lieu de le réchauffer. Et comme une partie de l’eau précipitée dans la troposphère s’y évapore avant de toucher le sol, cela refroidit aussi la couche concernée lors d’un épisode de pluie. Faut-il considérer cela comme une rétroaction négative (au sens que l’on donne à ce terme pour la sensibilité dans le cadre du GIEC, c’est-à-dire un phénomène qui va tendre à baisser la T de surface) ? Peut-être que c’est intégré dans ce que l’AR4 nomme le gradient thermique (lapse rate), mais le calcul paraît particulièrement complexe.

- Le troisième point concerne les nuages, d’où viennent basiquement les pluies. Là, j’ai été étonné que Trenberth n’en parle presque pas, sauf pour les différences entre conditions cycloniques et anticycloniques donnant plus ou moins d’évaporation. Dans ce domaine, raisonne-t-on à « nébulosité proportionnée », c’est-à-dire s’attend-on simplement à ce qu’en situation de réchauffement, les nuages des différentes couches sur les différentes zones (terre, océan) augmentent en proportion de la vapeur d’eau condensable présente dans l’atmopshère ? Ou alors y a-t-il d’autres limites à la nucléation, tenant par exemple à la densité des aérosols formant les noyaux de condensation ? Si je prend un exemple concret, on peut imaginer plus de grosses cellules orageuses en France en mai-septembre, donc plus de pluies intenses, ou alors plus souvent des petits nuages convectifs, et des pluies fréquentes sans être pour autant plus intenses. (Je ne sais pas si mon exemple a un sens "météo")


PS : accessoire mais Trenberth confirme ce que je disais concernant les limites de la détection-attribution des précipitations à partir des modèles, quand il écrit : « all models contain large errors in precipitation simulations, both in terms of mean fields and their annual cycle (such as the spurious migration of the ITCZ into the other hemisphere), as well as their characteristics: the intensity, frequency, and duration of precipitation, plus the amount (e.g. IPCC 2007, Bosilovich et al. 2008, Liepert & Previdi 2009) ». Au-delà du raisonnement de base que tu tiens (plus de chaleur > plus de VE > plus de précipitations y compris intense), cela paraît difficile de détecter et attribuer une tendance dans ces conditions. Les modèles sous-estiment d’ailleurs l’intensité du cycle hydrologique (donc ils trouvent moins de pluies intenses qu’on en observe), on aurait tort de penser qu’ils tendent à « aggraver » ce que l’on observe, mais la question reste celle de leur réalisme. Comme Trenberth l’observe avec l’exemple de Buffalo Creek, les précipitations varient aussi en fonction des conditions locales. Ainsi que des aérosols permettant la nucléation. Etc Donc pour des changements assez faibles, il paraît difficile de dire « telle est la cause de la variation observée » comme Min et al 2011 essaient de le faire. Mais ce n'est pas le plus intéressant de la discussion.
Commentaire n°8 posté par skept le 01/03/2011 à 13h47
Merci pour cet article. Concernant Min et el 2011, c’est une détection-attribution « classique » comme le dit Gavin Schmidt sur RC, avec toutes les limites de l’exercice. J’en ai parlé chez Huet, Min et al 2011 utilisent les modèles de l’AR4 (CMIP3) et sur les zones analysées (Amérique du Nord, Europe, Asie), ces modèles reconnaissent des difficultés importantes à simuler correctement les observations. Dès lors, difficile de penser que la D-A est très robuste.
Pour les précipitations, voir le chapitre 9 de l’AR4, sur chaque zone géographique on a une sous-partie dédiée à la comparaison observations-simulations.

Sur le reste, je vais relire posément demain ton texte (ainsi que Trenberth), j’apprécie les efforts d’explication. Je te demanderai des précisions qu’il y a un point que je ne comprends pas dans l’explication physique.

J’ai une observation empirique.

Moisselin et Dubuisson 2006 avaient fait un papier intéressant sur les extrêmes en France au XXe siècle, que l’on peut charger ici :
http://documents.irevues.inist.fr/handle/2042/20099

Dans l’Hexagone, il y a eu un réchauffement de l’ordre de 1°C sur 1901-2000, ce qui permet de se faire une idée dans les ordres de grandeur que tu décris dans ton article.

Sur les extrêmes de pluviosité, les deux chercheurs de MF notent :
« Les évolutions sont en majorité non significatives et les ordres de grandeur sont faibles. Ainsi, le quartile supérieur des tendances du nombre de jours de fortes précipitations vaut 0,8 jour/ décennie, le quartile inférieur des tendances du nombre maximal de jours secs consécutifs vaut –0,7 jour/décennie et le quartile supérieur des tendances du maximum de précipitations cumulées sur 5 jours vaut 2 mm/décennie. »

Il y a bel et bien une hausse des événements extrêmes (voir leur tableau), mais elle reste peu marquée donc.

Ils montrent ensuite une augmentation des sécheresses estivales, puis ils disent sur les précipitations :

« Leurs pendants « humides » montrent des évolutions nettement plus marquées sur l’année et traduisent un allongement des périodes pluvieuses : 43 % de hausses significatives du nom-bre maximal du jours de pluie consécutifs, 59 % de hausses significatives du pourcentage du nombre de jours de pluie consécutifs, 57 % de hausses significatives de la durée moyenne des périodes pluvieuses (figure 5). »


Est-ce que ce genre d’évolution (des périodes de pluies plus prolongées, mais pas d’évolution très marquée des épisodes brefs et intenses) ne peut pas être une issue des phénomènes que tu expliques ?
Commentaire n°9 posté par skept le 01/03/2011 à 00h35

Je ne suis pas assez "météo" pour répondre avec pertinence.

Le raisonnement qui consiste à mettre en parallèle l'augmentation de teneur en VE avec la plus faible augmentation des précipitations vaut d'avantage, à mon sens, sur le plan global.

Pour les explications locales c'est plus difficile.

La France par exemple est à la marge d'influences climatiques différentes.

Elle est à la fois dans le "storm track" et à la fois un peu taquinée par les influences subtropicales dans sa partie sud.

De plus, côté précipitations, elle subit l'influence des SST d'avantage que celle de ses propres sols.

C'est donc pas simple.

Sinon, le document de Moisselin, pour la France, semble confirmer ce que est dit dans le doc de Trenberth,  mais c'est pas très net.

Réponse de meteor le 01/03/2011 à 08h32
"Si on considère la circulation atmosphérique peu modifiée, "

c'est un point important : y a-t-il une raison de penser qu'une modification de quelques % des échanges par évaporation-précipitation n'entraine pas AUSSI une modification comparable des cellules de convection, en flux ou en localisation, la contribution énergétique des changements d'états n'étant nullement négligeable?

c'est possible mais çà ne m'apparait nullement une évidence.... et la grosse incertitude sur l'impact d'un CC sur la mousson africaine me semble aller dans le sens de cette incertitude.
Commentaire n°10 posté par Gilles le 28/02/2011 à 19h01

Le syndrôme "the rich get richer and the poor get poorer" est vrai à circulation atmopshérique constante.

Mais effectivement cette dernière change quelque peu ce qui entraîne des variations à la marge qui peuvent cependant être importantes pour les régions concernées.

Par exemple il y a réduction de la circulation de Hadley, rétrécissement de la zone de convergence intertropicale et extension des régions subtropicales.

Autre exemple, il y a déplacement vers le nord du "rail des tempêtes"

Pour la mousson africaine, l'affaiblissement de la circulation de Walker doit avoir son importance.

Donc les régions à la limite de zones climatiques peuvent basculer c'est possible, mais globalement le principe reste à peu près respecté.

Réponse de meteor le 28/02/2011 à 20h33

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