Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 20:32

 

 

 

C'est le sujet à la mode en ce moment.

 

Bon, je voulais vous parler des stratus subtropicaux, point essentiel, paraît-il, de la rétroaction nuageuse, mais le sujet est tellement complexe que je m'accorde quelque temps avant de pondre un article à ce sujet.

 

Revenons à nos glaces et en particulier à cette nouvelle étude de Rignot qui me rend, comment dire sobrement, perplexe.

 

Elle indique, en effet, une accélération importante de la fonte des calottes groenlandaise et antarctique de 36Gt/an^2, à tel point qu'on est passé de +40 Gt/an en 1992 à -600Gt/an en 2010 en perte de glace annuelle.

Il semble que deux méthodes différentes arrivent à ce résultat donc il semble difficile, à priori, de le mettre en doute.

 

0311-fonte-rignot.jpg

 

Traduit en élévation du niveau de la mer çà donne -0.11 mm/an à +1.67mm/an avec une accélération de 0.10mm/an^2.

Si on regarde ce que ça donne en cumul on aboutit à 14.25mm de variation du niveau depuis 1992 du uniquement aux calottes glaciaires.

Appelons ce niveau, NCG.

 

L'évolution du NCG, lissé, est la suivante.

 

0311 SLGA

 

 

La fonte des glaciers de montagne et des icecaps (2ème contributeur du niveau des océans) était, selon Rignot et al, en 2006, de 402 Gt/an, avec une accélération 3 fois plus faible que celle des icesheets (Groenland + Antarctique) soit 12Gt/an^2.

 

0311 SL icecaps

 

 

Si on fait la somme de ces deux contributions on obtient en 1992, 0.5mm/an et en 2010, 2.9mm/an.

 

 

Le gros problème est que, pendant cette période, le niveau total mesuré par altimétrie monte de 3.27mm/an et il n'y a aucune accélération détectable.

 

CNES-LEGOS niveau global

 

 

Le 3ème contributeur de ce niveau total est le niveau stérique, autrement dit la chaleur des océans.

Cette chaleur dépend sur le moyen terme du bilan radiatif.

Il faudrait donc supposer que ce bilan était fortement positif en 1992 pour se réduire progressivement jusqu'en 2010.

 

0311 SL stérique

 

Ce point, comme vous pouvez vous en douter, n'améliore aucunement notre compréhension de cette fameuse chaleur manquante.

 

Le bilan radiatif peut diminuer (en valeur nette) si le forçage diminue ou si la sensibilité décroît fortement.

 

Sauf si je me trompe lourdement, le fait que les glaces continentales fondent à cette allure représente plutôt un gros pavé dans la mare du réchauffement.

 

 

A moins que les barres d'erreurs permettent de nous placer un réchauffement stérique là dedans mais même dans ce cas il faudrait expliquer pourquoi il a diminué très fortement depuis 1992.

Par meteor - Publié dans : cryosphère - Voir les 18 commentaires
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Commentaires

Il y a un truc que je ne comprends pas dans les calculs de dilatation dus à une hausse de la T. Pour de l'eau non salée, le maximum de densité est atteint à 4 degrés et la variation de densité est deux fois plus faible à 10 degrés qu'à 20, donc la variation de densité due à une hausse de T dans les grandes profondeurs devrait etre plus faible qu'à la surface, ou alors la salinité et la pression changent tout cela?
Commentaire n°1 posté par parisse le 27/03/2011 à 09h44
Robert : « il me semble qu'on a de grosses lacunes (au regard de tout ce que j'ai pu lire) en ce qui concerne l'inertie des océans »

A propos des océans, dans le même ScienceExpress que la surfusion à la base des glaciers continentaux antarctiques (voir plus bas), il y a un papier très intéressant de d’Asaro et al sur la dissipation de l’énergie.

http://www.sciencemag.org/content/early/2011/03/14/science.1201515.abstract


Ce que j’en ai compris.

En gros, les modèles actuels considèrent que les sources d’énergie pertinentes pour l’océan proviennent des vents, des processus radiatifs de réchauffement/refroidissement et des changements de phase de l’eau (évaporation/condensation). Un couplage atmosphère-océan sur les couches de contact où se conservent les quantités de chaleur et de mouvement. Les puits d’énergie (sa dissipation) sont en revanche moins bien connus et simulés, selon les auteurs, car les modèles restent trop imprécis sur la dynamique et l’énergétique des océans en couche supérieure.

La dynamique de l’océan supérieur tient en partie aux grands tourbillons geostrophiques (Coriolis + pression horizontale), d’une échelle de 100 km pour les principaux. Ces turbulences brassent l’énergie dans la couche supérieure assez stratifiée, en phase avec les courants. Ce sont des phénomènes à plus petite échelle qui seraient pertinents pour la dissipation, des « fronts » instables de 1-10 km où se rencontrent des courants et où s’opère la subduction. Les trois zones majeures de ces courants dans la circulation générale concernent le Gulf Stream, le courant circumpolaire antarctique et le Kuroshio. En examinant ce dernier sur une zone de front parmi les plus intenses (confluence du Kuriosho chaud et de l’Oyashio froid), les auteurs montrent que l’énergie se dissipe aussi à des points de rencontre des courants géostrophiques et de leurs gradient de densité, en nourrissant des turbulences. Les échanges d’énergie ne se résumeraient pas à des flux depuis ou vers l’atmosphère (schéma dominant des modèles océaniques selon les auteurs), mais aussi à ces cascades d’événements dissipatifs dans les zones turbulentes.

Bon, les auteurs sont bien plus précis que cela mais je n’ai pas encore tout compris aux grandeurs qu’ils analysent dans le détail sur le front du Kuriosho (vorticité potentielle, ondes à fréquence quasi-inertielle… assez compliqué). Si quelqu’un ayant accès à Science et ayant lu le papier peut faire une présentation synthétique de ces points-là, il est le bienvenu !

En lisant ce papier, je pensais aux hypothèses de Swanson 2009 (et Tsonis 2007) que RC avait commenté ici :
http://www.realclimate.org/index.php/archives/2009/07/warminginterrupted-much-ado-about-natural-variability/

En gros, je me disais : peut-être que des couplages / découplages des grandes oscillations de la circulation générale produisent des phases où beaucoup d’énergie se dissipe comme d’Asaro et al 2011 le décrivent (moins de hausse thermique), d’autres phases où au contraire ces phénomènes de front turbulents sont moins marqués et alors les océans accumulent plus de chaleur.
Commentaire n°2 posté par skept le 15/03/2011 à 13h18
Météor @

Je ne sais pas si c'est de la langue de bois perso je ne le pense pas, on ne sait pas bien quel est l'effet tampon des océans, il me semble qu'on a de grosses lacunes (au regard de tout ce que j'ai pu lire) en ce qui concerne l'inertie des océans. Je pense que nous n'avons pas tout les éléments en main pour juger de la situation. Perso je me contente des faits et leur ensemble ne va pas dans le bon sens.
Commentaire n°3 posté par Robert le 15/03/2011 à 11h37
Robert : ce lien pose à mon avis le problème plus qu’il n’apporte la solution. Il est dit : « depuis 2003, la dilatation thermique semble ne plus augmenter, alors que le niveau moyen continue, lui, de s'élever même si c'est à un rythme moins rapide »

Si la dilatation thermique est stable (sur 2003-2008, on ne connaît pas 2009-2010), cela signifie que l’océan ne se réchauffe pas.

J’avais lu un papier de Knox et Douglass 2010 (Int J Geosc) suggérant que les données de Lyman 2010 sur la période 1993-2008 ne faisaient pas état d’un changement de tendance vers 2001-2002, aboutissant (selon eux) à une courbe assez plate pour les SST et le contenu de chaleur des océans sur la fin de la période, 2003-2008. Là où Lyman 2010 concluait à un réchauffement de 0,62 W/m2 [±0,28 W/m2] sur l’ensemble de la période 1993-2008, Knox et Douglass 2010 trouve une tendance (peu significative) de -0,16 W/m2 [±0,2W/m2] sur 2003-2008.

Ce déclin (ou stagnation dans la marge d’erreur) suggéré par Knox et Douglass semble confirmé sur la couche de surface par le CRU HadSSTgl, et sur les premières couches par les données XBT NOAA-NODC (qui sont cependant réputées moins bonnes en qualité).

Le lien que vous donnez, constatant une stagnation de la hausse stérique (expansion thermique) du niveau des océans donne raison à Knox et Douglass, et il est compatible avec Rignot et Velicogna 2011. Tout irait bien sauf que… le forçage GES ne s’est pas arrêté subitement vers 2001-2002, il est même plus puissant dans la décennie 2000 que dans la décennie 1990, et on devrait donc trouver une traduction thermique de ce déséquilibre.

En gros, depuis Hansen 2005, on considère que la variation de contenu de chaleur de l’océan exprimée en W/m2 plutôt qu’en J et notée F(ohc) est à 90% une approximation correcte du forçage au sommet de l’atmosphère F(toa) (c’est-à-dire que l’atmosphère ayant un temps de relaxation court à une perturbation, le déséquilibre radiatif se traduit essentiellement par une hausse des T océaniques sur les premières couches, cette inertie océanique faisant une sorte de réserve de chaleur entre sensibilité transitoire et sensibilité à l’équilibre, constituant le réchauffement à venir, ‘dans le pipe-line’ comme dit Hansen).

Si depuis 7-8 ans la chaleur en surcroît n’est pas dans l’atmosphère ni dans l’océan, où est-elle ? Il faut supposer qu’il existe un mécanisme de variabilité naturelle (soleil, oscillations) ou artificiele (aérosols) compensant provisoirement le F(toa) et sa traduction en F(ohc).

Ou alors une erreur dans la mesure elle-même, le calibrage de Argo et/ou GRACE.

Ou enfin une faible sensibilité, avec des rétroactions transitoires négatives au RCA (pas spécialement prévues par le best estimate les modèles, mais néanmoins possibles dans l’ensemble de leurs simulations).
Commentaire n°4 posté par skept le 15/03/2011 à 09h54

Oui c'est bien mon leitmotiv sur ce blog.

A savoir l'absence de raison valable expliquant la stagnation relative de la montée stérique du niveau de la mer.

Dans un de mes derniers articles je supposais que la hausse massique était surestimée (suite à une sous estimation du rebond isostasique)

Mais de cette sous estimation on ne parle déjà plus.

 

Cette langue de bois de la part des scientifiques, ou prétendus tels, commence sérieusement à m'agacer, moi qui ne suis pas un sceptique invétéré, et me fait furieusement penser à la langue de bois que l'on constate actuellement en ce qui concerne l'accident nucléaire, très grave, au Japon.

Moi qui ne suis ni anti-nucléaire, ni climato-sceptique, je pense qu'il y a des coups de pied sur certains popotins qui se perdent.

Pour être gentil!

Réponse de meteor le 15/03/2011 à 10h57
voir ici une partie de la réponse (enfin je crois).

http://www.aviso.oceanobs.com/fr/actualites/indicateurs-des-oceans/niveau-moyen-des-mers/questions-scientifiques/index.html
Commentaire n°5 posté par Robert le 14/03/2011 à 17h29
Chria : c'est en effet HS (vous rigolez sans doute, absolument rien ne passe chez Huet... sauf quand j'utilise le réseau Tor d'anonymisation d'IP, alors que tout passait sans aucun problème avant le clash puytre-aha. Même chose pour fritz, pour Gilles récemment. Votre déni est en effet très irritant...). Ici au moins on peut discuter normalement. Fin du HS.

Tomar : ah si vous vous y retrouvez, tant mieux :-) Cela semble confirmer le calcul de Meteor par la quantité de travail dans ce cas.

Le problème de la hausse stérique existe de toute façon avec les mesures de Lyman 2010 sur 0-700m, on observe une nette haute du contenu de chaleur entre 1995 et 2005 (par rapport aux années antérieures), donc non seulement la part thermique de la hausse n'aurait pas dû baisser, mais elle aurait dû augmenter (en même temps que la part d'apport d'eau douce par la fonte)! Voir le graphe de Lyman reproduit sur RC :
http://www.realclimate.org/index.php/archives/2010/05/ocean-heat-content-increases-update/
Commentaire n°6 posté par skept le 13/03/2011 à 16h48
@gilles : C'est juste qu'il y a souvent des problèmes pour poster parfois sur son site et vos grands cris d'effroi on eu un effet irritant sur moi, ce n'est que son blog après tout, et vous n'alliez pas nous faire des révélations top-secrète. A force de multiposter encore et encore ce qui devait arriver arriva, faut pas se plaindre, à moins que tout cela ne soit voulu (et là c'est moi qui fait mon parano). Dans tous les cas SH a déjà viré pas mal de sceptiques (les trollers surtout), clos soudainement des fils, etc. Il gère son blog comme il l'entend, et je suis d'accord avec meteor, le format de son blog n'est peut-être pas adapté. Il faut le prendre comme tel, et non en faire tout un plat. L'avenir de l'humanité ne se joue pas là-bas.
Désolé meteor pour ce hors-sujet.
Commentaire n°7 posté par chria le 13/03/2011 à 16h28
Re bonjour

Merci pour les sites.

En comparant les masses volumiques et chaleurs spécifiques au différentes profondeurs, je crois que les effets s'annulent.
Il y a bien une augmentation de densité en profondeur, mais la diminution de volume à masse égale est compensée par une augmentation de la capacité thermique massique.

Finalement, le transfert de chaleur devrait provoquer à peu près la même dilatation et la même élévation, qu'il se produise à la surface ou en profondeur.

Il faudrait sans doute affiner les calculs (en tenant compte des T et salinités), mais je ne crois pas que ce soit ce qui permette d'expliquer le déficit d'élévation stérique.

Bonne fin de WE
Commentaire n°8 posté par tomar le 13/03/2011 à 16h24
C’est bien compliqé, ces équations (du lien donné ci-dessous)… Il me semble que ce que l’on cherche en langage "commun", c’est : soit un certain transfert de chaleur (dQ) menant à une variation de température (dT) sur une couche de la colonne d’eau. Quelle va être la dilatation thermique dV selon les conditions initiales de température, pression et salinité de la couche en question ?
Commentaire n°9 posté par skept le 13/03/2011 à 13h30
Tomar et Meteor : Dans le lien ci-dessous, différentes considérations sur les équations d’état de l’eau de mer.
http://www.obs-vlfr.fr/Enseignement/enseignants/copin/Prophy_imp.pdf

Comment évolue le transfert de chaleur à mesure que l’on descend dans la colonne d’eau ? Et idem pour le coefficient de dilatation thermique, qui semble proportionné à la masse volumique (cf 3.3) ?

Robert : « Huet ne fait qu'un travail de journaliste, il se contente de la diffusion ». C’est vous qui parliez des « Binounours » ? Le gentil journaliste qui diffuse objectivement le travail de la recherche, sans jamais faire un choix sur ses sources (parmi toutes les recherches publiées), sans jamais assortir sa présentation de commentaires subjectifs, sans critiquer directement ou indirectement certains chercheurs, etc. ? Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi un journaliste scientifique ne serait pas scientifique de formation (ou un journaliste médical, médecin, etc.). Quand je lis des suppléments littéraires de journaux, j’aime autant que les critiques aient une formation littéraire, cela suppose qu’ils ont lu et connaissent leur sujet. Je ne serai peut-être pas d’accord avec leur critique (c’est souvent le cas), mais au moins elle sera fondée sur une formation et une expérience. Inversement, quand je lis Pour la Science ou Tangente, je n'ai pas envie de trouver des considérations d'historiens ou d'écrivains...
Commentaire n°10 posté par skept le 13/03/2011 à 12h37
Hello

Toujours sur ces histoires de profondeur.
Je n'arrive pas à comprendre comment un même transfert de chaleur (si le calcul du "travail" pour lutter contre la pression en profondeur est bon, le transfert de chaleur devrait générer à peu près la même élévation de T en surface et en profondeur à un fifrelin près) pourrait causer une élévation deux fois plus élevées à 6000 m de profondeur qu'à la surface.
A mon avis il y a quelque chose qui cloche.

Dans mon post précédent, je me basais sur le fait qu'à 3000 ou 6000 m de profondeur, l'eau ne peut plus être considérée comme incompressible. Sa densité augmente et donc sa capacité thermique aussi. A transfert de chaleur égal devrait correspondre un réchauffement inférieur en profondeur (et donc une dilatation plus faible).

Sinon, je comprends ton calcul sur le travail supplémentaire Météor, mais le résultat me parait faible compte tenu de la variation de densité (pas énorme mais sensible).
Commentaire n°11 posté par tomar le 13/03/2011 à 11h10

oui c'est vrai que ça paraît suprenant.

 

mais si tu prends un gaz parfait on a masse volumique = rho = P/RT

 

d rho = -P/RT^2 .dT

si la pression est plus forte d rho est plus fort pour une même température et un même dT.

(on n'est pas à la même température mais admettons).

 

PS: bon çà doit pas être la bonne explication 

 

sinon sur ce lien il y a un petit calcul en ligne concernant les variations de densité selon la pression et la température.

 

Réponse de meteor le 13/03/2011 à 12h06
météor @

""""En sciences du climat, en particulier, il n'a manifestement aucune compétence.""""

Huet ne fait qu'un travail de journaliste, il se contente de la diffusion. Par contre j'en connais un paquet qui se permettent de critiquer le travail des scientifiques sans avoir la moindre compétence pour le faire....
Commentaire n°12 posté par Robert le 13/03/2011 à 10h56

oui c'est vrai que je suis sévère et sans doute injuste avec SH.

Mais il m'énerve avec ses 6 millions de visteurs par an!

Réponse de meteor le 13/03/2011 à 11h59
Meteor : en effet, malgré ton insistance, je vois que Gavin ne répond pas. J’ai reposé la question, de manière un peu plus provocante, voir s’ils réagissent.

En commentaire #20, il répond à leftymartin à propos de l’absence de hausse du niveau de la mer : « Other terms will oscillate - thermal expansion, ground water extraction, mountain glacier, irrigation demands etc. Given the uncertainties in those, we'll only get a credible closure on relatively long decadal timescales »

Je doute un peu que les variations d’irrigation représente une quantité importante entre 1993 et 2010. Et il me semble que la fonte des glaciers continentaux n’a pas vraiment ralenti sur la période, au contraire !

Ce qui n’est pas cohérent de toute façon, c’est que Lyman 2010 (commenté par Real Climate l’année dernière) observe une hausse très nette du contenu de chaleur 1993-2008, même si à la fin la courbe est plus plate. Comme c’est à peu près la même période que l’accélération de fonte de Rignot 2011, et la hausse constante de niveau de mer de Topex-Jason, il y a au minimum une incompatibilité entre les trois mesures (sans même parler de la la chaleur ‘manquante’). Ce ne serait pas la première fois qu’un outil est recalibré – on se souvient qu’un long débat sur le désaccord troposphère-surface a finalement été résolu en corrigeant les problèmes des satellites.

(La résultat de Lyman 2010 fait que, même si une partie de la chaleur s’est diffusée vers les basses couches océaniques avec une hausse moindre – à quantité égale – compte tenu de ce que dit Tomar, cela peut résoudre en partie la question de la chaleur manquante, mais cela ne fait pas converger pour autant des mesures qui paraissent contradictoires).
Commentaire n°13 posté par skept le 12/03/2011 à 19h18

bah sur realclimate de toute façon, ils ne répondent pas le samedi et le dimanche (ils font relâche)

dans sa réponse il noie le poisson sous des généralités.

En fait, il ne sait pas mais il ne le dit pas, et la question le dérange certainement.

Ceci dit si je reviens à cette histoire de profondeur, le travail supplémentaire pour élever 3000 m d'eau (par m2) de 1 mm c'est 3000m3*1000kg/m3*9.81*0.001m=2.943 10^4J

si on divise par 1 an soit 3.154 10^7 s, ça ne fait que 0.001W/m2.

Le travail mécanique est donc très faible, si on peut raisonner comme je le fais, et l'énergie thermique sert bien principalement à augmenter la température.

Réponse de meteor le 12/03/2011 à 20h04
Hello Meteor

Je reprends ton commentaire :

"la position du réchauffement océanique conditionne la valeur de l'élévation du niveau.

En utilisant l'équation de l'eau qui lie densité à la température, la pression, la salinité on trouve par exemple pour une couche de 700 m d'épaisseur et par degré une élévation de:

9 cm si la couche est 0-700m

13cm si la couche est 3000-3700m

17cm si la couche est 6000-6700m



En conséquence, si le réchauffement avait lieu en profondeur, on devrait encore le voir d'avantage."

A plusieurs milliers de m de profondeurs, la variation de densité devient significative. Pour élever d'un degré la température d'un même volume d'eau, il faut plus d'énergie en profondeur qu'en surface.

Donc pour un même transfert d'énergie, la variation de volume sera plus faible en profondeur, et avec un delta T plus faible.

Il faut peut-être faire le calcul avec densité et température potentielles non ?
Commentaire n°14 posté par tomar le 12/03/2011 à 13h40

salut Tomar

oui tu as raison, il faut plus d'énergie.

c'est analogue à ce qui se passe pour un gaz.

si on fournit de la chaleur à un gaz, il se "sert" de cette chaleur pour élever son énergie interne mais aussi pour accomplir un travail contre les forces de pression extérieures.

dans ce que je décris c'est le résultat final au point de vue température mais la chaleur qu'il aura fallu fournir est plus élevée en principe à plus grande profondeur.

 

je ne sais plus très bien mais la température potentielle de l'eau de mer tient compte justement d'un travail adiabatique et en l'utilisant on doit pouvoir retrouver ses billes.

 

faudra que je me paye çà un jour mais celui qui s'en sent, qu'il ne se gêne pas.

 

Réponse de meteor le 12/03/2011 à 14h38
Meteor : merci des nouvelles précisions, et en effet mon hypothèse marchait... à l'envers!

Sinon je signale ce papier dans ScienceExpress (aussi commenté par Real Climate) :
http://www.sciencemag.org/content/early/2011/03/02/science.1200109

Cela concerne les inlandsis antarctiques, avec une observation étonnante : ils ne s'épaississent / s'amincissent pas seulement par le sommet (chute de neige, fonte), mais aussi par la base. Si je comprends bien, cela tient aux conditions de pression et de température de l'eau à la base du glacier (avec parfois plusieurs milliers de mètres de glace au-dessus). Il me semble que cette question de lubrification basale était débattue sur les "langues glaciaires" (là où les glaciers continentaux se déversent dans la mer) mais que le phénomène ici décrit est indépendant, concernant plutôt des glaciers plus continentaux (le Dome A est en plein milieu des terres). Leur base est au-dessus du niveau de la mer, mais contient des poches d'eau qui peuvent geler / dégeler selon un processus lié aux conditions de surfusion.
Commentaire n°15 posté par skept le 11/03/2011 à 19h08

oui j'avais vu çà en effet.

 

En fait, c'est logique, bon je dis çà après coup.

 

Mais la transformation liquide-->solide, pour l'eau, s'accompagne d'une diminution de densité et donc d'une augmentation de volume.

La pression a tendance à s'opposer à cette variation de volume, donc l'eau basale sous les inlandsis, soumise à une très forte pression, reste liquide malgré des températures en dessous de 0°C, mais dès que la pression baisse l'eau gèle rapidement.

C'est ce qui se passe lorsque cette eau remonte du fait d'un relief sous inlandsis par exemple.

Ce phénomène peut ralentir l'écoulement des inlandsis vers l'océan.

Réponse de meteor le 11/03/2011 à 20h20
Meteor : merci pour ton calcul intéressant. Plusieurs hypothèses :

- il faut voir les marges d'erreur de chaque mesure, que ce soit la fonte des calottes, celle des glaciers continentaux et celle de la hausse du niveau des mers (ce qui ne colle pas avec les valeurs centrales peut éventuellement devenir cohérent quand on prend les bords de la fourchette à 95% de confiance) ;

- la hausse stérique est-elle un phénomène uniforme sur les couches océaniques ou dépend-elle d'autres facteurs (pression)? Par exemple, s'il y a réchauffement sur la couche 700-2000 m, la conséquence est-elle la même qu'un réchauffement (comparable) sur la couche 0-700m ? J'avais vu passer chez Pielke un papier faisant état d'un certain réchauffement profond et récent des couches inférieures de l'océan (à partir de GRACE lui aussi), pouvant expliquer (selon les auteurs) un tiers de la hausse du niveau des mers.
http://pielkeclimatesci.wordpress.com/2011/02/25/new-paper-deep-ocean-warming-assessed-from-altimeters-gravity-recovery-and-climate-by-song-and-colberg-2011/
Commentaire n°16 posté par skept le 11/03/2011 à 12h57

la position du réchauffement océanique conditionne la valeur de l'élévation du niveau.

En utilisant l'équation de l'eau qui lie densité à la température, la pression, la salinité on trouve par exemple pour une couche de 700 m d'épaisseur et par degré une élévation de:

9 cm si la couche est 0-700m

13cm si la couche est 3000-3700m

17cm si la couche est 6000-6700m

 

En conséquence, si le réchauffement avait lieu en profondeur, on devrait encore le voir d'avantage.

 

A mon sens, et si je ne me trompe pas, bien sûr, je réitère que la mauvaise adéquation entre niveaux stérique, massique et altimétrique en relation avec les fontes calculées et le réchauffage de l'océan est un très gros problème sur lequel les scientifiques se gardent bien d'insister.

Je n'ai d'ailleurs pas eu de réponse de Gavin Schmidt à ce sujet malgré mon insistance.

Concernant les erreurs sur les mesures, comme je le disais, cela ne justifie pas l'évolution, très forte (d'un facteur 5 tout de même) entre le fort niveau stérique de 1992 et le très faible de 2010.

Je ne suis pas sceptique mais ce genre d'"oubli", de la part des scientifiques, est tout simplement l'expression de la langue de bois ordinaire.

 

Réponse de meteor le 11/03/2011 à 13h56
je dis peut etre une betise, mais quand on évalue le bilan thermique de l'océan, est ce qu'on compte l'enthalpie de la fusion de la glace de terre ? parce que si ça élève le niveau de manière mesurable, ça peut aussi refroidir superficiellement les eaux non ?

Sinon, un a coté : ça y est , le père Huet m'interdit de poster à mon tour sur son blog. Les vieux réflexes "quand ça ne me plait pas , je censure", sont décidément difficiles à éviter. En l'occurrence, c'est sur le fil sur la fonte de la banquise.


http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/03/la-banquise-arctique-riquiqui-cet-hiver.html

je lui faisais remarquer que l'embacle ne semblait pas encore terminée, meme infoclimat le dit, et d'autre part je discutais de la significativité d'une tendance mesurée sur T années si on n'a pas d'autres périodes de T années de référence identique. Je me fendais même d'une petite illustration de la tendance sur 6h dans les premières heures de la journée ou dans les 6 premiers mois de l'année (un réchauffement de 2°C/heure au début de la journée correspond à 292 000 °C/siècle...). Evidemment c'est idiot, car on ne mesure qu'une composante de Fourier oscillante, mais justement, on ne peut pas savoir si une tendance mesurée sur une période donnée correspond à une fréquence d'oscillation ou non - sans périodes de comparaison.


Bref, tout ça ne lui a pas plu, il a censuré. Après je me suis plaint d'etre censuré, et j'ai posté un message "test" pour vérifier que ce n'etait pas un bug. On m'a traité de paranoiaque... et finalement SH a supprimé le message où je me plaignais mais sans supprimer les réponses ! ce qui donne actuellement la situation cocasse suivante (lire de bas en haut)

*******

jeu. 10 mar 2011
à 16:32:05
par aha

@ Gilles : peut-être que certains mots déclenchent une censure automatique, afin d'éviter à certains trolls de monopoliser l'antenne ? C'est un truc que j'ai connu sur d'autres blogs où un boulet plombait l'ambiance, sauf que le webmestre ne censurait pas par élimination des messages mais remplaçait un mot par un autre, ce qui donnait des résultats rigolos...


jeu. 10 mar 2011
à 14:08:03
par Gilles

chria, je n'ai pas un esprit particulièrement paranoïaque, mais si vous avez une explication raisonnable sur le fait que par deux fois, un post s'est retrouvé affiché sur la page des commentaires, puis a disparu, j'aimerais la connaître.


jeu. 10 mar 2011
à 9:46:01
par chria

@gilles : attention, la paranoïa complotite vous guète. Lachez les blogs quelque temps histoire de prendre du recul.
Un conseil : avant de poster un long message, faite ctrl c.

jeu. 10 mar 2011
à 0:45:15
par Gilles

test
.........

où on ne comprend plus du tout à quel post répond chria en me traitant de paranoïaque, puisque mon message a été effacé :). Ces gens-là sont non seulement sectaires, mais stupides (ce qui va souvent ensemble il faut dire !

bon, si je poste ça , de bonnes âmes vont peut etre signaler à SH qu'il faudrait faire son "nettoyage" un peu plus soigneusement. Mais là, j'ai fait une copie d'écran, donc si il efface à nouveau, je me ferai un plaisir de la poster à un endroit où je ne suis pas censuré ;)
Commentaire n°17 posté par Gilles le 11/03/2011 à 07h57

"je dis peut etre une betise, mais quand on évalue le bilan thermique de l'océan, est ce qu'on compte l'enthalpie de la fusion de la glace de terre ? parce que si ça élève le niveau de manière mesurable, ça peut aussi refroidir superficiellement les eaux non ?"

 

c'est négligeable.

 

Sinon pour Sylvestre Huet, je comprends mal qu'on s'acharne à aborder des sujets scientifiques sur son blog.

SH n'est pas un scientifique et ne semble pas avoir les bases pour aborder ces problèmes avec un minimum d'objectivité.

Il est journaliste de profession et historien de formation, après tout.

En sciences du climat, en particulier, il n'a manifestement aucune compétence.

 

PS: au sujet de l'influence de l'enthalpie de fusion, quelques explications chiffrées:

 

si on admet 1000 gt/an de fonte cela fait une enthalpie de :

 

1000 Gt/an * 10^12 kg/Gt*3.35 10^5J/kg = 3.35 10^20 J

 

soit une puissance de:

 

3.35 10^20J/an * 3.17 10^-8 an/s = 1.06 10^13 W

 

par m2 de surface terrestre:

 

= 1.06 10^13W/5.11 10^14m2 = 0.02W/m2.

 

Pour mémoire le flux de chauffage théorique, selon Hansen, serait de 0.85W/m2

Réponse de meteor le 11/03/2011 à 09h01
Cette brève a le mérite de retenir l'attention de nos journalistes pseudo-scientifiques en mal de bonne conscience.

Pour preuve, un interlude dans le journal télé national 12/13 de France3 durant lequel le spectateur innocent (inculte ?) a eu droit à son moment de culture général (quand la ménagère de - de 40 ans pourra dire à son mari qu'elle s'endormira moins c**ne ce soir) grâce au journaliste "scientifique" en chef de la chaîne (d'une rigueur intellectuelle du niveau d'E. Dhéliat) cite UNE étude toute récente (presque en avant première) qui démontre que les estimations du GIEC sur l'élévation supposée du niveau des océans sont à jeter à la poubelle. Et devinez quoi ?? C'est PIRE que ce qui était envisagé auparavant (2m d'ici 2100, rien que çà)!!! Forcément...

Qui a dit que le débat sur le RC n'était pas politique ?


PS : Avec cette étude, Robert a trouvé sa preuve irréfutable des conséquences du RC.
Commentaire n°18 posté par Le Fils Caché d'Al-Gore le 11/03/2011 à 00h09

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