Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 13:08

 

 

image forêt

 

 

 

Selon cette étude, sous un scénario d'émissions A2, la forêt amazonienne orientale pourrait se transformer, à la fin du siècle, en forêt saisonnière ou en savane, suivant l'augmentation de la température et la décroissance des précipitations pendant la saison sèche.

 

Mais, si l'on tient compte d'un effet optimal de fertilisation du CO2, le changement serait beaucoup plus faible…

 

 

 

ce que j'en pense

 

 

Ce n'est certes pas une découverte que plus il fait chaud et sec et plus la végétation dépérit.

 

Par contre, l'intérêt de cette étude est de montrer que le CO2 pourrait avoir un rôle de fertilisant tel qu'il compenserait, dans une efficacité optimale, une très grande partie de l'effet du au changement climatique.

 

Le scénario A2, qualifié de "dur", présuppose la combustion de carbone fossile bien au-delà des réserves prouvées.


On peut donc supposer que le "scénario réel", la température globale et les effets sur la forêt amazonienne seront plus faibles qu'envisagés plus haut, d'autant que la compensation par fertilisation interviendra toujours.

 

Sur un plan plus général, l'alternance d'études optimistes et pessimistes concernant l'Amazonie devient un peu difficile à suivre et augmente la confusion sur les conséquences éventuellement graves d'un réchauffement climatique lui-même d'amplitude très mal estimée (incertitudes climatique et scénarios).

 

à suivre…

Par meteor - Publié dans : conséquences de l'évolution climatique - Voir les 7 commentaires
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Commentaires

Hmm... un rapide coup d'oeil sur les citations que tu indiques du rapport de Copenhague me donne l'impression qu'elles ne supportent pas trop leur phrase sur les 80%... Salazar et al. 2007 par ex (les memes que le papier que tu comentes dans ce post... et en utilisant le même modele que dans ce papier, mais sans effet Co2) rapporte -18% en 2100 pour un scenraio A2.
Vizy et Cook y a qu'un seul modèle, donc bon, et Scholze ya plein de modèles, ils font pleins de probas intermodeles et je retrouve aps trop leur chiffre pour l'amazonie... Bref m'est avis qu'ils forcent un peu le trait à Copenhague.
CEla dit Scholze et al. ils utilisent le modèle de biosphère LPJ, ce qui d'un point de vue des processus est peut-être (peut-être...) plus réaliste qu'un modèle de biome comme Salazar.

Le point, c'est que dans le papier de Salazar et al (2010), celui de ce post donc, ils détaillent pas trop leur modèle de biome (normal dans un GRL, pi le modèle est déjà publié..) ni comment l'effet du CO2 est pris en compte, ni si c'est particulièrement valide et en particulier plus valide que dans d'autres études... pasque l'effet du CO2 dans les Tropiques il est notoirement incertain voire inconnu... donc c'est pas "en prenant en compte l'effet du CO2", c'est presque plutot "en imaginant que l'effet du CO2 vaut tant"... notamment si tu suis les citations qu'ils donnent, tu tombes par exemple sur Lapola et al 2009 "Exploring the range of climate biome projections for tropical South America: The role of CO2 fertilization and seasonality", qui ont fait sensiblement voire exactement le meme boulot avec le meme modele, mais publié dans GBC... et avec les memes résultats, qui indiquent:" Therefore, in view of the current still large uncertainties associated with the long-term (>3 decades to centuries) response of tropical ecosystems to increased [CO2], one should consider the biome projections originated from different assumptions on the CO2 fertilization effect shown here as equally probable." et qu'il serait urgent de mieux cerner expérimentalement l'effet CO2 dans les Tropiques (pas de FACE sous les Tropiques).

Cela dit effectivement cette étude, sans être plus crédible que d'autre, vient augementer l'incertitude sur l'avenir de l'amazonie sous changement climatique (et sans prendre en compte la déforestation, qui va qd meme bcp jouer aussi certainement).
Commentaire n°1 posté par ICE le 17/09/2010 à 10h08

merci, c'est clair.

 

Réponse de meteor le 17/09/2010 à 10h37
"c'est toujours embêtant les peer-review mystiques qui vont pas dans le bon sens..."

c'est pas pas que ca n'aille pas "dans le bon sens" qui est gênant (sous-entendu le bon sens c'est l'effondrement de l'Amazonie... le "bon" est relatif...). D'ailleurs, faut pas pousser, en dehors des anglais (Cox et al.2004) dont le modeles climat-carbone est clairement un outlier (cf Friedlingstein et al. 2006) je crois pas que beaucoup de monde prédise, hors déforestation, un effondrement imminent et généralisé de l'amazonie. Faudrait relire ce que dit l'IPCC ou des papiers de review la dessus mais bon.

Ce qui est génant ici c'est juste la méthode c'est tout.
QUi plus est ce sont des projections découplées - or à l'échelle régionale sur un système comme l'amazonie il faut prendre en compte les rétroactions surface-atmosphère (ils le disent dans le papier bien sûr, ils ont juste pas pu faire autrement).
Commentaire n°2 posté par ICE le 16/09/2010 à 10h47

je ne sais pas qui a parlé d'effondrement imminent.

 

si je cite le diag de Copenhague (émanation updatée de l'AR4) au sujet des tipping points:

 

 

"Amazonie: La forêt amazonienne a subi une sécheresse généralisée en 2005, ce qui a fait passer la région de puits à source (0,6 à 0,8 Gt de carbone par an) de carbone (Phillips et al. 2009).

Si l'allongement de la saison sèche par forçage anthropique se  poursuit (Vecchi et al. 2006), et si les sécheresses sont plus fréquentes et graves (Cox et al. 2008), le système pourrait atteindre un point de bascule entraînant le dépérissement de 80% de la forêt tropicale (Cox et al. 2004; Scholze et al. 2006; Salazar et al. 2007; Cook et Vizy 2008), et son remplacement par la savane.

Cela pourrait prendre quelques décennies, aurait une réversibilité faible, de grandes répercussions régionales, et des effets induits loin de la zone.

Un dépérissement généralisé est attendu si l'augmentation de température dépasse 4°C (Kriegler 2009), et il pourrait être engagé à une température globale inférieure, bien avant qu'il commence à être observé (Jones et al. 2009)."

 

 

 

il y a plus que Cox et al 2004 comme études pessimistes.

 

J'ai cité cette étude récente car il y avait la mention d'un "sauvetage" de la situation par le CO2 lui-même.

Bon je n'ai pas accès malheureusement au détail et je ne serais sans doute pas capable de déterminer si l'utilisation du CO2 par les auteurs est, sans parler de mystique, fantaisiste ou erronée, mais j'aimerais bien qu'on me dise, à très grands traits, pourquoi.

Réponse de meteor le 16/09/2010 à 11h50
Les climatologues ne sont même pas fichus de savoir si la température de la Terre est 12°C ou 17°C (cf http://www-pcmdi.llnl.gov/projects/cmip/overview_ms/control_tseries.pdf) donc ce que tu penses n'a pas d'importance, surtout quand c'est clairement FAUX.
Bien tenté Gilles, put new coin, try again.
Commentaire n°3 posté par miniTAX le 15/09/2010 à 18h05

miniTax c'est le résultat de modèles que tu montres, là.

ceci dit, cela pose le problème des paramétrisations et notamment des conditions initiales.

quand on fait tourner un modèle, en principe, il faut rentrer les conditions initiales.

Celles-ci sont elles les mêmes pour chaque modèle?

ça m'étonnerait qu'on parte d'une Terre à 0 K et qu'on regarde ce qui se passe quand on allume le soleil, on atteindrait plutôt -60°C ou quelque chose comme ça.

D'après ton graphe ça a l'air assez patent.

ceci dit c'est plutôt bizarre qu'on ait une telle dispersion...

 

Réponse de meteor le 15/09/2010 à 18h28
miniTax, ce que je dis du PO est tiré de ce que je pense etre connu, pas de ce que je pense etre inconnu (en particulier le nombre de pays ayant dépassé leur pic de production, qui est mesuré et établi, et l'évolution récente de la production et du prix). Mais c'est un tout autre débat.
The Fritz : je pense que les climatologues ont bien établi les bases de la machine climatique... disons à 0.5°C près ce qui n'est pas mal du tout :-D
Commentaire n°4 posté par Gilles le 14/09/2010 à 07h50
Gilles : "*moins* on sait de choses sur un système, et *plus* on a d'arguments pour dire précisément ce qu'il faut faire !"
------------------------------

Venant du picquiste Gilles, ça ne manque pas de peakquant.
Commentaire n°5 posté par miniTAX le 13/09/2010 à 22h05
ça parait un peu général. En fait toute étude sur les conséquences de l'émission du CO2 sur les société humaines repose sur une série d'échelons successifs dont chacun a des barres d'erreurs de l'ordre d'un facteur 2 ou 3 !

* le montant total des fossiles brulés (facteur 2 ou 3 suivant les scénarios)-> CO2 émis
* les capacités d'absorption naturelle facteur facteur ?? -> CO2 résiduel
* la sensibilité climatique (facteur 2 environ)-> T moyen
* l'influence de T moyen sur les écosystèmes (forets, glaciers).... (dont cette étude) -> facteur variable mais grand !
* l'influence de la modification des ecosystèmes sur les sociétés humaines , et leur capacité d'adaptation future (surtout compte tenu du fait qu'une croissance de 2% par an finit par multiplier par 10 la richesse mondiale en 100 ans et assurerait au monde entier, EN MOYENNE, la richesse des américains actuels, ce qui rend assez idiots de pleurer sur les pauvres bengalis et africains, qui ne seront plus pauvres du tout , puisqu'il faut bien que quelqu'un les brule, ces satanés fossiles en plus non?) -> facteur encore plus incertain

bon bref quand on multilplie 2 *2 *beaucoup*on sait pas*on sait encore moins , on aboutit à une marge d'erreur qui est essentiellement inconnue mais grande.


ce qui a un avantage certain pour la démonstration : MOINS on sait de choses, PLUS la probabilité que la situation soit plus grave que prévue est grande , puisque l'intervalle d'incertitude s'agrandit d'autant !

pour peu qu'il s'agrandisse tellement pour qu'il implique une éventualité catastrophique dont le cout est tellement énorme (genre disparition de l'humanité) qu'il peut etre considéré comme infini (donc qu'il faut éviter à n'importe quel prix), alors là, c'est le jackpot :

puisque l'infini multiplié par une probabilité finie ça fait toujours un coût infini, donc il faut *absolument* éviter ça, bien sur !

d'où la conclusion imparable :*moins* on sait de choses sur un système, et *plus* on a d'arguments pour dire précisément ce qu'il faut faire !

ou pas ..?
Commentaire n°6 posté par Gilles le 13/09/2010 à 18h18
mouais.... sauf que c'est pas mal mystique justement dans le papier comment ils prennent en compte l'effet du CO2 sur leur modèle de biomes...
Commentaire n°7 posté par ICE le 13/09/2010 à 18h00

c'est toujours embêtant les peer-review mystiques qui vont pas dans le bon sens...

Réponse de meteor le 15/09/2010 à 09h31

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