Partager l'article ! émissions récentes de SO2 et influence sur la température globale: Le SO2, ou dioxyde de so ...
Le SO2, ou dioxyde de soufre, est un précurseur des aérosols à base d'acide sulfurique.
Ces aérosols constituent des noyaux de nucléation (CCN) des microgouttelettes d'eau qui constituent les nuages.
En eux-mêmes (effet direct) et par leur action sur les nuages (effet indirect) ils entraînent une diffusion de la lumière solaire.
En conséquence une augmentation de leur teneur provoque un forçage radiatif négatif qui a tendance à faire baisser la température de la surface.
Ces aérosols ne dépassent pas les limites de la troposphère et leur durée de vie est plutôt faible (quelques semaines).
Leur solubilité extrême dans les précipitations explique cette courte durée de vie.
Si la teneur en CO2 augmente progressivement dans l'atmosphère, ce n'est donc pas le cas pour les aérosols.
Leur concentration reflète donc fidèlement leurs émissions.
Le SO2 provient principalement de l'oxydation de composés soufrés contenus dans les minerais et surtout dans les carburants fossiles.
On peut donc déterminer les émissions de SO2 si on connaît les consommations de pétrole, gaz et charbon ainsi que d'autres sources comme l'industrie papetière, l'extraction des métaux, etc.
Dans ce cadre je vous invite à lire anthropogenic sulfur dioxyde emissions (1850-2005) qui constitue la base de données la plus récente, à ma connaissance, des émissions régionales et globales de SO2.
J'ai été particulièrement intéressé par deux graphiques.
Le premier nous donne les émissions globales depuis 1850.
(extrait article en lien)
On peut constater la très forte hausse à partir des années 1950 (explosion de la consommation de carbone fossile) la baisse à partir des années 1980 et, ce qui est nouveau, la hausse récente de 2000 à 2005.
Lorsque l'on regarde régionalement, l'origine géographique (Chine, Inde, PED) de cette dernière hausse est évidente.
(extrait article en lien)
estimation de l'influence sur la température globale
Les aérosols sulfatés ont une importance locale mais leur influence sur la température globale est assez évidente.
Dans ce qui suit, j'ai utilisé un facteur de conversion basé sur les bases de données de forçage de NASA-GISS.
Il ne s'agit pas d'une valeur précise bien entendu, mais le but est de donner un ordre de grandeur.
Tout d'abord voici le forçage anthropique résultant des émissions de GES et des aérosols.
J'ai tracé deux courbes, l'une avec l'inversion de 2000, l'autre comme si la baisse avait continué après 2000.
J'ai de plus extrapolé jusqu'en 2008, puisque, à ma connaissance, aucune rupture de croissance économique ni aucun changement technique notable dans le domaine de l'énergie, ne sont intervenus dans le monde entre 2005 et 2008 et j'ai donc supposé que les émissions avaient continué à progresser en Chine et en Inde principalement.
La différence de forçage en 2008 est de -25% de la variation depuis 1880.
Concernant l'influence sur la température j'ai utilisé le "modèle maison".
La reconstruction donne ce graphique de la température avec et sans inversion de la tendance des aérosols sulfatés en 2000.
Le fait que la tendance se soit inversée à partir de 2000 provoque une diminution de température qui atteint 0.09°C en 2008.
Conclusion
Plusieurs approximations ont été faites, à commencer par la valeur du facteur de conversion émissions/teneur.
Il en est de même de la considération du caractère global plutôt que régional des émissions d'aérosols.
Cependant, même si la valeur exacte de l'influence globale ne peut être connue, elle va bien dans le sens inverse de celle des gaz à effet de serre.
La période récente, en plus d'une activité solaire en forte baisse depuis 2003, subit donc très certainement l'effet refroidissant du à l'augmentation des émissions d'aérosols sulfatés.
En conséquence, on se gardera encore d'avantage du chant de certaines sirènes voulant nous faire croire que le réchauffement anthropique et en particulier l'influence des émissions de gaz à effet de serre anthropiques, sont une illusion, ou pire, une immense tricherie.
Simplement, comme je le répète ici assez souvent, la variabilité naturelle, et les aérosols anthropiques, peuvent masquer pendant certaines périodes un réchauffement toujours bien présent.
Ce fait peut nous amener à redouter le moment où tout va partir dans le même sens.
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