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Je pense que certains d'entre vous auront été surpris, ou du moins intéressés, par la récente polémique française concernant les gaz de schistes, mettant en exergue, notamment, notre ministre de l'environnement, NKM.
Personnellement je dois dire que j'ai un peu débarqué dans cette histoire.
Pour moi la France était un pays très pauvre en hydrocarbures et penser qu'on pouvait envisager une exploitation de gaz dans le sud de la France m'a causé un certain choc.
Du coup je me suis renseigné un peu, c'est très facile avec internet, pour essayer d'en savoir plus sur les réserves potentielles de ce gaz et les techniques d'exploitation envisagées.
Bon je passe sous silence les problèmes environnementaux, sans doute réels et importants,non liés au CO2 dégagé par la combustion de ce gaz.
Ceux qui s'en préoccupent m'excuseront, je l'espère, ce blog étant orienté climat.
Dans ce cadre les réserves et ressources "brûlables" présentent pour moi un intérêt constant puisqu'elles déterminent la quantité possible de CO2 dans l'atmosphère.
Ce domaine comme on le sait comporte ses sceptiques, à savoir ceux qui pensent, de manière sincère, ou non, que les scénarios les plus extrêmes du GIEC ne sont pas possibles.
L'un d'entre eux professait doctement qu'un des scénarios A2 était impossible, voire grotesque, puisqu'il envisageait une consommation de gaz naturel plusieurs fois celle permise par les réserves conventionnelles.
Cet avis, très conservateur, ne témoignait pas d'une grande rigueur scientifique, pour le moins, et on pouvait légitimement avoir des doutes sur le but qu'il visait.
Je n'ai pas la prétention, pour ma part, de décider si les dizaines de milliers de gigatonnes de carbone fossile seront ou non exploitées (je sais pas lire dans les noyaux des galaxies, moi) mais je voulais apporter ce petit élément supplémentaire qui me semble aller, hélas, vers une disponibilité bien plus grande que notre conservatisme actuel pourrait le faire croire, en carbone fossile, et "accessoirement" en CO2 potentiel dans l'atmosphère.
Je me suis basé sur un seul site, l'IFP (Institut Français du Pétrole) très connu parmi ceux qui s'intéressent à cette problématique.
Je connais par expérience professionnelle, bien que n'étant pas dans le pétrole, le sérieux de cet organisme de recherche, mais bien entendu, d'autres sources seraient souhaitables.
Selon cet organisme donc, les réserves mondiales de ce gaz seraient 4 fois plus grandes que les réserves actuelles en gaz conventionnel soit:
4*127 = 508Gt. (source BP pour le conventionnel)
Ce qui porterait ces réserves totales à 635 Gt.
Bien entendu on ne sait pas dire si on pourra tout exploiter pour couvrir les besoins en gaz du scénario A2 (ASF).
Chiffrons cependant.
Le Scénario A2 ASF prévoit 22.2 ZJ (1021J) cumulés entre 2010 et 2100.
Les 635 Gt représentent, si je calcule bien, 26.6 ZJ et couvriraient donc les besoins, en gaz, d'un des scénarios présentés comme délirants par les adeptes d'un pic énergétique imminent.
Ce gaz de schiste n'est pas une chimère, comme pourrait l'être par exemple le gaz issus des hydrates de méthane océaniques (quoiqu'il y aurait sans doute à dire aussi là-dessus)
Les extractions se multiplient un peu partout dans le monde et il représenterait déjà 12% de la production de gaz des USA.
Le fait qu'on l'envisage pour la France, témoigne à mon sens que les possibilités sont réelles.
La technique semble présenter cependant des conséquences pour l'environnement.
En gros (vous lirez ça sur le site de l'IFP) il s'agit de réaliser des forages à 1000-3000 m en partant à l'horizontale ensuite.
(image IFP)
On injecte alors de l'eau qui va fracturer la roche (c'est l'hydrofrakking ou hydrofracture) pour libérer le méthane et repomper ensuite l'eau chargée de méthane.
Ce sont les améliorations techniques, notamment les forages horizontaux, qui permettent une exploitation finalement assez peu coûteuse de ces gisements plutôt dilués.
une petite vidéo pour mieux comprendre le principe:
Loin de moi bien entendu de prendre parti pour cette nouvelle technique d'exploitation ou pour le principe même de l'extraction de nouvelles ressources de carbone fossile.
Mais mon but est de mettre en garde contre certaines sirènes sceptiques qui instillent constamment le doute sur les possibilités réelles d'atteindre les scénarios d'émissions les plus pessimistes du GIEC.
Et donc, par voie de conséquence, des augmentations de température pour la fin du siècle et les siècles suivants réellement dangereuses (plus de 4°C en global, plus de 6°C en France, plus de 10°C en Arctique) pour la planète et ses habitants.
Il est important de signaler que le gaz naturel, à énergie délivrée égale, émet 66% de la quantité de CO2 émise par la même masse de charbon.
Il est donc considéré, comparativement au charbon, comme une énergie "propre" et dans le contexte de consommation d'énergie fossile, son emploi serait à encourager plutôt que celui du charbon.
En sachant toutefois que la combustion de 700 Gt de gaz naturel met dans l'atmosphère une quantité de CO2 équivalente à celle qui y est déjà présente.
PS: les réserves de carbone fossile et notamment de gaz naturel sont assez difficiles à quantifier, évidemment.
Concernant le gaz naturel conventionnel et non-conventionnel j'ai tout de même un peu de mal à différencier ce qui est dans ces différentes cases étant donné que du non-conventionnel passe en permanence dans le conventionnel.
J'ai trouvé ce document de la BBC qui parle de réserves de gaz naturel qui pourraient ateindre 920 trillions de m3 soit, environ, à 0.8t pour 1000 Nm3, 736Gt de GN.
Il est assez difficile de savoir si les réserves actuelles sont dans ce chiffre mais on est supérieur à l'estimation que je faisais plus haut.
le commentaire de l'auteur de l'article est impressionnant:
'Huge resources'
The US achieved the change through a technological breakthrough in which firms found a way of using tiny explosions to free gas previously trapped in a common rock - shale.
Miss Corbeau said other nations were now rushing to replicate the US success by exploiting gas currently trapped in various types of rock where it was thought to be impossible to access.
She said conventional natural gas supplies were assured for 60 years - with maybe a further 60 years if engineers could get to other supplies.
She admitted there is great uncertainly about how much unconventional gas is possible to exploit, but said the best estimate is that new sources will stretch gas supplies to 250 years at current levels.
"The resources are really huge," she said.
"We probably have 920 trillion cubic metres - that is more than 300 times the current annual demand for gas.
"Not all of this will be recoverable, but any country that develops new gas supplies will have a global impact on gas availability and price, as gas markets are all inter-connected."
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"Comparons le prix du pétrole et du blé au PIB chinois, sous forme d’indices. Les courbes montrent une corrélation évidente (graphique n° 1)."
Désolé mais la corrélation n'a absolument rien d'évidente !
1980-2000 : le pib chinois monte, le prix du pétrole diminue, tout comme le blé et l'or qui diminuent/stagnent
2000-2008 : là ça marche
2008-2010 : ok pour l'or, pas du tout pour baril et blé.
Si il fait un test de corrélation, ça m'étonnerait qu'il trouve des corrélations évidentes !
http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/finance-marches/221133202/lor-baril-ble-et-chine
On voit qu'en dehors de la volatilité spéculative ou de l'effet de crise, le prix du baril est corrélé depuis une quinzaine d'années à la croissance chinoise (à celle des émergents en général). L'auteur remarque : "La croissance du PIB chinois, tout comme celle des autres pays émergents, ne peut se faire sans une plus grande consommation d’énergie. Les chiffres de BP et de l'AIE le confirment – l'augmentation de consommation de pétrole ces dernières années vient pour l’essentiel de ces pays. Cela pèse sur les prix puisque dans le même temps la capacité de production est restée sensiblement la même"
Donc, on ne voit guère comment les scénarios à très haute croissance sur plusieurs décennies pourraient se réaliser sans un baril dont le prix explose (emportant avec lui celui des autres énergies fossiles et du nucléaire), sans compter les matières premières. L'existence de réserves est une chose – il y en a en fait partout, de l'énergie –, mais en économie des ressources naturelles, la mesure de rareté ne dépend pas que de l'approche géologique.
"Donc, on ne voit guère comment les scénarios à très haute croissance sur plusieurs décennies pourraient se réaliser sans un baril dont le prix explose (emportant avec lui celui des autres énergies fossiles et du nucléaire), sans compter les matières premières. L'existence de réserves est une chose – il y en a en fait partout, de l'énergie –, mais en économie des ressources naturelles, la mesure de rareté ne dépend pas que de l'approche géologique."
Le "donc" n'a aucune justification chiffrée.
C'est pareil d'ailleurs pour les réflexions toujours aussi orientées du picoliste de service.
Parler de conditions économiques ou financières de l'extraction des ressources sans envisager l'évolution technique est ridicule.
Un peu comme si on voulait calculer le prix de l'extraction du pétrole off-shore au moyen-âge.
Je pense que toutes les ressources en or de la planète n'auraient pas suffi à extraire un seul barril off-shore, d'où un prix de revient off-shore infini.
Donc vos croissances exponentielles de coût pour les scénarios les plus durs du GIEC sont complètement à côté de la plaque pour ne pas dire farfelues.
Le gaz de schiste constitue bien une réserve tout à fait exploitable, à un coût actuel à la limite du conventionnel, permettant de réaliser le scénario A2 ASF, n'en déplaise aux sceptiques.
quant au fameux barril de pétrole on se reportera à l'excellent site de Jancovici à ce sujet.
Cela vaudra mieux que tout ce verbiage insipide.
Pour la fameuse exponentielle un des graphiques est assez révélateur, puisqu'il travaille à PIB et dollars constants.
Le prix du baril brut est certes un peu plus élevé que la moyenne depuis 1950 mais il est sensiblement égal à celui de 1950.
en proportion du PIB la facture énergétique de la France en 2008, pourtant une mauvaise année, était inférieure à celle de 1979.
donc merci de ne pas polluer ce blog avec les picoilniaiseries habituelles.
Eh oui, café du commerce, sauf que l'on choisit le thème et le niveau souhaités pour discuter.
Des "millions" sur un site, non bien sûr, ce sont des dizaines ou centaines au mieux. Il reste qu'en agrégé, c'est devenu un média à part entière. D'ailleurs, les thèmes comme le climat (pour revenir au sujet de Meteor et ne pas divaguer en son absence) le montrent assez bien : le GIEC a commencé à l'époque des "vieux média" (journaux-radio-télé) et il continue avec un poids croissant d'Internet depuis l'AR3 de 2001. Comme souvent, les opinions minoritaires sont plus présentes sur le net qu'à la télé ou ailleurs (en France, mais je crois qu'aux Etats-Unis de gros médias sont ouvertement sceptiques).
Une polémique comme "la crosse de hockey" est impensable sans le net : jamais Europe 1, TF1 ou un grand quotidien n'auraient parlé de cela, au mieux un article dans Le Monde en cinq ans. Sur Internet, c'est devenu une incroyable bataille, un symbole, disproportionné aux publications scientifiques. Tout cela ne concerne pas la science bien sûr, mais c'est intéressant à observer pour l'histoire des mentalités.
quant à la Grêce antique, est ce que tout le monde était citoyen? Non! il s'agissait d'un "club" relativement restreint. C'est donc pas très pertinent en fait.
En fait, je suis d'accord avec toi pour dire que l'avis de mon voisin a autant de poids que le mien quand il s'agit de prendre une décision politique, par contre, s'il ne connaît rien à la physique, il va rapidement dire des âneries sur un sujet comme celui qui nous occupe.
Et si des soit disant scientifiques viennent invoquer une fausse rigueur pour pinailler sur les queues de poire, il sera complètement paumé.
Mais il ne vient pas sur les forums où seuls se retrouvent finalement une bande très restreinte de types qui se croient sans doute des millions.
Tu as mille fois raison: c'est le café du commerce et une discussion sans fin entre habitués du comptoir.
Et puis que la parole citoyenne de base ne soit plus confisquée par des autorités établies ou des médias riches, ben cela ne peut pas être une mauvaise chose, je n'en démords pas. On lit des horreurs, mais ces horreurs existaient dans l'esprit ds gens, c'est mieux quand elles s'expriment car cela permet de les identifier et de les combattre par la raison.
Reste le risque du relativisme généralisé (tout vaut tout, l'opinion d'un physicien et d'un sportif ont la même valeur sur le climat, etc.), mais là c'est le rôle de l'éducation publique de former de bons esprits... un vaste débat...
Bref, dans la Grèce antique, chaque citoyen pouvait venir à l'agora s'exprimer, il était l'égal d'un autre devant la loi, non pas dans la qualité de son expression, mais dans sa possibilité même. Les blogs et forums, c'est un peu pareil, et ce sont les lecteurs qui tranchent en lisant ce qu'écrivent les uns et les autres. Cela ne produit pas de la vérité comme la science (vérité provisoire), cela produit juste de l'échange, du brassage.
On croirait que sur ce point, il ne devrait pas y avoir de quoi polémiquer!"
si on est d'accord alors il n'y a pas de polémique à avoir ! j'ai juste fait une remarque sur la viabilité des projets de shale gas, où est la "polémique" ?
ceci dit tant mieux si c'est une évidence : mais connais-tu un scénario du SRES qui décrive explicitement des difficultés économiques causées par la raréfaction des fossiles?
mais c'est peut être ce genre de question que tu appelles des polémiques inutiles ?
Tu fais joujoux sur quelques forums et tu appelles ça "défendre des idées"?
Ca me rappelle certains politiques entourés de leur petite cour ridicule et qui s'imaginent être importants. ou La grenouille et le boeuf aussi.
Quant à moi, sur FS, je n'avais pas la prétention de "défendre quoi que ce soit", je continuais un peu mon boulot de prof tout simplement mais certains ne cherchent qu'une chose: la polémique.
Ils aiment tellement ça qu'ils sont incapables de s'arrêter.
Un exemple : on est tous d'accord sur le fait que le risque climatique n'est qu'un parmi d'autres et que la raréfaction de l'énergie fossile est sans doute plus dangereuse potentiellement.
On croirait que sur ce point, il ne devrait pas y avoir de quoi polémiquer!
Ben si, faut que tu la ramènes encore et encore
C'est pas un peu prétentieux, ça? Tu défends ça où?"
ben Sirius, tu ne lis plus attentivement Futurasciences ? ce que c'est que de se mettre volontairement au chomage technique, on perd la main ....
http://forums.futura-sciences.com/debats-scientifiques/287895-meilleure-strategie-limiter-ges.html
http://forums.futura-sciences.com/debats-scientifiques/437605-interdiction-hydrates-de-methane.html
pour ce qui est de publier scientifiquement, ce n'est pas parce que je considère que l'état actuel des connaissances n'est pas suffisant pour trancher de manière certaine sur l'évolution du climat que ça me donne une théorie personnelle fiable pour le faire ! c'est justement pour moi une marque de respect du travail des climatologues de ne pas prétendre le faire à leur place - il n'y a juste aucune loi qui oblige à avoir une connaissance précise des choses, je fais juste remarquer cette incertitude, ça ne remplace pas le travail scientifique et ça ne le dénigre pas non plus. Ca le remet juste à la bonne place.
C'est pas un peu prétentieux, ça? Tu défends ça où?
C'est comme tes interventions soit disant scientifiques sur le climat, surtout éviter de le faire dans les milieux compétents, cad chez tes pairs.
Au moins Courtillo et Le Mouel se sont mouillés, eux!
Concernant le gaz de schistes : c'est pareil que le gaz naturel, c'est du méthane, la combustion est la même, mais c'est beaucoup plus cher à produire. La production s'est développée aux Etats unis grâce à la flambée des prix du gaz naturel par l"épuisement du conventionnel.
Petit bug: du coup le prix s'est à nouveau effondré... et le gaz de schistes est devenu non rentable. Les gisements ouverts donnent à plein actuellement, mais il n'est pas dit du tout que ça dure longtemps. Et si il y a pas mal d'investisseurs floués qui ne rentrent pas dans leur bénéfices, ça va peut etre pas les encourager à recommencer.
Ca illustre très bien la différence entre dire "on a plein de réserves", et "on peut croitre la production". Ca me parait très prématuré de dire que ça va permettre de faire croitre la production bien au-dessus des réserves conventionnelles. des reserves de pétrole non conventionnel, on en a aussi pour des siècles : ben n'empeche que la production pédale dans le yaourt.
Donc je maintiens que les scénarios du GIEC sont éxagérément optimistes -et en tout état de cause pour la plupart non fondés sur de quelconques lois économiques avérées, ce sont juste des "storylines", des "what if", bref de la science fiction (qui n'est d'ailleurs pas nécessairement fausse - elle n'a juste pas de solides fondements).
Attendons quelques années pour juger de la production de non-conventionnels, et surtout, de l'impact de la dépletion de conventionnels sur l'économie. On en reparlera après ....
http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/295827/climat-le-gaz-de-schiste-serait-aussi-polluant-que-le-charbon
la combustion serait moins émettrice pour le gaz de schiste que pour l'essence, le diesel ou le charbon, mais il n'en pas de même si l'on intègre l'ensemble du processus du production (notamment les inévitables fuites).
c'est sûr que les fuites de méthane c'est pas top.
Je ne connais pas ces "shale gas" non plus. Sont-ils comparables au gaz conventionnel pour la teneur en carbone?
il semble que leurs compositions soit comparables.
les chiffres donnés sont en équivalent gaz nat qui doit lui-même être un étalon moyen des différentes qualités.(c'est environ 10 kwh/Nm3)