Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 19:33




illustration-copie-1.jpg

(image UAF)

 

 

 

A lire un petit article  de David Archer sur Realclimate concernant une étude parue dans Science:

 

Extensive Methane Venting to the Atmosphere from Sediments of the East Siberian Arctic Shelf

Natalia Shakhova,1,2,*, Igor Semiletov,1,2,* Anatoly Salyuk,2 Vladimir Yusupov,2 Denis Kosmach,2 Örjan Gustafsson3

 

résumé

 

"La mise à l'atmosphère d'une petite fraction seulement du méthane contenu dans les sédiments du plateau continental arctique de la Sibérie orientale (SESA)  pourrait provoquer un réchauffement climatique brutal, mais on croyait que le pergélisol sous-marin agissait comme un couvercle permettant de garder en place ce réservoir de méthane en eaux peu profondes. Ici, nous montrons que plus de 5000 mesures, en mer, de méthane dissous démontrent que plus de 80% des eaux de fond de l'ESAS  et plus de 50% des eaux de surface sont sursaturées en méthane. Le flux actuel de dégazage de méthane, qui comporte une composante de diffusion et une composante d'ébullition graduelle, est le même que les estimations précédentes concernant l'océan dans son entier. Le dégazage de méthane dans les eaux peu profondes de la SESA, doit être examiné dans le cadre des interactions entre la biogéosphère et le réchauffement de l'Arctique."

 

On a quelques données chiffrées sur le débit actuel de dégazage ici, soit 7Tg/an donc 7Mt/an.

Cette valeur est très faible par rapport aux 4Gt déjà présentes dans l'atmosphère surtout lorsqu'on connaît la relativement faible durée de vie du CH4 soit 12 ans seulement.

Elle est bien plus faible que les autres sources anthropiques ou naturelles répertoriées dont la somme totale est de l'ordre de 600 Tg/an, soit environ 90 fois plus forte que la fuite détectée dans le SEAS.

De plus à 600 Tg/an (estimation année 2000 TAR) on était sur un plateau de concentration.

 

Tout ceci fait dire à Archer qu'il n'y a guère péril en la demeure et que l'on doit garder à l'esprit:

 

- qu'il n'y a aucune proposition, à ce jour, de mécanisme permettant d'envisager un relarguage catastrophique de méthane provenant des clathrates océaniques

- que l'étude de Shakhova & Semiletov ne donne pas l'évolution des émissions de SESA

- que le CH4 n'est de toute façon qu'un GES "de passage" dans l'atmosphère, qu'il a vocation à s'oxyder rapidement en CO2 et qu'il faudrait des émissions très fortes pour que l'effet CH4 pur dépasse l'effet CO2 résultant de l'oxydation et de l'accumulation à long terme du CH4 sous cette dernière forme.

 

Donc, comme on le dit souvent ici, attention à ces nouvelles qui reviennent à intervalles plus ou moins réguliers, de dégazages de méthane dans la zone arctique.

Pour le moment on ne peut pas vraiment dire s'il s'agit de réactions naturelles ou provoquées par le réchauffement et prémonitoires d'évènements beaucoup plus énormes et dangereux.

C'est à surveiller sans doute, mais sans plus.

 

 

Par meteor - Publié dans : cycle du carbone - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

visiteurs depuis décembre 2007

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés