Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 12:54

 

 

 

Je pense que certains d'entre vous auront été surpris, ou du moins intéressés, par la récente polémique française concernant les gaz de schistes, mettant en exergue, notamment, notre ministre de l'environnement, NKM.

 

Personnellement je dois dire que j'ai un peu débarqué dans cette histoire.

Pour moi la France était un pays très pauvre en hydrocarbures et penser qu'on pouvait envisager une exploitation de gaz dans le sud de la France m'a causé un certain choc.

Du coup je me suis renseigné un peu, c'est très facile avec internet, pour essayer d'en savoir plus sur les réserves potentielles de ce gaz et les techniques d'exploitation envisagées.

Bon je passe sous silence les problèmes environnementaux, sans doute réels et importants,non liés au CO2 dégagé par la combustion de ce gaz.

Ceux qui s'en préoccupent m'excuseront, je l'espère, ce blog étant orienté climat.

 

 

Dans ce cadre les réserves et ressources "brûlables" présentent pour moi un intérêt constant puisqu'elles déterminent la quantité possible de CO2 dans l'atmosphère.

Ce domaine comme on le sait comporte ses sceptiques, à savoir ceux qui pensent, de manière sincère, ou non, que les scénarios les plus extrêmes du GIEC ne sont pas possibles.

L'un d'entre eux professait doctement qu'un des scénarios A2 était impossible, voire grotesque, puisqu'il envisageait une consommation de gaz naturel plusieurs fois celle permise par les réserves conventionnelles.

Cet avis, très conservateur, ne témoignait pas d'une grande rigueur scientifique, pour le moins, et on pouvait légitimement  avoir des doutes sur le but qu'il visait.

 

Je n'ai pas la prétention, pour ma part, de décider si les dizaines de milliers de gigatonnes de carbone fossile seront ou non exploitées (je sais pas lire dans les noyaux des galaxies, moi) mais je voulais apporter ce petit élément supplémentaire qui me semble aller, hélas, vers une disponibilité bien plus grande que notre conservatisme actuel pourrait le faire croire, en carbone fossile, et "accessoirement" en CO2 potentiel dans l'atmosphère.

 

Je me suis basé sur un seul site, l'IFP (Institut Français du Pétrole) très connu parmi ceux qui s'intéressent à cette problématique.

Je connais par expérience professionnelle, bien que n'étant pas dans le pétrole, le sérieux de cet organisme de recherche, mais bien entendu, d'autres sources seraient souhaitables.

 

Selon cet organisme donc, les réserves mondiales de ce gaz seraient 4 fois plus grandes que les réserves actuelles en gaz conventionnel soit:

 4*127 = 508Gt. (source BP pour le conventionnel)

Ce qui porterait ces réserves totales à 635 Gt.

Bien entendu on ne sait pas dire si on pourra tout exploiter pour couvrir les besoins en gaz du scénario A2 (ASF).

 

Chiffrons cependant.

Le Scénario A2 ASF prévoit 22.2 ZJ (1021J) cumulés entre 2010 et 2100.

Les 635 Gt représentent, si je calcule bien, 26.6 ZJ et couvriraient donc les besoins, en gaz, d'un des scénarios présentés comme délirants par les adeptes d'un pic énergétique imminent.

 

Ce gaz de schiste n'est pas une chimère, comme pourrait l'être par exemple le gaz issus des hydrates de méthane océaniques (quoiqu'il y aurait sans doute à dire aussi là-dessus)
Les extractions se multiplient un peu partout dans le monde et il représenterait déjà 12% de la production de gaz des USA.

Le fait qu'on l'envisage pour la France, témoigne à mon sens que les possibilités sont réelles.

 

 

La technique semble présenter cependant des conséquences pour l'environnement.

 

En gros (vous lirez ça sur le site de l'IFP) il s'agit de réaliser des forages à 1000-3000 m en partant à l'horizontale ensuite.

 

  hydrofracking

(image IFP)

 

On injecte alors de l'eau qui va fracturer la roche (c'est l'hydrofrakking ou hydrofracture) pour libérer le méthane et repomper ensuite l'eau chargée de méthane.

Ce sont les améliorations techniques, notamment les forages horizontaux, qui permettent une exploitation finalement assez peu coûteuse de ces gisements plutôt dilués.

 

une petite vidéo pour mieux comprendre le principe:

 

 

 

 

 

Loin de moi bien entendu de prendre parti pour cette nouvelle technique d'exploitation ou pour le principe même de l'extraction de nouvelles ressources de carbone fossile.

 

Mais mon but est de mettre en garde contre certaines sirènes sceptiques qui instillent constamment le doute sur les possibilités réelles d'atteindre les scénarios d'émissions les plus pessimistes du GIEC.

Et donc, par voie de conséquence, des augmentations de température pour la fin du siècle et les siècles suivants réellement dangereuses (plus de 4°C en global, plus de 6°C en France, plus de 10°C en Arctique)  pour la planète et ses habitants.

 

Il est important de signaler que le gaz naturel, à énergie délivrée égale, émet 66% de la quantité de CO2 émise par la même masse de charbon.

Il est donc considéré, comparativement au charbon, comme une énergie "propre" et dans le contexte de consommation d'énergie fossile, son emploi serait à encourager plutôt que celui du charbon.

En sachant toutefois que la combustion de 700 Gt de gaz naturel met dans l'atmosphère une quantité de CO2 équivalente à celle qui y est déjà présente.

 

 

 

PS: les réserves de carbone fossile et notamment de gaz naturel sont assez difficiles à quantifier, évidemment.

Concernant le gaz naturel conventionnel et non-conventionnel j'ai tout de même un peu de mal à différencier ce qui est dans ces différentes cases étant donné que du non-conventionnel passe en permanence dans le conventionnel.

J'ai trouvé ce document de la BBC qui parle de réserves de gaz naturel qui pourraient ateindre 920 trillions de m3 soit, environ, à 0.8t pour 1000 Nm3, 736Gt de GN.

Il est assez difficile de savoir si les réserves actuelles sont dans ce chiffre mais on est supérieur à l'estimation que je faisais plus haut.

 

le commentaire de l'auteur de l'article est impressionnant:

 

 

'Huge resources'

 

The US achieved the change through a technological breakthrough in which firms found a way of using tiny explosions to free gas previously trapped in a common rock - shale.

Miss Corbeau said other nations were now rushing to replicate the US success by exploiting gas currently trapped in various types of rock where it was thought to be impossible to access.

She said conventional natural gas supplies were assured for 60 years - with maybe a further 60 years if engineers could get to other supplies.

She admitted there is great uncertainly about how much unconventional gas is possible to exploit, but said the best estimate is that new sources will stretch gas supplies to 250 years at current levels.

"The resources are really huge," she said.

"We probably have 920 trillion cubic metres - that is more than 300 times the current annual demand for gas.

"Not all of this will be recoverable, but any country that develops new gas supplies will have a global impact on gas availability and price, as gas markets are all inter-connected."

Par meteor - Publié dans : ENERGIE - Voir les 17 commentaires
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