Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 11:15


frost fair 1683

"frost fair in 1683": foire gelée en 1683, sur la Tamise (wikipedia)

 

 

Certains d'entre vous connaissent sans doute cette célèbre série de températures qui concerne l'Angleterre centrale et qui s'étage de 1659 à 2009.(en 1659 nous étions, mine de rien, sous le règne de Louis XIV et sous la gouvernance de Mazarin, ça date un peu tout de même)

La période couverte, égale à 350 ans, est considérable et sans doute sans équivalent.

 

Ses intérêts sont multiples:

 

-évolution de la température actuelle dans un contexte multicentenaire

-informations climatologiques diverses sur les records, moyennes, etc

-informations sur le Petit Age Glaciaire (1550-1860)

-...

 

Après une simple visualisation et un exposé rapide de la série, nous tenterons ici, de quantifier la corrélation avec les séries modernes de température globale, et, plus loin, nous appliquerons cette corrélation pour tenter une reconstruction de la température globale de 1659 à 2009.

 

 

La série

 

Le lecteur trouvera des informations générales sur cette série ici.

Des informations plus précises sont disponibles dans Manley74.

La série elle-même est disponible gratuitement au Hadley Center.

 

 

Il s'agit donc de la série des températures mensuelles depuis 1659 en Angleterre centrale.

 

on peut tracer la courbe de l'évolution annuelle

fig1-copie-2

 

un examen rapide montre une période froide entre 1670 et 1705 environ, suivie d'une période plutôt chaude culminant en 1733.

 

C'est à partir des années 1980-1990 que le réchauffement actuel se détache réellement du bruit climatologique, du moins dans la période envisagée.

Le réchauffement, dans le cadre du réchauffement global, dans cette région, est donc quelque chose de très récent (20 ans environ).

 

évolution saisonnière

 

 

fig2

 

C'est assez nettement l'hiver qui subit les plus fortes variations, l'écart-type étant de  1.36°C, tandis que les autres saisons sont plus tranquilles avec un écart-type de 0.8-0.9°C.

C'est également l'hiver qui enregistre la plus forte variation linéaire sur la période 0.038°C/décennie, alors que l'été est seulement à 0.009°C/décennie.

 

L'hiver le plus froid est celui de 1684 avec une moyenne de -1.2°C suivi par 1740 (-0.4°C) et 1963 (-0.3°C).

Ceci permet d'avoir une idée de l'importance du PAG du moins au cours de cette période, par rapport, par exemple, à l'hiver rigoureux que certains ont connu en 1963.

 

1963 tamise

Tamise gelée en 1963 (photo windsor lien ci dessus)

 

 

L'été le plus chaud est celui de 1976 avec 17.8°C (année "sécheresse" pour ceux qui se souviennent), devant 1826 (17.6°C) et 1995 (17.4°C).

En moyenne décennale les dernières décennies sont, sans contestation, les plus chaudes, tant annuellement que de façon saisonnière, quoique cela soit vraiment très juste en été.

Voilà un premier examen rapide de la climatologie de la période pour cette région.

Cette climatologie pouvant être étendue sans que cela pose des problèmes excessifs, dans un rayon minimum de 500 km, par exemple pour le nord de la France, la Belgique, la Hollande,etc.

 

 

reconstruction de la température globale

 

Nous allons tenter de produire une reconstruction globale basée sur les valeurs instrumentales de l'Angleterre centrale en utilisant la plus ancienne série de données globales avec la plus ancienne série de données locales.

On notera au passage que ces deux séries émanent toutes deux du Hadley center.

 

la fig3 offre une comparaison visuelle des moyennes sur 20 ans des deux séries sur la période 1850-2009

 

fig3

Le coefficient de corrélation (fig4) est proche de 0.835 ce qui est satisfaisant et permet de tenter une reconstruction sur des bases pas trop farfelues.

 

fig4

 

Nous avons, en effet, un proxy, la température locale en Angleterre centrale, bien corrélé à la température globale sur 150 années.

Ce proxy répond à un critére important, souvent réclamé, qui est celui de reproduire l'augmentation de température récente, après 1960 donc, ce que ne reproduisent pas les proxies traditionnels (cernes d'arbres entre autres).

Ce proxy est certes unique, toutefois, la position de cette région, en plein dans le flux zonal, permet de faire l'hypothèse, pas trop légère à mon sens, d'une bonne réaction au comportement global de l'atmosphère, en tous cas sur une moyenne de 20 ans.

Nous pouvons ainsi reconstruire l'anomalie de température globale (fig5) (on notera que le premier point, 1660, est l'anomalie décennale de la période 1659-1668)

 

fig5

 

D'emblée, il apparaît que la période actuelle est très nettement la plus chaude des 3.5 derniers siècles.

 

On constate, entre 1660 et 1720, un creux très important qui correspond au Petit Age Glaciaire (PAG).

Son amplitude est de l'ordre de -0.5 à -0.6°C si on s'en réfère à 1980.

Notons que cette amplitude est plutôt dans la  partie supérieure de la fourchette des amplitudes habituellement reconstruites pour le PAG.

On peut mettre en perspective l'évolution de la température globale avec la reconstruction (effectuée par l'auteur de ce blog en fonction de Wang 2005) de la TSI (irradiance solaire) et des estimations de l'influence de cette dernière sur la température.

Pour cette dernière estimation nous avons mis les résultats en "direct" sans passer par le modèle et donc nous ne bénéficions pas de l'effet "décalage" que ce dernier implique.

Toutefois la figure 6 montre une corrélation assez claire entre PAG et activité solaire pendant cette période.

 

fig6-copie-1

 

 

conclusion

 

Pour les raisons évoquées ci dessus cette reconstruction n'est sans doute pas beaucoup plus approchée que bien des reconstructions basées sur les variations infimes de certaines caractéristiques de proxies.

Ces caractéristiques, de plus, dépendent d'autres paramètres, ce qui entraîne des traitements statistiques assez poussés pour essayer de dégager, à grand peine et avec beaucoup d'incertitude, une évolution de la température globale en l'absence de mesures instrumentales.

Il suffit de regarder l'évolution des travaux d'un Michael Mann depuis sa crosse de hockey vers quelque chose de beaucoup plus tourmenté, ou l'éventail des reconstructions (de Mann à Moberg par exemple) pour comprendre que beaucoup de chemin reste à faire.

D'après ma connaissance du sujet, certes limitée, la reconstruction des températures pour les 3.5 derniers siècles, présentée ici, est une approche qui peut se défendre, mais qui mériterait certainement d'être validée par les modèles de circulation atmosphérique, afin de rendre plus robuste l'hypothèse de départ.

Toutefois elle ne répond évidemment pas à la question assez cruciale des températures des deux derniers millénaires.

A mon sens, la meilleure réponse, pour le moment, reste la reconstruction par les forçages dont les traces semblent un peu plus précises que les proxies.

On peut éventuellement y ajouter les grands cycles connus (AMO,PDO) pour avoir une idée de ce que pourraient être les amplitudes maximales.

 

Ce sera peut-être pour une prochaine fois...

Par meteor - Publié dans : paléoclimats - Voir les 9 commentaires
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Commentaires

En regardant plus attentivement, il s'agit sans doute juste d'une impression visuelle, la moyenne sur 10 ans montre effectivement 0,5 °C sur la courbe initiale.

J'ai plusieurs remarques à faire

a) pourquoi sur 10 ans et pas sur 30 ans ?
b) de façon générale, la significativité d'une variation sur une période T doit etre estimée par rapport à l'écart type sur cette période T, qui demande une période de calibration bien plus grande que T pour être estimée. Estimer la variation de température sur 10 ans doit se faire par rapport à la distribution des écarts sur 10 ans (ce qui suppose de les mesurer sur une durée bien plus grande). Estimer la variation sur 350 ans comme ici demanderait de la comparer à l'écart type typique sur 350 ans, ce qui demanderait des millénaires de calibration pour la connaitre ! (et en particulier remonter jusqu'à l'OM vers l'an 1000 ....). Le probleme est qu'il n'y a pas de différence ici entre la période de MESURE et la période de COMPARAISON.

D'une façon générale, je ne pense pas que l'aspect de cette courbe conduise quiconcque à penser qu'il y a quelque chose de spécial à partir de 1970, pour n'importe quel phénomène physique ....
c) si on soustrait l'influence anthropique de la variabilité naturelle avant 1960... je pense qu'on n'aurait que 0,3 ou 0,4 °C d'influence anthropiqe non ? (avec bien sûr des grosses barres d'erreur compte tenu des remarques précédentes)
Commentaire n°1 posté par Gilles le 16/02/2010 à 08h34
"a) pourquoi sur 10 ans et pas sur 30 ans ?"

j'ai pris 20 ans en fait pour les raisons ci-dessus.
avec 30 ans la corré sera meilleure mais de moins en moins significative car faite avec trop peu de points

"si on soustrait l'influence anthropique de la variabilité naturelle avant 1960... je pense qu'on n'aurait que 0,3 ou 0,4 °C d'influence anthropique non ?"

oui en moyenne sur 20 ans et à l'aide de cette reconstruction, c'est exact.

Réponse de meteor le 16/02/2010 à 08h51
Bonjour Meteor

je n'ai pas du comprendre un truc, mais comment passes-tu d'une courbe qui montre la même température pratiquement entre 1740 et maintenant, à une courbe qui montre une différence importante quand tu reconstruis la température globale avec ce proxy? enfin plus généralement si tu n'utilises que UN proxy, tu ne peux avoir avec que la courbe initiale à une homothétie près non?
Commentaire n°2 posté par Gilles le 16/02/2010 à 07h50
les courbes des fig 3 et 4 représentent l'anomalie sur 20 ans (centrée sur les années en abcisse) alors que la fig 1 la température absolue sur 10 ans.
J'ai pensé que 20 ans était un compromis raisonnable entre

1:avoir encore suffisamment de points sur la période de corrélation 1850-2009 entre local et global.
2:lisser la variabilité

On voit sur la fig 3 les deux courbes et le coeff m'a semblé suffisant pour reconstruire le global à partir du local pour 1660-1850.

Donc oui il n'y a qu'un seul "proxy" mais il présente l'avantage de reproduire pas trop mal l'évolution globale, la courbe reconstruite est donc effectivement l'homothétique de la courbe originale.

C'est en tous cas la seule série aussi ancienne qui existe, je voulais la signaler, car le travail qu'il y a derrière est considérable, et disons que la corrélation est ma "touche personnelle" quoiqu'il ne faille évidemment pas considérer cela autrement qu'une "fantaisie" de ma part.

La justification physique que je suppose, puisque la corrélation existe tout de même, c'est que cette région est bien placée dans un flux zonal important et participe de ce fait aux variations globales du moins moyennées sur 20 ans.

Il serait intéressant de corroborer cette hypothèse par les modèles de circulation.
Réponse de meteor le 16/02/2010 à 08h17
oups, j'ai fait le calcul pour la Mid tropo.
Pour la basse tropo, c'est ici ftp://ftp.ssmi.com/msu/monthly_time_series/rss_monthly_msu_amsu_channel_tlt_anomalies_land_v03_2.txt

Même conclusion, pour l'hiver, le réchauffement sur 30 ans a été 0,20°C/déc, pour l'été, c'est 0,19°C/déc, bref, pas de différence statistiquement significative.
(graphique : http://pichuile.free.fr/images/rss_djf_jja2.gif )
Commentaire n°3 posté par miniTAX le 15/02/2010 à 16h57
Sauf que tu t'es trompé, je le signale au passage, c'est 0.20 en hiver et 0.28 en été.
Mais cela concerne les terres de l'HN dans leur entier et la carte RSS de la tendance montre que ce n'est pas homogène.
Ce qui est important c'est de voir que la tendance dans cette région est de l'ordre de 0.4°C/décennie.
Ceci confirme, au moins, la tendance annuelle et cela prouve que l'effet urbain ne pollue pas réellement la série en question.
S'il y avait une pollution en hiver cela voudrait dire que les autres saisons ont une tendance plus forte.
Ceci dit il serait certainement intéressant d'avoir les données satellitaires de la région saison par saison mais il ne faudrait pas non plus oublier que la surface et la basse tropo ce n'est pas non plus tout à fait la même chose.

voici une carte où l'on voit un peu mieux la zone anglaise en question.

Il n'y a pas de pb on est toujours dans les 0.4°C/décennie.
Les analyses satellitaires de l'anomalie annuelle corroborent l'anomalie annuelle de surface de façon satisfaisante.
Les mesures de surface sont homogénéisées de façon qui semble correcte (voir liens).
De plus des stations rurales confirment la différence entre trend hivernal et trend estival et le trend annuel d'ailleurs.
En conséquence, tes affirmations de sceptique invétéré, indiquant qu'il est non scientifique de comparer des températures sur des séries de 350 ans sont donc irrecevables.
De plus tu n'es pas à une contradiction près puisque tu trouves plus judicieux de comparer des tendances.

C'est complètement grotesque si tu supposes que la tendance actuelle est tronquée.
D'ailleurs c'est une tendance complètement habituelle (voir ton site de référence) donc pourquoi serait-elle fausse?

Donc, miniTAX, si tu continues à faire ton miniTAX, c'est à dire mettre, à dessein, de la confusion là où il n'y en n'a pas, tu te doutes de l'endroit où vont finir tes commentaires.




Réponse de meteor le 15/02/2010 à 19h00
hwkf : "En été, la chaleur urbaine se manifeste par la modification des sols qui deviennent des véritables "éponges" à chaleur en plein soleil."
-----------------
Bah en d'autres saisons aussi. CQFD.
Commentaire n°4 posté par miniTAX le 15/02/2010 à 16h42
Oui, bon, ceux qui sont intéressés par des infos sur la base de données en question pourront toujours lire ce document.
On y parle de la prise en compte de l'effet urbain.
Réponse de meteor le 15/02/2010 à 18h40
"Concernant les aérosols cela concerne la période récente, mais pour cette période, à la limite, on a la température, alors cela est hors sujet.
Je ne comprends pas d'ailleurs à ce sujet que tu prennes tes infos d'un "gars aussi dérangé" (dixit miniTAX) qu'Hansen.."

"Bref, concernant les périodes passées les deux forçages en question sont le solaire et le volcanique."
-------------------
Mais ça tu n'en SAIS RIEN !!! Qui te dit qu'il n'y a pas 3, 4, 5 forçage, comme par exemple un changement de géomagnétisme ou une variabilité à long terme des courants océaniques ? Et tu oublies le forçage des GES CO2 ou CH4, qu'on suppose constant pendant des siècles et qui est tiré des carottes glaciaires, au même titre que les proxies température donc même combat question (manque de) fiabilité.
Le fait est que même au 20e siècle, on est dans le flou pour le forçage volcanique. L'hypothèse qu'on pourrait mieux connaître les forçages passés que les proxies est donc non seulement infondée mais aussi illogique.
Quant à Hansen, je le cite pour répondre à TA croyance (qu'on connaîtrait mieux le forçage que les proxies température) mais je pourrais très bien citer le GIEC qui classe le forçage par les aérosols comme très mal connu, ça ne change rien : pour l'instant, tu n'as rien comme preuve, à part la foi.


meteor : "Je suppose que tu les as les mesures satellitaires de la région, non?
voici d'ailleurs le trend de RSS de 1979 à 2009
la tendance pour la région (pas facile à voir) est de l'ordre de 0.4°C à 0.5°C/décennie"
------------------------------
Désolé mais ton "analyse", c'est mega lol quoi.
Si on fait le calcul des tendances sur 30 ans, température RSS, au dessus des continents, dans la bande 20-90°N (colonne 5 ftp://ftp.ssmi.com/msu/monthly_time_series/rss_monthly_msu_amsu_channel_tmt_anomalies_land_v03_2.txt , on peut le faire pour une grille 5x5 correspondant à CET mais j'ai la flemme), on trouve un réchauffement de 0,156°C/déc pour l'hiver (DJF, en rouge) et 0,142°C/déc pour l'été (JJA, en noir), bref, aucune différence statistique (d'ailleurs, on le voit sur le graphique: il n'y a pas une tendance monotonique mais un palier de température, qui contredit directement la théorie du RCA, http://pichuile.free.fr/images/rss_djf_jja.gif).
Comme toujours, les arguments du RCA tiennent la route tant qu'on se contente des effets de manche mais dès qu'on soulève le capot du bouzin, ça part en sucette.
Donc, sous réserve de faute de calculs, les données satellites confirment bien ce que j'ai dit : la différence de tendance entre l'été et l'hiver n'existe que parce que les stations terrestres sont pollués par la chaleur urbaine. Le rapport de 1 à 4 que tu as trouvé pour CET vient de données pourries. Le problème vient de la mesure, pas de la grandeur mesurée.
Donc je n'affirme pas "gratuitement" que l'UHI n'est pas pris en compte correctement. Un simple calcul le montre et ça a été dénoncé dans de multiples études, pour peu que tu prennes la peine de t'y intéresser.
Commentaire n°5 posté par miniTAX le 15/02/2010 à 16h40
bah je n'oublie rien du tout de ce qui est connu.
le géomagnétisme et puis quoi encore?
tu lis trop Courtillot!
Quant aux GES leurs variations naturelles sont négligeables dans la période concernée (2 derniers millénaires).
Donc je répète ce qui est vraisemblable ce sont les forçages solaires et volcaniques qui agissent principalement.
Pour les variations d'oscillations naturelles on connait à peu près l'AMO et la PDO qui sont responsables de variations d'assez courtes périodes comparées à la durée de l'OM par exemple.
Ces variations sont d'assez faible ampleur (0.15°C maxi).
Pour le reste il n'y a que des suppositions plus ou moins farfelues qu'on peut tous faire par exemple en s'inventant des oscillations de la bonne période et de la bonne amplitude.
Quant à mes croyances cela me regarde, mais je constate que tu cites Hansen que tu qualifies de "personne dérangée" et tu cites maintenant le GIEC..

Tu te fous de qui?

Quant aux analyses satellitaires tu oses dire que c'est mégaLOL, mais ce qui est mégaLOL c'est le mélange entre une carte où je te montre la déclinaison régionale de la tendance avec des données pour les terres de l'HN dans son entier.
Alors avant de faire du mégaLOL tu lis la légende de la carte que j'ai pris la peine de présenter.
Je répète donc que la tendance est de l'ordre de 0.4°C/décennie pour 0.44°C/décennie en surface.
PS: mais j'ajoute que si on me présente une analyse digne de ce nom qui infirme que l'hiver s'est d'avantage réchauffé que l'été sur 1979-2009 en CE, évidemment, je la signalerai dans cet article.

Réponse de meteor le 15/02/2010 à 17h09
miniTAX, votre argumentation au sujet des ICU néglige une composante essentiel ce cet effet. En été, la chaleur urbaine se manifeste par la modification des sols qui deviennent des véritables "éponges" à chaleur en plein soleil.
Commentaire n°6 posté par hwkf le 15/02/2010 à 12h12
Meteor,
En disant "reste la reconstruction par les forçages dont les traces semblent un peu plus précises que les proxies", tu supposes deux choses, 1) qu'on connaît tous les forçages et leur impact sur la température. 2) qu'on a de meilleures données sur les forçages que sur les proxies (ce qui est contradictoire avec ton aveu ci-dessus sur leur degré de fiabilité).
1) est une affirmation gratuite
2) est bien sûr faux. Même pour le 20e siècle, on n'a aucune idée précise du forçage par les aérosols (effet direct et indirect) et même Hansen reconnaît que c'est "sorti du chapeau". Il n'y a qu'à voir ce forçage dans son modelE (notamment la courbe globale) sur le site du GISS pour savoir que c'est sorti du chapeau.
Mais ça on en a déjà parlé...


Pour ce qui est de la tendance d'un "réchauffement" plus fort en hiver, je te suggère de chercher du côté du la bulle de chaleur urbaine (c'est en hiver qu'on chauffe et qu'on risque de contaminer la mesure, pas en été !). Ce réchauffement plus fort se voit surtout sur les stations urbaines et pas les stations rurales, ça devrait te mettre la puce à l'oreille.
Et la série CET est tout sauf rurale: elle est en plein dans un triangle fortement urbanisé et a d'ailleurs été "ajustée" pour en tenir compte (de l'ordre de 0,1 à 0,3°C!). Par conséquent, avec un ajustement fait au bon vouloir du Met Office dont le biais réchauffiste est incontestable (souviens-toi de leur comique "barbecue summer" et de leur inévitables hivers doux) , comparer des valeurs absolues sur plus de 300 ans est scientifiquement irrecevable.

Ce qui est plus pertinent, c'est de comparer les vitesses de changements à diverses périodes, puisqu'une des rengaines réchauffistes, c'est justement que le RC moderne est "sans précédent" (donc c'est la faute à l'homme, donc c'est catastrophique, etc, etc). Et la réponse, tu la connais.
Commentaire n°7 posté par miniTAX le 15/02/2010 à 10h35
Prière de ne pas déformer mes propos.
Je n'ai pas dit que la connaissance des forçages était précise dans l'absolu, mais qu'elle me semblait plus précise que les informations apportées par les proxies.
Concernant les aérosols cela concerne la période récente, mais pour cette période, à la limite, on a la température, alors cela est hors sujet.
Je ne comprends pas d'ailleurs à ce sujet que tu prennes tes infos d'un "gars aussi dérangé" (dixit miniTAX) qu'Hansen..
Bref, concernant les périodes passées les deux forçages en question sont le solaire et le volcanique.
On a des infos sur le volcanisme mais en effet je ne connais pas leur degré de fiabilité.
Le forçage volcanique n'a de toute façon qu'une action mineure sur le long terme mais peut être intéressant, évidemment, pour expliquer certaines baisses sur le court terme.
Côté solaire, on a les isotopes cosmogéniques dans les carottes entre autres.
Là aussi ce n'est pas hyper précis évidemment, mais à mon sens cela l'est plus que les proxies.

Quant aux raisons du réchauffement hivernal, ton affirmation du fait que le caractère urbain  n'est pas pris en compte est totalement gratuite.
Réfère toi donc aux mesures satellitaires sur la période, c'est plus pertinent que de te référer toujours aux mêmes "démonstrations" de certains sites sceptiques.
Je suppose que tu les as les mesures satellitaires de la région, non?

voici d'ailleurs le trend de RSS de 1979 à 2009



la tendance pour la région (pas facile à voir) est de l'ordre de 0.4°C à 0.5°C/décennie



soit quelque chose de tout à fait comparable à la tendance de HadCET pour la même période soit 0.436°C/décennie.

Alors où est-il ton effet urbain pas pris en compte par cet organisme que tes fantasmes considèrent comme "réchauffiste et biaisé"?

Réponse de meteor le 15/02/2010 à 13h23
Pour aller plus loin dans la comparaison, on pourrait tenir compte du forçage volcanique et représenter quelques sorties de modèles. C’est d’ailleurs ce qu’avait fait l’IPCC :

http://www.ipcc.ch/publications_and_data/ar4/wg1/en/figure-6-14.html

J’ai un peu de mal à lire l’échelle temporelle, mais je suis surpris que l’impact régional de l’éruption islandaise du Laki n’apparaisse pas mieux dans la série anglaise. Merci d’avance de préciser l’anomalie estivale de 1783.
Commentaire n°8 posté par joseph le 14/02/2010 à 20h32
L'été 1783 a été plutôt chaud pour l'époque avec 16.5°C (anomalie +1.2°C).
juillet a par contre été très chaud avec 18.8°C.

C'est d'ailleurs signalé sur ce lien, comme une conséquence du Laki.

1784 a présenté une anomalie de -1.6°C par rapport à 1951-1980 et les années suivantes ont été plutôt froides.
Les forçages volcaniques sont en général assez brefs et pas si simples à modéliser sur le plan global car cela dépend également de la latitude d'émission.
Il existe des bases de données donnant le forçage global mais je ne connais pas leur degré de fiabilité.
Réponse de meteor le 14/02/2010 à 23h13
Merci Météor pour ce post sympathique!
J'ai trouvé les séries saisonnières très intéressantes. L'hiver dispersé, l'été sans tendance,l'automne qui s'est décalé dans les années 30 ; tout cela relativise un peu l'importance des moyennes annuelles.
Les hivers extrêmement froids qui apparaissent sur la courbe font frissonner. A voir les courbes de l'été et de l'hiver, le réchauffement climatique, si il se contentait de rendre les hivers plus doux, serait finalement très agréable.
Commentaire n°9 posté par Chaud le 14/02/2010 à 18h15

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