Partager l'article ! pas d'influence de l'effet urbain selon Berkeley Earth Land Surface: Le Berkeley Earth Surface ...
Le Berkeley Earth Surface Temperature (BEST) est un projet destiné à fournir une base de données de température de surface (terrestre) indépendante des bases de données NASA-GISS, NOAA, Hadley.
C'est un projet sponsorisé par le département de l'énergie américain et par l'industrie pétrolière américaine.
Il est présidé par un sceptique notoire: Richard Muller et comprend en son sein Judith Curry scientifique récemment convertie au scepticisme.
Ce projet était évidemment loué et encensé dans des sites sceptiques, comme le WUWT, puisqu'il allait nous délivrer de ces affreux tricheurs ou, au moins, incompétents, climatologistes, qui osaient prétendre que l'évolution des températures terrestres était telle qu'ils la mesuraient.
Un des grands trucs des sceptiques, parmi toutes les réfutations diverses qu'il est inutile de rappeler ici, est le fait que l'urbanisation croissante des terres influence les mesures de température de stations de plus en plus noyées par cette même urbanisation.
Evidemment les climatologistes professionnels n'ont pas attendu après les sceptiques pour connaître l' UHI (Urban Heat Island) et en tenir compte dans leurs mesures.
Ce n'était certes pas suffisant pour des gens dont la raison d'être est de réfuter l'influence des GES anthropiques.
Mais il semble que dans le BEST il y ait finalement quelques incorruptibles car, au grand dépit des sceptiques, les résultats sont tout à fait conformes aux données NASA-GISS/NOAA/Hadley.
Le BEST fournit 4 documents:
Dans Berkeley_Earth_Averaging_Process, l'équipe présente une nouvelle méthode de calcul qui intègre les données GHCN disparates en durée et en qualité pour fournir une nouvelle évolution de la température terrestre.
Voici ci-dessous BEST comparée aux autres bases:
On note que, pour la période récente, BEST est très proche de NOAA.
L'élévation de température de la décennie 2000-2009 par rapport à la décennie 1950-1959 est de 0.911 +-0.042°C.
Elévation conséquente donc, avec, qui plus est, une marge d'erreur faible.
On note également que la température de 1850 à 1900 est plus basse que celle mesurée par Hadley mais l'erreur est plus grande bien sûr.
Ceci met cependant en relief la singularité de la période actuelle, au niveau absolu des anomalies, pour les dernières 160 années, mais cela la relativise bien sûr si on considère les variations relatives.
Déclinée localement la température ressemble à ce qu'on connaît déjà.
Dans Berkeley_Earth_UHI, on analyse l'influence de l'effet urbain en introduisant la notion de stations très rurales (very rural stations) dont la définition est donnée dans le texte.
Le résultat surprenant obtenu par BEST est que la l'évolution de la température mesurée par les stations très rurales est supérieure à celle de toutes les stations.
De 1950 à 2010 l'évolution des stations très rurales est supérieure de 0.19 +-0.19°C/siècle à celle de toutes les stations.
Certes l'incertitude est grande mais le commentaire est sans équivoque:
"Time series of the Earth’s average land temperature are estimated using the
Berkeley Earth methodology applied to the full dataset and the rural subset; the difference of
these shows a slight negative slope over the period 1950 to 2010, with a slope of -0.19°C ±
0.19 / 100yr (95% confidence), opposite in sign to that expected if the urban heat island
effect was adding anomalous warming to the record. The small size, and its negative sign,
supports the key conclusion of prior groups that urban warming does not unduly bias
estimates of recent global temperature change."
Les deux autres documents portent l'un sur la qualité des stations , l'autre sur les variations décennales de température .
Dans ce dernier document on verra la corrélation importante trouvée entre les variations décennales de l'AMO et les températures terrestres sans que, bien entendu, on puisse diagnostiquer la cause de ces variations corrélées.
conclusion
Je n'avais personnellement aucun doute quant aux estimations "classiques" de température terrestre au cours des 150 dernières années.
Néanmoins, le fait que ces estimations soient confirmées par un organisme d'origine climato-sceptique pourra peut-être éviter permettre, à l'avenir, que cet argument usé jusqu'à la corde, disparaisse progressivement du monstrueux bestiaire sceptique.
Enfin, on peut rêver…
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