Samedi 27 mars 2010
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23:40
Un certain nombre de questions m'ont été posées au sujet des articles
"dépasse-t-on 2°C...?"
Une de celles-ci me demandait si finalement, on pouvait laisser faire puisque une augmentation globale de 2°C n'était pas si importante que cela.
Je tiens donc à faire la mise au point suivante:
1-ces 2°C (plutôt 2.2°C d'ailleurs dans le
2ème article) ont été établis sur la base de l'exploitation des
réserves prouvées de carbone fossile soit 1100 Gt environ.
Rien ne permet cependant de savoir si une partie importante des ressources estimées (ce que l'on suppose être encore dans le sous-sol en plus des réserves prouvées) ne risque pas de se transformer
en réserves exploitables (avec la technologie) et d'être consommée, in fine.
Ils ont été établis également en utilisant une sensibilité climatique moyenne de 3.2°C mais rien n'exclut pour le moment que la sensibilité ne soit pas plus importante.
Ils ont été établis, en outre, en ne tenant pas compte des rétroactions du cycle du carbone.
Or pas mal d'études indiquent que ces rétroactions pourraient être positives et entraîner plus de réchauffement..
2-il s'agit de la température moyenne globale qui se décline différemment en fonction des océans et des terres et suivant la latitude.
Par exemple sous nos latitudes (45N) cela correspond à 3°C et, au delà du cercle polair,e à 4 à 5°C (suivant les modèles)
3-si 3°C de plus par rapport au préindustriel, donc 2°C de plus par rapport à maintenant, en France par exemple, semblent supportables, il faut se souvenir que la température finale globale
d'équilibre pourrait être de l'ordre de 1.8°C.
Ce point est important car il obère de façon importante le long et le très long terme et donc l'avenir des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique.
La fonte complète de ces dernières pouvant augmenter la sensibilité long terme et surtout le niveau de la mer de 70m, mais plutôt à très long terme.
4-concernant la "bombe méthane", je m'appuie sur les travaux de scientifiques connus, et non sceptiques bien entendu, pour relativiser son importance, tout en reconnaissant toutefois que des
mauvaises surprises sont peut-être possibles.
5-concernant le fait de savoir s'il faut laisser faire ou pas, je pense que l'évolution climatique est bien trop lente à l'échelle d'une vie humaine et pis, à l'échelle de la durée de vie des
gouvernements, pour nous faire,
vraiment, adopter des comportements différents.
Le réchauffement de 2°C est donc dans les tuyaux, et les générations futures ne pourront combattre ses effets que par l'utilisation éventuelle du
geoengineering climatique.
Enfin c'est ma conviction du moment.
croyance des pollutions sur le climat ??? pourqoui n'y araut-il pas des capacités d'adaptation de notre environnement terrestre et céleste ???
je crois plutôt que nous avançons vers une ère climatologique différente qui ne s'explique pas forcément et que la terre a déjà connu par le passé il y a des millions d'années - c'est simplement des phénomènes naturels ... en tous les cas j'aimerais bien cette années connaître une dizaine de degrés de plus en ce mois de Juin !!!!
bah, si on plonge toute l'humanité sous 3 m de profondeur d'eau, cela m'étonnerait que l'on se transforme suffisamment vite en poisson (ou même en dauphin) pour éviter la noyade.
Les espèces ont des facultés d'adaptation à l'intérieur de certaines limites.
Au delà il faut attendre l'évolution (selon Darwin) et donc des millions d'années.
"gilles affirme que toute l'histoire humaine prouve sa capacité d'adaptation. Là dessus, pas de pb, la seule question est d'en connaître le prix à payer. Le développement de l'agriculture puis
l'industrialisation, tout cela s'est fait au cours d'une période (l'Holocène) caractérisée par un climat et des conditions de vie relativement stables (j'insiste sur le relativement). ces
conditions permettaient d'anticiper le futur, le plus souvent de façon implicite et non formulée évidemment.
"
Je n'ai pas de preuve nette que la variabilité LOCALE du climat (la seule qui soit vraiment ressentie par les civilisations qui étaient confinées dans des régions assez réduites) ait été très inférieure dans le passé à celle qui résulterait d'une hausse de 2°C globalement. C'est peut être vrai, mais je ne connais pas de source qui montre ça.
Ceci dit les civilisations ont indéniablement souffert de variations climatiques , c'est certain, et certaines ont disparues. L'humanité n'a pas disparu bien sur, ni meme les hommes localement, mais les repères culturels ont fini par changer tellement qu'elles n'étaient plus reconnaissables.
Cependant il faut remarquer que c'etait justement du au fait que l'agriculture était leur seule source d'énergie , et justement l'emploi des fossiles à fait disparaitre cette dépendance et nous a rendu beaucoup moins sensible aux variations de températures ! elle permet l'irrigation, les engrais, les cultures sous serre, dans le désert, etc...
Supprimer les fossiles avant la lettre n'est peut etre pas la meilleure idée dans ce cas. Le pic fossile (et pétrole pour commencer) n'est pas une "obsession" sans fondement, c'est juste le résultat du constat que c'est notre source d'énergie primaire principale et que EN REALITE, les civilisations ont toujours été principalement soumises à leur approvosionnement énergétique - le climat ne leur causant tort que quand il touchait à cette source (en particulier en causant des famines).
Après où diable as-tu bien vu que je recommandais de "ne rien faire " face à la dépletion fossile? t'es sûr de parler au bon Gilles ? ;-)
Au final que le CO2 soit important ou pas dans la régulation du climat n'a pas d'importance, cela leur permet une opération de communication pas chère et très peu risquée.
En effet même à 0.16°C/décennie, ou 0.016°C/an il faudra 1.2/0.016 = 75 ans.
Si on admet que l'âge moyen des lecteurs de ce blog est de 40 ans (pure hypothèse) rares seront ceux qui atteindront l'âge vénérable de 115 ans.
On a toujours tendance à omettre ce fait, ô combien important, cependant.
l'industrialisation, tout cela s'est fait au cours d'une période (l'Holocène) caractérisée par un climat et des conditions de vie relativement stables (j'insiste sur le relativement). ces
conditions permettaient d'anticiper le futur, le plus souvent de façon implicite et non formulée évidemment.
Ce n'est plus vraiment le cas et c'est sans doute le coeur du pb. je suis d'accord avec gilles sur le peu de confiance à accorder à la géoingénieurie, il va donc falloir s'adapter et il va falloir
le faire dans le brouillard puisque les projections sont essentiellement qu'on va sortir du domaine de relative stabilité. Certes, les hommes ont pu s'adapter aux glaciations mais d'abord on ne
nous dit pas combien d'êtres humains ont disparu prématurément à cause de ces changements et surtout, le très petit nombre d'individus et le nomadisme contrastent terriblement avec la situation
présente: 9 milliar(ds d'individus très bientôt et une oppposition farouche aux migrations.
Ce que nous ne cessons de dire, ce n'est pas que tout va forcément s'effondrer, c'est qu'il faut essayer d'anticiper et ne pas gâcher bêtement le peu de réserves énergétiques fossiles.
Il me semble que le discours de gilles consiste à dire "surtout ne touchons à rien et laissons faire". (Il consiste aussi à tordre tous les éléments qui ne conduiraient pas à soutenir sa position )
Indépendamment du pb du climat, ça me semble complètement incohérent avec son obsession concernant les réserves fossiles, le peak oil déjà atteint etc..
Car enfin, si les réserves d'énergie fossile sont si faibles, alors il est plus que temps de s'en servir pour essayer de résoudre au moins partiellemnt les pbs les plus critiques et quelles que
soient les opinions politiques, il me semble que les inégalités nord sud sont un facteur d'instabilité géopolitique majeur et qu'il faut s'en occuper d'une manière ou d'une autre dans l'intérêt de
tous .
quelques commentaires sur ces points.
De façon générale, tout ce qu'on raconte sur ces sujets ne sont que des "pourraient". On peut invoquer le principe de précaution, mais il y a quand même des limites. Pris à la lettre, moins les modèles sont bons, plus leurs prédictions sont variables et différentes les unes des autres, et plus la probabilité qu'il y en ait qui prédisent des catastrophes est grande. Donc moins on a d'information, plus ça devrait influencer les décisions?
sur les informations réelles qu'on a, je dirais
1. "rien ne permet de savoir si une partie importante des réserves pourrait devenir économiquement rentable" : sur l'exemple précis du pétrole qui est le combustible certainement le plus proche de son pic, tout indique que l'épuisement des ressources naturelles n'entraine en rien un accroissement rapide des ressources non conventionnelles. Ce qui se passe simplement, c'est que l'augmentation du prix impacte globalement l'économie et que la demande diminue, donc il n'y a pas plus de demande pour les non conventionnels. Rappelons encore une fois que les scénarios de croissance continue de consommation demandent non seulement qu'on remplace l'épuisement des ressources conventionnelles, mais qu'on continue encore à croitre bien au delà de leur production maximale alors qu'elles sont quasiment épuisées !!!
3. Si la fonte est de 70 m avec 1,8°C, alors pas la peine d'imaginer comment la ralentir : ça signifie que le temps d'inertie est tres long et que les 0,7 °C actuels qui vont forcément augmenter encore correspondent déjà à plus de 10 mètres dans le tuyaux, quoi qu'on fasse. Il n'y a donc aucune mesure "urgente" à prendre, juste à se mettre à réfléchir comment organiser en quelques siècles une retraite en ordre des cotes, mais rien ne presse. vu la façon dont le monde s'est transformé en quelques siècles et le nombre de gens qui se sont déplacés, le nombre de villes nouvelles qui se sont construites, etc... je ne vois pas ce que ça a de vraiment extraordinaire. Le temps que la mer monte graduellement, tout ce que l'homme a construit actuellement vers les cotes sera de toutes façons probablement vieilli, obsolète, et à remplacer. Est ce qu'on se préoccupe aujourd'hui d'où était le littoral il y a 1000 ans ???
5. Meme chose. Geoingeneering climatique suppose que l'humanité serait incapable de s'adapter en quelques générations, alors que toute son histoire démontre exactement le contraire . De toutes façons la dépletion des fossiles sera un évènement bien plus important pour elle qu'une variation de 1 ou 2°C.
Je ne suis pas fondamentalement en désaccord avec ce que tu écris.
Il me semble que les actions humaines futures dépendront en partie de considérations "philosophiques" concernant la conservation, ou non, d'une Nature le plus possible "préservée" de l'influence anthropique.
Ceci veut dire que l'on ne fera sans doute pas grand-chose.
Sur un plan plus technique, les scénarios de consommation que j'ai envisagés, ne tenaient pas compte d'un "talon" de consommation de fossiles, car une société complètement décarbonisée est impossible.
Quelle peut être la valeur de ce talon, compatible avec une technologie et une économie suffisantes pour exploiter les ressources jusqu'aux ultimes?
Je n'en sais fichtrement rien.
Mais si on envisage un talon de 3 Gt/an, par exemple, y compris l'usage des sols, cela augmente l'intégrale et donc la température finale d'équilibre.
Si on se dit qu'on consommera encore 3000Gt cela devrait augmenter la température finale de plus de 3°C supplémentaires (j'ai pas fait le calcul) au 4ème millénaire.
C'est certes très loin.
C'est d'ailleurs le problème avec le réchauffement en général, il n'a que très peu d'influence sur le court terme.