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(orages au dessus du Brésil-photo NASA)
Les propriétés radiatives des micro gouttelettes d'eau liquide (ou de glace), contenues dans les nuages, leur confèrent des propriétés de diffusion et d'absorption du rayonnement électromagnétique très puissantes.
diffusion du rayonnement solaire incident
La diffusion de la lumière visible qui rencontre les gouttelettes entraîne la réflexion d'une partie significative du rayonnement solaire visible, vers l'espace.
Ce phénomène est à l'origine de l'albédo des nuages qui représente une part importante de l'albédo total terrestre.
La valeur de 0.31 de ce dernier signifie que 31% du rayonnement solaire incident est réfléchi vers l'espace, soit un flux de 106 W/m2.
La part des nuages dans ce flux réfléchi varie selon les auteurs.
de 48W/m2 (Liou ) à 69 W/m2 (Salby) en passant par 79 W/m2 pour atmosphère+nuages (Trenberth).
absorption du rayonnement infrarouge terrestre
L'eau liquide ou solide absorbe fortement le rayonnement IR terrestre.
En conséquence les nuages ont une épaisseur optique généralement très importante et donc une émissivité IR voisine de 1.
Seuls les nuages de glace, très ténus, de la haute troposphère (cirrus par exemple) ont une émissivité, tout de même non négligeable, de l'ordre de 0.5.
détermination du forçage radiatif de différents types de nuages
Nous calculons le forçage en comparant les flux nets TOA (Top of Atmosphere) avec (Fc) et sans nuages (Fwc), en SW (rayonnement solaire visible) et en LW (rayonnement IR terrestre)
On a :
RFc SW = Fc SW - Fwc SW
et
RFc LW = Fc LW - Fwc LW
RF tot = RFc SW + RFc LW
modèle radiatif simplifié
Nous envisageons ici une atmosphère totalement transparente dans laquelle nous plaçons des nuages de différents types à différentes altitudes.
Nous considérons un gradient vertical de température fixe égal au gradient vertical moyen terrestre soit -6.5K/km.
bilan SW TOA
Lorsque l'on place un nuage d'albédo αc au dessus d'une surface d'albédo αs, le rayonnement visible subit une première réflexion au sommet du nuage tandis que la partie qui le traverse subit une série de réflexions transmissions telles que figurées ci-dessous.
On démontre assez facilement que:
où S = flux solaire incident
bilan LW TOA
on a:
où
σ = constante de Stefan-Boltzmann = 5.67 10-8J.s-1.m-2.K-4
εc = émissivité du nuage
application du modèle à différents types de nuages
Les caractéristiques d'albédo et d'émissivité des nuages sont issues de "An introduction to atmospheric radiation Liou 1999" (AIAR dans la suite de l'article)
les dimensions (hauteur épaisseur) ainsi que les surfaces couvertes sont issues de la littérature disponible à ce sujet, comme par exemple l'ISCCP.
Les résultats sont rassemblés dans le tableau et la figure ci-dessous.
Il apparaît que les nuages bas, à fort albédo et forte émission IR vers l'espace, exercent un forçage fortement négatif, tandis, qu'à l'inverse, les nuages très hauts, comme les cirrus, exercent un forçage fortement positif.(très faible albédo pour une émissivité significative)
Les premiers refroidissent donc fortement la surface alors que les seconds la réchauffent.
Si on pondère les RF totaux par les surfaces on obtient un RF global de -29W/m2 pour une surface totale de 66% de la surface terrestre.
Toutefois, comme les nuages, assez souvent, se recouvrent, la surface réelle couverte de nuages est de l'ordre de 50% et le RF devient -22W/m2, pour une valeur indiquée dans l'AIAR de -17 W/m2.
Notons toutefois qu'il n'a pas été tenu compte du fait que l'atmosphère, en ciel clair, était non transparente aux IR et au rayonnement solaire (absorption UV par O3 et O2, IR par GES et VE, SW par GES et VE) et nous retiendrons donc le principe plutôt que les valeur exactes.
forçages radiatifs s'appliquant sur les nuages et sur la surface
Il est intéressant de connaître la valeur des forçages entre la base et le sommet d'un nuage, ainsi qu'à la surface.
l'exemple ci-dessous permet de se représenter facilement les choses.
Il suffit de soustraire les flux à un endroit donné avec et sans nuage.
Il faut rappeler que le forçage radiatif s'entend comme la variation instantanée de flux toutes choses étant égales par ailleurs c'est-à-dire avant toute modification des paramètres du système (T, pression,etc)
Nous avons choisi un nuage moyennement bas.
Le flux TOA est négatif, ce qui signifie que le système (atmosphère + surface) va se refroidir.
Voyons maintenant ce qui se passe au niveau du nuage.
Le flux net au sommet est très fortement négatif alors qu'à la base il est positif.
On conçoit qu'un tel système soit peu stable et déclenche des mouvements de convection à l'intérieur du nuage lui-même (boucle noire) et à l'extérieur.
Ces mouvements peuvent d'ailleurs entraîner la coalescence des micro gouttelettes et par conséquent des précipitations.
Ils peuvent entraîner aussi un apport d'air sec du dessus du nuage et provoquer la vaporisation des gouttelettes.
Globalement le nuage bas se refroidit, ce qui finit par entraîner une instabilité de l'atmosphère sous le nuage et une évacuation du flux de surface sous forme de convection.
La surface va donc finir par se refroidir également.
Un nuage très élevé, par contre, se réchauffe, et les micro cristaux de glace qui le composent finissent par se sublimer, ce qui raccourcit la durée de vie de ce genre de nuage.
Tout cela est bien sûr plus complexe et nous n'irons pas plus loin dans les conséquences de ces forçages.
Rappelons simplement que, lorsqu'il y a un forçage TOA de +/-100 W/m2 par exemple, il faut que la température du système monte/baisse de plusieurs dizaines de degrés pour avoir, de nouveau, l'équilibre.
influence du réchauffement climatique sur les nuages
La variation des forçages en fonction de leurs différents types implique que l'on se préoccupe fortement de l'influence du réchauffement climatique sur les changements de structure et de variété des nuages.
On cherche donc à déterminer la valeur de la rétroaction "nuages", partie prenante de la rétroaction "vapeur d'eau".
Inutile de dire que l'on ne peut répondre facilement à un problème aussi complexe qui fait intervenir de très nombreux paramètres, tant microscopiques (taille des micro gouttelettes par exemple) que macroscopiques (circulation atmosphérique, évolution du gradient, etc. )
Dans un prochain chapitre nous irons plus loin dans la compréhension de la formation des micro gouttelettes dans les nuages et du phénomène des précipitations.
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je suppose que tu as calculé la divergence des flux radiatifs IR en supposant le nuage noir, l'atmosphère au dessus transparente et fixé une température type au nuage. Je me trompe?
Ca donne une température de sommet de nuage fort basse, ça (-16!)
Sinon, j'ai retrouvé un papier que j'avais publié sur des mesures faites sur des stratocu
la divergence au sommet est beaucoup plus faible: le flux net IR diminue de 80 W/m2 en une cinquantaine de mètres.
Disons que l'ordre de grandeur de 100 W/m2 est plus réaliste. La cause de la différence, c'est évidemment que le flux descendant au sommet d'un nuage bas est loin d'être nul (dans le cas présent, c'est près de 300 W/m2 ,c'était en Afrique)
L'absorption du rayonnement solaire était proche de 50 W/m2 à cette heure là mais distribuée sur toute l'épaisseur du nuage. Note: ce n'étaient pas particulièrement des nuages pollués : l'absorption SW est tout à fait conséquente, elle a lieu surtout dans le proche IR mais il ne faut pas oublier qu'il y a près de la moitié de la puissance solaire dans le proche IR.
concernant l'article en question, il suit celui-ci
oui je fais toutes les approximations que tu indiques mais je ne suis pas sûr que tous les lecteurs aient bien compris malgré cette simplicité .
D'où d'ailleurs le fait que je n'ai pas forcément plus besoin de citer mes "sources" qu'en cas d'un calcul arithmétique simple (je dis ça en rapport à un commentaire sur ce fil)
Je maintiens donc le gradient initial de l'atmosphère et je place un nuage d'émissivité égale à 1(sauf pour le cirrus, voir tableau), un CN donc, dont la température du sommet est égale à la température initiale de l'altitude z.
Si on attend, la température évolue et doit baisser tout de même, ce qui peut expliquer des flux plus faibles à l'équilibre, mais je me suis placé à t=0.
Par exemple, un sommet de nuage à une altitude de 2 km pour une température de surface de 15°C et un gradient de -6.5 ça fait 324 W/m2 vers le haut (bon j'ai cité 250 W/m2 un peu au pif).
L'atmosphère est considérée transparente donc le flux descendant est nul.
On pourrait peut-être avoir une approche en considérant une émissivité de 0.5 à la température moyenne de la couche au dessus soit, aller -25°C, ce qui ferait un flux descendant de 107 W/m2.
Mais ça devient quand même du très pifométré et je vais faire hurler les puristes.
Enfin je crois quand même que tu seras d'accord que le sommet se refroidit d'avantage que la base (au moins la nuit) et que ça doit créer une certaine dynamique dans le nuage.
Autre chose dont tu ne tiens pas compte ici (c'est pas une critique, c'est un complément d'info): les nuages sont forcément absorbants dans le SW puisque la vapeur d'eau et le CO2 absorbent à ces longueurs d'onde. Les diffusions multiples rallongent très fortement le trajet de la lumière qui est donc plus fortement absorbée dans un nuage que dans l'air clair.
Du coup, des nuages peuvent diminuer l'albédo total au dessus d'un sol très réfléchissant (c'est le cas au dessus de la neige). Les réflexions multiples entre le sol et le nuage amplifient le phénomène.
C'est aussi le pb des nuages bruns qui se forment par un mélange des aérosols de combustion incomplète avec les nuages (cas de l'Asie du SE)
oui je n'ai pas tenu compte, faute de chiffres, de l'absorption du SW.
tu as raison de signaler ce point parce que je suppose que c'est très significatif pendant la journée
sinon, dans mon hypothèse simplificatrice qui tient compte du flux moyen (342W/m2)si on considère que l'albédo du nuage est de 0.82, le SW transmis et absorbé est de 62 W/m2.
C'est à comparer au flux radiatif IR du sommet du nuage de l'ordre de, pour un nuage bas, et si on tient compte d'une atmosphère transparente, de -250 W/m2.
Pour un nuage brun, effectivement, ça doit absorber dur.
je suis en train de faire un petit article sur certaines hypothèses qui concernent l'influence éventuelle des nuages pour expliquer l'énigme du soleil jeune.
Toi qui est un spécialiste des nuages, je pense que ça devrait t'intéresser (surtout l'article scientifique qui sert de base bien sûr, pas le mien).
J'ai oublié de préciser que cette remarque faisait suite à la courbe de fond du réchauffement telle que l'a établie Williams Fondevilla sur son graphique comparant les différents forçages.
Je cherche à comprendre ce qui peut être à l'origine des creux et des pics parfois brefs et très marqués.
Je pense que les UV peuvent en être les responsables. Ces études de Metéo France viennent confirmer ce que j'expliquais sur IC.
Bonnes vacances à tous. Et protégez-vous des UV ;)
Patricia Régnier
Où vas tu donc chercher des trucs pareils?
Sur plusieurs jours successifs en 2003 le résultat a été l'absence de nuage. Cela déborde davantage sur la notion de climat davantage que sur la météo.
S'il s'agit de climat, je ne vois pas le rapport.
Ce pdf est intéressant il fait le lien direct entre UV exceptionnel de 2003 et la canicule... http://entreprise.meteofrance.com/content/2009/0/20256-48.pdf
de même que celui-ci http://www.soda-is.com/doc/canicule_eng.pdf qui précise que c'est parce qu'il y avait aucun nuage que les rayons du soleil sont restés au sol.
Ces précisions pour indiquer à Sirius le fond de mon raisonnement qu'il n'avait pas entièrement compris sur IC en me reprochant de faire perdre son temps à la Terre entière.
le forçage radiatif est défini au sommet de l'atmosphère (plus précisément après ajustement de la strato) . Ce dont tu parles (au sommet , à la base des nuages et à la surface), c'est bien la variation du flux radiatif à ce niveau (pour 100% de nuages), c'est bien ça?
Si c'est ça, il y deux pbs
1 un pb de définition de forçage (voir plus haut). L'extension de la notion de forçage à la surface par exemple pose plein de pbs puisqu'on ne sait pas ce qui se passe dans l'atmosphère
2 dans l'article, tu parles du forçage radiatif des nuages et tu en donnes la définition (cad en tenant compte de la couverture nuageuse réelle), on est donc tentés de comparer des choses qui ne sont pas vraiment comparables (puisque l'une est pondérée par la couverture nuageuse et l'autre pas)
Quelque soit le type de nuages, il se refroidit vers le sommet et se réchauffe à la base. C'est vrai aussi pour les cirrus mais c'est plus ou moins prononcé. Pour les stratocumulus et stratus bas, ça renforce l'inversion de température potentielle au sommet de la couche limite. Par contre durant la journée, il y a absorption du rayonnement solaire et c'est la cause du cycle diurne des stratocu.
j'ai en effet étendu la notion de forçage radiatif à d'autres endroits que le TOA.
d'ailleurs ça se fait déjà pour la surface.
dans l'exemple que j'ai donné le RF TOA est égal au RF nuage +RF surface
et lorsque l'on parle de RF TOA c'est bien le forçage radiatif qui s'exerce sur le système composé de l'atmosphère et surface.
dans mon cas, comme l'atmosphère est transparente, à part le nuage, l'atmosphère est équivalent au nuage.
ensuite pour les conséquences c'est autre chose.
tous les nuages se refroidissent au sommet et se réchauffent à leur base, mais la somme de base +sommet peut être soit positive soit négative.
pour les cirrus par exemple la somme est positive et on peut dire que le nuage a tendance à se réchauffer.
c'est le contraire pour les stratus par exemple.
sinon je n'ai pas tenu compte effectivement de l'absorption du rayonnement solaire.