Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 20:14

 

 

Il semble régner une belle confusion au sujet de l'influence des oscillations climatiques dans ce qu'on appelle le réchauffement global.

 

S'il est à peu près connu que l'ENSO (oscillation El Niño) a une influence très importante sur la température globale, qu'en est-il des oscillations de plus longue période type AMO ou PDO?

Je vais donner ici mon sentiment, si possible un minimum étayé, à ce sujet, en prenant l'exemple de l'AMO.

 

L'ENSO fait intervenir des couches océaniques de profondeur différentes en agissant sur un upwelling plus ou moins fort des eaux froides de sub-surface de l'océan pacifique équatorial.

Les alternances d'eau froide (Niña) et chaudes (Niño) sur le Pacifique équatorial agissent tel un forçage sur la température du globe.

Les SST globales réagissent avec un retard de l'ordre de 3 mois à l'anomalie ENSO.

 

Voyons maintenant le cas de l'AMO.

 

L'AMO (Atlantic Multidecadal Oscillation) est révélée par les températures de l'Atlantique nord qui varient suivant une période de l'ordre de 70 ans (voir ici).

 

A l'instar de l'ENSO, si ces températures pilotaient la  température globale, celle-ci devrait réagir avec un certain retard.

 

A l'aide des données NCEP, on peut comparer et corréler SST globales (G) et SST de l'Atlantique Nord (AN ou AMO) non détrendées, en enlevant la part AN dans le global, puisqu'il vaut mieux éviter de corréler une donnée A avec une donnée B qui contient une partie de A.

 

Les coefficients de corrélation ont donc été calculés à partir de:

 

G-0.1AN (Atlantique Nord représentant environ 10% de la surface globale des océans) et AN.

 

 

AMO1

 

Ces coefficients sont peu élevés, de l'ordre de 0.2, ce qui donne une première indication de la faible influence de l'AMO, mais il apparaît, de façon a priori surprenante, que ce sont les températures de l'AN (ou l'AMO) qui sont en retard d'environ  4 mois par rapport aux températures globales.

 

Ce fait contredit le soit disant rôle de pilote de l'AMO sur la température globale.

 

Si on répète l'expérience entre le global et l'Atlantique (A) dans son entier, c'est-à-dire en examinant G-0.2A par rapport à A, la corrélation est bien meilleure et le retard est très faible.

 

Il est important de souligner, en outre, que, pendant que l'Atlantique Nord se réchauffe, l'Atlantique Sud se refroidit par rapport à la moyenne globale ainsi que le montre ce graphique pour la période 1979-2011.

 

AMO2

 

D'un point de vue purement arithmétique donc, les influences s'annulent.

 

 

A partir de cette petite analyse il semble difficile de penser que l'AMO ait une influence décelable sur la température globale.

Et, concernant le mécanisme sous-jacent à cette oscillation, il apparaît qu'il se manifeste, entre autres, par un transfert de chaleur sans doute indirect entre Atlantique sud et Atlantique nord.

Ce transfert semblant se produire à la suite de l'évolution globale et non comme pilote, même partiel de cette dernière, pourrait faire partie des processus menant à l'amplification arctique.

Par meteor - Publié dans : variabilité climatique - Voir les 4 commentaires
Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

Commentaires

Le problème, meteor, c'est qu'on mélange des composantes de fréquences très différentes. Le retard mesuré sur l'ENSO est du même ordre de grandeur que la durée du phénomène (quelques mois), alors que pour l'AMO on parle de décalage de quelques mois sur une période de 60 ans !!. Or il est très facile de construire des modèles oscillants (par exemple un simple circuit RLC) dont la tension soit en retard sur l'intensité à basse fréquence et en avance à haute fréquence (par exemple). Le signal AMO est manifestement la combinaison de fréquences très différentes qui peuvent avoir des déphasages différents, et je pense que la mesure du décalage de quelques mois est dominé par des oscillations à court terme qu'il n'est pas légitime d'extrapoler à des oscillations de basse fréquence.
Commentaire n°1 posté par Gilles le 29/12/2011 à 10h31

J'avais dit ceci:

 

 

"A partir de cette petite analyse il semble difficile de penser que l'AMO ait une influence décelable sur la température globale.

 


J'ai traité les signaux bruts avec une méthode statistique très simple et il y a retard des SST de l'Atlantique nord sur le global, alors qu'avec des bruits équivalents, ou presque, il y a bien meilleure corrélation avec l'Atlantique dans son entier.

Si l'AMO est pilote de quelque chose sur le global, c'est pas suffisamment significatif pour être décelé ainsi.

On pourrait peut-être s'amuser avec des signaux synthétiques pour voir la détectabilité.

Réponse de meteor le 29/12/2011 à 14h24
par exemple il suffit que tu sois pollué par une petite composante saisonnière en décalage de 4 mois (je ne sais pas pourquoi mais pourquoi pas) pour que tu trouves un maximum de corrélation décalé, sans aucun rapport avec le réchauffement à long terme.
Commentaire n°2 posté par Gilles le 23/12/2011 à 12h15
que la corrélation soit meilleure, ça peut être significatif. Je te dis que c'est le retard de 4 mois qui ne l'est pas. Ca n'a rien de contradictoire. La significativité du délai doit être appréciée par rapport à la largeur du pic, et on ne la voit pas sur ton graphique.
Commentaire n°3 posté par Gilles le 23/12/2011 à 12h13

oui c'est bien ce que tu dis, en effet, mais c'est pas forcément vrai pour autant.

lorsqu'il y a augmentation de température dans la zone enso, la température globale suit avec un écart de 3 mois.

lorsque çà monte dans l'Atlantique nord ce n'est pas le cas et ça suit même la température globale.

Pour info Tamino a trouvé également une faible corrélation et un lien inverse de causalité de 2 mois seulement, mais avec les terres pas les SST,  voir ici

 

"Now the peak correlation is at lag -2 months (again temperature leads AMO) and the difference from the lag 0 correlation is larger. I think this suggests two things. First, it’s yet another reason it may have been better to omit the moving-average filter. Second, the argument against causality from AMO to temperature is stronger. It’s still very weak — but based only on the time series, the argument for causality is even weaker."


Réponse de meteor le 23/12/2011 à 13h23
Meteor, ta courbe de corrélation température-AMO baisse à peine sur l'échelle d'un an, ce qui est normal pour un phénomène de 70 ans ! tu a zoomé sur un maximum, mais il faudrait au moins avoir la largeur à mi-hauteur pour avoir une barre d'erreur, je ne pense pas que les 4 mois soient significatifs, c'est zéro dans les barres d'erreur.
Commentaire n°4 posté par Gilles le 23/12/2011 à 08h49

bof bof, la corrélation est bien meilleure entre l'Atlantique dans son entier et le global qui est à constante de temps encore plus grande.

Ton argument ne tient pas une seconde.

et puis en quoi ai-je zoomé sur un maximum?

Réponse de meteor le 23/12/2011 à 12h09

Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

visiteurs depuis décembre 2007

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés