points clés
Les émissions de CO2 par combustion de carbone fossile ont été en 2008, de 40% supérieures à celles de 1990, avec une accélération d’un facteur 3 au cours des dernières 18 années.
Ces émissions sont très proches des plus hauts scénarios considérés par le GIEC.
La part de ces émissions absorbée par les terres et les océans a probablement diminué d’environ 5% au cours des 50 dernières années.
émissions de CO2
L’augmentation annuelle des émissions est passée de 1% par an dans les années 90, à 3.4%/an entre 2000 et 2008.(voir fig1)
La croissance accélérée des émissions a été due principalement à la croissance économique des pays en développement particulièrement la Chine, en partie au développement du trafic de marchandises (Peters and Hertwich 2008), et au ralentissement des précédentes améliorations de l'efficacité énergétique de l'économie globale (Raupach et al. 2007).
Par contre les émissions par utilisation des sols ont été relativement constantes.
Les prévisions préliminaires pour 2009 font apparaître une baisse des émissions en 2009, mais c’est un effet temporaire résultant de la récession globale et pas un signe de la transformation requise pour stabiliser les GES dans l’atmosphère.
Concentration en CO2
La concentration en CO2 a atteint 385ppm en 2008 soit 105 ppm de plus que le niveau préindustriel (fig2).
La concentration actuelle est plus élevée qu’au cours des 800000 dernières années et potentiellement depuis 3 à 20 millions d’années. (Luthi et al. 2008; Tripati et al. 2009; Raymo et al.1996)
La concentration en CO2 a augmenté de 1.9ppm/an entre 2000 et 2008 comparé à 1.5ppm/an dans les années 90.
Cette augmentation est 10 fois plus élevée que la plus haute augmentation mesurée dans les carottes glaciaires.
De telles augmentations seraient discernables si elles s’étaient produites dans les 22000 dernières années (Joos and Spahni 2008).
Méthane
La concentration en méthane a atteint 1800 ppb (parties par milliard) en 2007 (Rigby et al. 2008) (voir fig2).
La distribution spatiale montre que l’augmentation dans l’hémisphère nord a joué un rôle et pourrait dominer le signal global.
Mais la source de l’augmentation est inconnue.
Les émissions industrielles ne sont pas disponibles car difficiles à quantifier.
Les réservoirs naturels peuvent émettre du CH4 lors d’un réchauffement, comme cela a été observé en Suède provenant de le fonte du permafrost (ou pergélisol).
Mais il n’existe pas de mise en évidence de connexion à grande échelle de ce processus avec l’augmentation récente de méthane.
Si l’augmentation était due au réchauffement ce processus amplifierait le réchauffement climatique dans l’avenir..
Puits de carbone et vulnérabilité future
Les réservoirs océanique et terrestre (les puits) ont continué à absorber plus de la moitié des émissions totales de CO2.
Toutefois la fraction des émissions absorbée a probablement diminué d’environ 5% (de 60 à 55%) dans les 50 dernières années. (Canadell et al. 2007)
L’incertitude est grande étant donnée la forte variabilité interannuelle et l’incertitude des émissions dues à l’usage des sols.
La réponse des puits à la variabilité climatique et au changement climatique récent peut entrer en ligne de compte dans la décroissance de l’efficacité des puits suggérée par les observations (Le Quéré et al. 2009).
Une décroissance à long terme de cette efficacité amplifierait le réchauffement climatique en laissant plus de CO2 dans l’atmosphère.
Plusieurs études ont montré une décroissance récente de l’efficacité du puits océanique.
L’océan austral n’a pas augmenté sa prise de CO2 depuis 1981, malgré une augmentation importante de la teneur en CO2 de l’atmosphère. (Le Quéré et al. 2007; Metzl 2009;Takahashi et al. 2009)
Ce comportement a été attribué à un renforcement des vents dans cette région, lui-même conséquence probable de la diminution de la couche d’ozone. (Lovenduski et al. 2008).
De façon similaire l’Atlantique nord a vu sa prise de CO2 réduite de 50% depuis 1990 (Schuster et al. 2009), bien qu’une partie de la diminution soit attribuable à la variabilité naturelle (Thomas et al. 2008).
La vulnérabilité future des puits de carbone n’a pas été revue depuis l’AR4.
Notre compréhension actuelle indique que les puits naturels du CO2 perdront en efficacité et le puits terrestre pourrait même être émetteur de CO2 (Friedlingstein et al. 2006).
Les modèles prévoient que la réponse des puits pourrait amplifier le réchauffement climatique de 5 à 30%.
Les observations disponibles sont insuffisantes pour donner de plus grandes certitudes mais elles n’excluent pas le haut de la fourchette de l’amplification prévue par les modèles (Le Quéré et al. 2009).
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