Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 11:10

On pourrait croire, qu'au fur et à mesure de l'avancée de la science et des techniques, notre compréhension du climat augmenterait et l'incertitude, logiquement, diminuerait.

Et bien non, du moins si on en croît cet article de Nature, écrit comme  par hasard par notre cher ami Kevin Trenberth.

 

en voici une traduction non exhaustive mais reprenant l'essentiel:

 

"Des efforts majeurs sont en cours dans l'amélioration des modèles climatiques pour faire progresser la science et en faire bénéficier la société.

Mais des résultats prématurés pourraient poser des problèmes de compréhension du changement climatique pour le public.

Les scientifiques qui composent le GIEC ne faisaient pas, jusqu'à maintenant, de prédictions mais des projections du climat futur suivant des scénarios d'émissions.

Pour le 5ème rapport, ils envisagent d'examiner des prédictions explicitement pour les prochaines décennies.

Dans le groupe de travail n°I, un chapitre sera dévolu à la possibilité de faire des prévisions à 30 ans.

Un autre chapitre concernera les émissions à plus long terme jusqu'à 2100 et au-delà en utilisant des modèles globaux.

Beaucoup de ces modèles essaieront des représentations nouvelles et meilleures de processus climatiques importants et de leurs rétroactions - autrement dit ces mécanismes qui peuvent amplifier ou diminuer les effets de l'augmentation d'un flux radiatif entrant (d'un forçage en quelque sorte).

Inclure ces éléments rendra ces modèles plus réalistes mais cela introduira de nouvelles incertitudes.


Donc voici ma prédiction: l'incertitude des prédictions climatiques de l'AR5 (5ème rapport du GIEC en 2013) sera beaucoup plus grande que dans les précédents rapports, principalement en raison des facteurs notés ci dessus.


N'est-ce pas une attente raisonnable de penser que, notre savoir et notre compréhension augmentant , l'incertitude devrait décroître?

Mais si notre connaissance de certains facteurs augmente, d'autres facteurs que nous ne prenions pas en compte ou que nous ignorions précédemment doivent être maintenant être intégrés.



de la projection à la prédiction


Dans les rapports initiaux du GIEC, les changements de concentration en gaz à effet de serre et en aérosols étaient calibrés en utilisant des scénarios d'émissions idéalisés, qui donnaient des informations sur ce qui pourrait arriver dans le futur suivant des hypothèses variées concernant la population, le style de vie, l'intensité carbone..


Ainsi les changements climatiques futurs étaient simulés pour chacun de ces scénarios.

Le résultat d'une telle modélisation est appelé usuellement une projection plutôt qu'une prédiction ou prévision.

A l'inverse d'une prévision météo, les modèles dans ce cas ne sont pas initialisés avec l'état climatique actuel ou du passé, donc avec les observations.

Au lieu de cela, ils commencent avec des conditions climatiques arbitraires et examinent seulement le changement du climat projeté, en supprimant ainsi tout biais qui pourrait être associé aux efforts pour simuler de façon réaliste le climat actuel comme point de départ.


Cette technique fonctionne tout à fait bien pour examiner comment le climat pourrait répondre à des scénarios d'émissions variés sur le long terme.


Les modèles climatiques se sont, toutefois, améliorés dans les années récentes et la société demande maintenant des informations plus précises de la part des scientifiques.


Les acteurs politiques et économiques devant s'adapter à un éventail d'impacts possibles veulent savoir comment le climat va changer à des échelles de temps qui influencent leur prise de décision.

Puisque le réchauffement qui se produira en 2030 dépend largement des émissions déjà réalisées, il est théoriquement possible de prédire comment le climat va répondre au cours de cette période.

Dans les années récentes plusieurs groupes de modélisation ont publié de telles prédictions pour les prochaines décennies.(fig 1)

 


fig1-copie-1


Ten-year mean global surface temperatures from observations (red) and from three independent hindcasting studies (green, blue and black)2, 3, 4. Blue bars and grey shading represent statistical error. Separate vertical bars to the right show forecasts of the future. Observations are from two UK Met Office Hadley Centre models, HadISST 1.1 and HadCRU3. Anomalies are departures in temperature from that of a base period, which is different for each of the three studies. See ref. 5 for further details.



Dans les prédictions météo et dans cette nouvelle forme de prédiction climatique, il est essentiel de démarrer le modèle avec l'état actuel du système.


Ceci est réalisé en collectant les observations de l'atmosphère de l'océan, des surfaces continentales, de l'humidité des sols, de l'état de la végétation, des banquises, etc, et en assimilant ces données dans les modèles- ce qui peut s'avérer un challenge étant donné leurs imperfections.


Bien que d'importants progrès aient été réalisés dans ce domaine, les techniques ne sont pas encore pleinement établies.

En partie parce que cela prend au moins une décennie pour vérifier une prédiction d'une décennie et l'évaluation et l'optimisation des modèles est consommatrice de temps.

C'est pourquoi l'écart dans les résultats préliminaires des modèles sera grand, et les incertitudes beaucoup plus grandes, que pour les modèles de la dernière évaluation du GIEC. Il y a tout simplement plus  de choses qui peuvent être fausses.


tenir compte des rétroactions


Pour les projections à long terme, jusqu'à 2100 et au-delà, les modèles utilisés dans AR5 seront d'une complexité sans précédent et permettront de mieux décrire les processus et rétroactions climatiques importantes. Quelques exemples incluent les rejets de gaz à effet de serre provenant du dégel du pergélisol et de l'effet fertilisant du dioxyde de carbone atmosphérique sur la végétation. Comment, de manière réaliste, les modèles peuvent reproduire de telles  rétroactions dépend de façon critique de l'introduction de nombreux autres facteurs, tels la disponibilité en eau, les nutriants et oligo-éléments biogéochimiques, ainsi que les cycles de l'azote et hydrologiques. Tous ces éléments sont représentés à des degrés divers dans les modèles climatiques de l'AR5.


Comme autre exemple, on sait depuis longtemps que les aérosols influencent les nuages, à la fois directement et indirectement, de multiples et complexes façons.

Les aérosols interviennent directement dans le transfert radiatif et en général agissent comme agents de refroidissement dans l'atmosphère, surtout pour la surface de la Terre. Toutefois, ils affectent aussi indirectement le climat en redistribuant l'humidité des nuages et en changeant leur "luminosité", ainsi que leur durée de vie et les précipitations.
Les effets directs des aérosols sur le rayonnement ont été inclus, dans une certaine mesure, dans la composante atmosphérique des modèles climatiques, pour la dernière évaluation du GIEC. Or, les effets indirects sont également inclus, alors même que les chercheurs gagnent sans cesse de nouvelles connaissances sur ces processus à partir des observations par satellite.

Comme différents groupes utilisent des techniques relativement nouvelles pour l'intégration des effets des aérosols dans les modèles, l'étalement des résultats sera probablement beaucoup plus grand qu'avant.



Essais et erreurs



Il a été dit que tous les modèles sont faux, mais que certains sont utiles.

Un modèle climatique n'est qu'un outil, même s'il est très sophistiqué, qui intégre la complexité et la non-linéarité de façons qui sont impossibles à appréhender de manière analytique. Idéalement, un modèle doit intégrer l'état de nos connaissances.

Lorsque les connaissances sont incomplètes, une stratégie consiste à ne pas exécuter certains processus complexes et de supposer qu'ils sont constants, même quand il est connu qu'ils ne peuvent pas l'être. Ajouter de la complexité  à un système modélisé lorsque le système réel est complexe est sans doute essentiel pour le développement du modèle. Cela peut, cependant, faire courir le risque de transformer un modèle utile en un outil de recherche qui n'est pas encore capable de faire des prévisions.


Les résultats de tels modèles expérimentaux devraient-ils être inclus dans le cadre d'un processus qui est utilisé pour informer les décideurs et la société des changements à venir?


Il est essentiel de relever le défi de la prévision décennale. Confronter les résultats du modèle avec les observations du monde réel par de nouveaux moyens conduira éventuellement à leur amélioration et à l'avancement de la science climatique. Il pourrait aussi, comme avantage supplémentaire, fournir des informations qui sont potentiellement utiles pour la société. La même remarque vaut pour les projections à plus long terme, qui comprennent maintenant, de loin, plus de rétroactions et de processus qu'auparavant.

La question n'est pas de savoir s'il faut faire ce genre de travail, mais si les résultats du modèle expérimental devrait être inclus dans le cadre d'un processus qui est utilisé pour informer les décideurs et la société des changements à venir.

Si les mérites d'une technique donnée n'ont pas encore été complètement établis par la littérature "peer-reviewed", est-il approprié de l'employer sous l'égide du GIEC?



Fournir au public une science climatique à la frange de nos connaissances pourrait facilement conduire à des interprétations erronées, et il faudra encore apporter  beaucoup de soin à la communication avec le public et les décideurs et s'assurer que les résultats sont utilisés de manière appropriée.

Une approche rationnelle consisterait à s'assurer que les critères habituels du GIEC - l'évaluation par les pairs des publications, réconcilier les résultats quand c'est possible, et exprimer de manière appropriée les incertitudes - sont appliqués, et que le Groupe continue de défendre le principe selon lequel il ne fait pas de recherche mais évalue plutôt les études publiées.

La première série de projections des modèles pour AR5 doit être terminée pour le dernier trimestre de 2010. Le calendrier dicté par le processus du GIEC implique le risque d'exposer prématurément des problèmes avec des modèles climatiques que nous apprenons à développer.


Dans d'autres disciplines, cela pourrait ne pas avoir tant d'importance, mais ce qu'il faut faire concernant le changement climatique est une issue très exposée, chargée politiquement, impliquant des gagnants et des perdants, et de tels résultats ne peuvent être mal interprétés.


En fait - en guise de prédiction supplémentaire - Je m'attends à ce qu'ils le soient. "


 

Article plutôt intéressant de Trenberth qui nous donne un aperçu de ce que seront les nouveaux modèles exposés dans le 5ème rapport du GIEC.

Il ne reste que quelques mois pour que ces modèles soient réalisés et exploités.

D'avance, Trenberth nous prévient que nous aurons encore plus d'incertitude qu'auparavant et qu'il ne sera guère possible d'utiliser ces modèles autrement que comme outil scientifique mais certainement pas comme outil de décision.

A mon sens cet article confirme ce que je pensais sur la distanciation de quelques scientifiques, dont Trenberth semble être le porte drapeau, vis à vis du GIEC, de ses méthodes et de son évolution.

 

Par meteor - Publié dans : modèles - Voir les 12 commentaires
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Commentaires

Je dois être mal-comprenant, mais je ne vois pas en quoi on peut dire que Trenberth prend ses distances avec le Giec. Il expose son point der vue sur les procédures envisagées, ce qui apparait comme une attitude saine et normale.
Il me semble que c'est l'hystérie anti-giec actuelle, qui tend à présenter l'organisation comme une secte religieuse qui fait percevoir toute nuance commme une prise de distance.
Commentaire n°1 posté par sissa le 18/02/2010 à 19h40
Et bien, je ne vois pas en quoi le fait de remettre à sa juste place une institution, parce que, jusqu'à maintenant, elle a échoué, c'est forcément être contre cette même institution.
Ou pire l'assimiler à une secte.

Quant à Trenberth, il faut savoir s'écarter un peu de la lettre pour lire l'esprit.
C'est comme le language diplomatique, il faut savoir le déchiffrer au delà des banalités ou politesses...



Réponse de meteor le 18/02/2010 à 20h31
Mille excuses, j'ai compris rude comme voulant dire froid. Ici au Canada nous sommes dans un hot spot depuis le debut le l'hiver.
Commentaire n°2 posté par o le 15/02/2010 à 02h19
Meteor, pourquoi ecrivez-vous que cet hiver est l'un des plus rudes qu'ait connu l'hemisphere nord ?
Commentaire n°3 posté par o le 14/02/2010 à 14h40
J'ai écrit ceci dans le contexte de la prise de conscience, plutôt difficile, de la réalité du réchauffement climatique.
Mais, hormis les nombreux reportages médiatiques sur les manifestations évidentes de la rudesse de cet hiver, les chiffres NOAA par exemple, pour les terres de l'HN, en témoignent.

décembre 2009 en 45 ème position des décembre les plus chauds
janvier 2010: en 18 ème position

si on fait une moyenne entre les 2 classements cela fait les 2/3 de l'hiver déjà en 31 ème position.

c'est donc assez clair à mon sens, si l'on ajoute que les rigueurs de l'hiver ont touché des zones particulièrement peuplées et sur lesquelles le rabâchage médiatique concernant le réchauffement était aussi rude que l'hiver l'était.

Difficile d'imaginer une situation plus ridicule en fait.

Un peu dans le même genre du rabâchage sur la vaccination:

plus on nous foutait les jetons et moins il y avait de malades (d'ailleurs faudra faire les comptes de ça aussi)

c'est ce que l'on appelle de la communication et dire qu'il y a des gens très cher payés pour ça.

loin de moi cependant le fait de dire qu'il n'y a pas de réchauffement ou que de véritables pandémies ne risquent pas de se développer, mais cela n'autorise nullement des personnes soit disant compétentes à raconter n'importe quoi.

PS: tous calculs faits l'hiver terres HN est pour le moment en 12 ème position des plus chauds, mais cela ne change rien sur la rudesse des évènements qui ont touché certaines zones très peuplées.

carte d'anomalies NOAA

décembre 2009




janvier 2010


Réponse de meteor le 14/02/2010 à 15h51
Quel scoop, on ne lit plus que ça sur le net et dans de nombreux journaux, le GIEC s’est trompé : -)))
Mais est-ce grave ? Cela remet il en question tout le restant ?
Je dirais que depuis le temps que les climato sceptiques scrutent et analysent les rapports, je m’étonne qu’ils n’ont pas encore trouvé de plus grosses incohérence.
Car il faut bien l’avouer, la position la plus facile est de rechercher l’erreur, plutôt que de tenter de construire la « Vérité » sous une autre approche, ce qu’aucuns climato sceptique n’a encore fait jusqu’ici. Les moyens ne manquant pas, ils pourraient créer un organisme identique au GIEC oeuvrant dans le sens contraire à celui-ci…pourquoi ne le font ils pas ?
Il est aussi tout à fait cohérent de se poser la question de savoir pourquoi une telle erreur (Glaciers de l’Himalaya) aura-t-elle mis trois ans à être dénoncée.
Comme il semble à présent évident que les plus grosses « atteintes » au GIEC se fassent en période de doute de la théorie du réchauffement suite à des hivers plus froids consécutifs à une série d’Hiver très doux, il est tout à fait judicieux aussi de se poser la question de savoir si ces membres du GIEC qui dénoncent aujourd’hui ces erreurs ne sont eux même pas en proie au doute. Ils ont une réputation a sauvegarder, dès lors, pourquoi ne pas s’orienter provisoirement vers les idées sceptiques juste au cas ou ?
La marche arrière leur serait alors tout à fait possible, si le réchauffement recommence à se manifester âprement, il leur serait tout à fait possible de réintégrer le mouvement du GIEC, en disant que finalement, le plus important est le fait qu’une partie de ses glaciers fondent, et peu importe le scénario, fonte pour 2035 ou 2325, les faits sont là, et ne sont que goutte d’eau par rapports à tous les autres constats.
Je pourrais moi-même dire que la fonte totale se produirait pour 2150 sans pour cela être moins crédible que les autres, vu que personne aujourd’hui ne connaît ni les points de rupture, ni les phénomènes d’emballement et encore moins les « surprises climatiques » qui pourraient se produire au cours des prochaines décennies ou siècles.
N’oublions pas non plus que le GIEC est avant tout un organisme destiné à orienter les politiques, et l’on sait très bien que ceux-ci, même face à l’évidence absolue mettraient des années à prendre les décisions curatives.
De toute manière il n’y a que deux hypothèses possibles, soit l’on s’est trompé, soit l’on ne s’est pas trompé
Dans le cas ou l’on ne se trompe pas, le sens même de l’optique du GIEC serait vital pour l’avenir de l’humanité, et la non réaction serait catastrophique.
Si l’on s’est trompé, suivre l’idée de réduire les émissions et la pollution seraient loin d’être une catastrophe, que du contraire.
Toute l’action du GIEC, aura au moins eu pour conséquence que l’humanité a pris en compte que les ressources d’une planète sont épuisable, et à ouvert la voie vers une consommation plus raisonnée des énergies dans un souci de respect de l’environnement.
L’on peux dire sans se tromper que l’on doit au GIEC, des voitures moins polluantes, plus économiques, des maisons mieux isolées, une qualité de l’air améliorée, et une accélération de la recherche d’autres énergies. Rien que pour cela, le GIEC a toute sa place aujourd’hui.
Outre cela, l’on peut se poser la question de savoir pourquoi, ces deux derniers hivers n’ont pas été plus froid ?
A forçages négatifs similaires, l’on constate dans le passé proche des températures bien plus froides qu’aujourd’hui, alors pourquoi les climato sceptiques ne tentent pas d’expliquer la cause de cette différence, hors cause humaine et réchauffement ?
Pour moi, la différence est bien le réchauffement toujours bien en place, et parions qu’en 2012 l’on reparle de hausse des températures et de l’ampleur du réchauffement.
Il me semble que ce sont les sceptiques eux-même qui ont toujours rétorqués que les tendances devaient s’observer sur de longues périodes, là, ils font tout à fait le contraire, deux hivers froids, plus le fait que une « grave erreur » soit démontrée dans le rapport du GIEC, et les voilà tous sur leurs grands chevaux en chevaliers gardiens de la vérité. N’est ce pas Minitax, ou Fritz, ou Marot, ou Laurent, ou……. ?
A propos qu’est devenu un de vos ex grand maître à penser Charles Muller ?
Appelé vers une cause plus lucrative ?
Commentaire n°4 posté par Alain b le 14/02/2010 à 13h02
Dsl je dois être à la masse c'est quoi le lancement de l'EPI ?

sinon niveau paléo en mentionnant Richard Alley je pensais en effet à la paléo "long-terme" , ce dont il parle dans sa présentation.
Sur les reconstructions du récent et le pb de divergence, je n'y connais rien.
Commentaire n°5 posté par ICE le 12/02/2010 à 18h18
c'est ça.

Tu remarqueras que HL Treut est dans les contributeurs.

d'ailleurs il en parle à demi-mots dans son blog.

Mais bon ça m'empêche pas de dormir non plus!
Réponse de meteor le 12/02/2010 à 18h31
meteor : "Ah je ne vais pas rembourser ce que je n'ai jamais vendu!"
-------------------------
Ah désolé, au temps pour moi. Donc le meteor qui fait la promotion du "consensus", par ex. sur Infoclimat, ce n'est pas toi alors ;)
Mais je comprends que tu n'aies pas envie de t'associer au mot "consensus" en ce moment, vu sa côte en chute libre. Le mot "gate", c'est vaaachement plus in.

"Mon attitude personnelle est plutôt d'accepter les théories faisant consensus auprès de la communauté scientifique la plus large, et d'essayer, suivant mes moyens et mon temps, d'en comprendre certaines petites bases et conclusions.
Ce travail est nettement plus valorisant et formateur qu'un déni systématique et puéril."
http://forums.infoclimat.fr/index.php?showtopic=13169&view=findpost&p=214515


"Mais apparemment un consensus de plus en plus large semble se dessiner en faveur d'une variation, par effet indirect, de l'ordre de 0.1°C entre un maxi et un mini solaire.
Disons que pour le moment je me range dans ce "consensus", bien que ne comprenant pas bien le ou les mécanismes en question."
http://forums.infoclimat.fr/index.php?showtopic=27627&view=findpost&p=669422
Commentaire n°6 posté par miniTAX le 12/02/2010 à 17h16
Je ne vois pas ce qu'il y a de contradictoire.

Je viens de dire que je suis le consensus.

Dans le cas présent, ce fameux consensus semble battre de l'aile sur certains points, pas tous évidemment.
Je le signale parce que je pense cela intéressant qu'un acteur, assez connu, de ce consensus, semble vouloir ouvrir sa bouche.

Maintenant c'est comme ça que j'ai cru lire son message.

qui serait je le répète:

"nous avons besoin d'une structure d'aide à la décision concernant l'évolution spatio-temporelle du climat, le GIEC doit se contenter de son travail d'évaluation et en tous cas le rapport de l'AR5 n'apportera pas cette aide mais plus d'incertitudes"

c'est pourtant clair, non?

A en lire certains j'ai l'impression que mon impression est assez incongrue mais bon, on verra..
Réponse de meteor le 12/02/2010 à 17h34
salut meteor

je vois pas ce qui te fait dire maintenant que la "communauté du consensus se craquèle plus ou moins"...
Quant à la critique du GIEC (à réformer, remplacer etc.), c'est une vieille rengaine quand même - et certes si tout le monde se plaint du bouleau que ca donne, et que faut se botter les fesses pour faire les simuls à temps etc.., en même temps, ca permet de faire des intercomparaisons de modèles (ou du moins de les lancer), et ca c'est utile.
Apres, sûr que le rythme linéaire des rapports n'est pas celui de l'avancée de la science, et que les "gains scientifiques" des rapports ne sont pas égaux - voire sont décroissants.

ps:"paléodébandade' que veux-tu dire ? a en croire la présentation de R.Alley à l'AGU, les choses semblent plutôt bien tomber en place...
Commentaire n°7 posté par ICE le 12/02/2010 à 15h41
salut Ice

ben c'est ce que j'ai cru comprendre suite à la demande de pas mal de scientifiques concernant le lancement de l'EPI.
A quoi bon une énième structure si tout marche pour le mieux avec le GIEC qui vous met la pression?
Maintenant, si l'échéance de l'AR5 vous sert à avancer plus vite, pourquoi pas?
Moi j'ai rien contre, on devrait faire pareil pour toutes les disciplines...

Sinon pour les paléo cela reste la débandade,oui, lorsque l'on évoque cette fameuse divergence.
Alley en parle dans son rapport?
Pour le moment rien ne prouve vraiment que les températures actuelles sont exceptionnelles puisque, à ma connaissance en tous les cas, les proxies ne reproduisent pas la période récente.
Les raisons de la "divergence" si elle existe réellement, ne sont toujours pas encore connues à ce jour.(cela fait au moins 20 ans qu'on connaît le problème)
Les reconstructions de Mann sont clairement criticables et reproduisent toujours très mal la période actuelle.
Mais peut-être en connais-tu d'autres?

PS: en étant un peu taquin, j'espère que ce n'est pas l'échéance de l'AR3 (TAR), qui a conduit MM à sortir une crosse de hockey devenue plutôt obsolète depuis.

PS2: concernant la "paléodébandade" cela ne concerne pas toute la paléo, bien sûr, mais surtout son utilisation pour "prouver" que la période actuelle est exceptionnelle dans les deux derniers millénaires.
Réponse de meteor le 12/02/2010 à 16h08
meteor : "Force est de constater que la communauté du consensus se craquèle plus ou moins actuellement"
---------------------
Bon, après nous avoir vendu du consensus à longueur de posts, c'est quand que tu nous rembourses alors ? (aux autres, pas à moi, qui n'ai jamais acheté cette camelotte).
Commentaire n°8 posté par miniTAX le 12/02/2010 à 15h15
Ah je ne vais pas rembourser ce que je n'ai jamais vendu!

Cela fait longtemps que j'essaie d'expliquer, à mon humble niveau, ce que je vois comme raisons de la stagnation relative actuelle (solaire, ENSO entre autres).
J'ai déjà signalé en son temps le "mystère de la chaleur manquante", mystère que je vais finir par appeler Nessie.
J'ai déjà signalé aussi ce que je considérais comme des exagérations d'Hansen (voir la cible d'Hansen ou ses actions politiques).

Alors d'accord, je suis (du verbe suivre) la science officielle.
Je suis bien obligé d'ailleurs car en dehors de celle-ci c'est le désert total et je me suis aussi exprimé là-dessus (voir G et T, et Beck entre autres).

Actuellement, je constate que certains acteurs, et non des moindres, de la science officielle, semblent s'éloigner de ce qui la représente, du moins officiellement ou dans ces maudites médias, à savoir le GIEC, et ce pour des raisons qui m'apparaissent bonnes même si je ne les connais pas toutes.

Je peux me tromper, mais c'est mon impression actuelle, et j'en parle.
Réponse de meteor le 12/02/2010 à 15h54
Encore quelques semaines, et on aura ici même un article qui nous expliquera que finalement, on ne sait que peu de choses sur les mécanismes du climat et sur l'importance ou non des gaz à effet de serre.....
Commentaire n°9 posté par Marco33 le 12/02/2010 à 00h39
Force est de constater que la communauté du consensus se craquèle plus ou moins actuellement, ou se pose certaines questions au moins, voir Solomon et Trenberth qui sont deux contributeurs du GIEC.
Côté paléoreconstructions, il semble que ce soit la grosse débandade.
Bref, s'il semble que l'on ne puisse remettre en cause, pour le moment, certains basics comme les propriétés des GES, sur le reste, on est toujours en pleine cogitation.
Je citerai la sensibilité climatique, le cycle du carbone (rétroaction carbone/T), la variabilité climatique à court terme, l'influence du soleil, etc., sans parler de l'évaluation des conséquences.
C'est normal, me dira-t-on, c'est le déroulement de la science, mais prendre des décisions sur des bases aussi incertaines, alors que l'hiver est un des plus rudes qu'on ait connu dans l'HN, alors que le GIEC essaie vainement de colmater ses brèches, alors que certains scientifiques doutent...
Mais ici, que ça plaise ou non, on tentera de suivre l'évolution de tout cela, de la manière la plus objective possible.
Bien sûr ça passe par mon "filtre" personnel, mais c'est partout pareil...
Réponse de meteor le 12/02/2010 à 09h29
Le titre de ton post aurait pu être "plus de savoir, plus de certitudes sur les incertitudes". Le résumé du rapport du Giec n'est même plus pathétique, il est désolant mais pas surprenant. Faible condition humaine qui se croit si intelligente et qui n'est finalement que très bête.
Commentaire n°10 posté par Chaud le 12/02/2010 à 00h16
e connais bien le fonctionnement de la recherche dans ce domaine. J'ai participé de près à la mise en place de certains de ces programmes . C'est toujours ainsi que ça fonctionne: en matière de climat, il est strictement impossible de travailler tranquillement dans son coin. L'exercice réclamé par le GIEC, c'est ce qu'ont décidé de faire les membres WGNE (Working Group on Numerical Experiment: http://wcrp.wmo.int/AP_Modelling.html)

De toutes façons, il faut le faire, que ce soit pour des raisons sociétales ou pour des raisons purement scientifiques, il est temps de passer à la phase semi opérationnelle.L'idée de CLIVAR (Climate Variability) remonte à une quinzaine d'années. Les éléments de base de cette approche, tu en trouves par exemple dans l'article de Smith et al (Science, 2007) dont on a déjà parlé.

Mon interprétation, c'est que Trenberth insiste simplement sur les conséquences que ça ne manquera pas d'avoir vis à vis du grand public.

Je pense que beaucoup de chercheurs en sont conscients mais ce sont aussi ces défis qui font avancer les choses

Comme exemple, la profusion de papiers qui sortent et qui exploitent les données des simulations de l'AR4
Commentaire n°11 posté par sirius le 11/02/2010 à 19h29
Oui, bon, Trenberth manifeste un peu de mauvaise humeur (vraie ou feinte) contre le GIEC, enfin il ne m'a pas fait de confidences non plus.
Une autre chose me pose problème, à savoir l'influence de la complexité du monde réel (ou de son avatar numérique) sur la prévisibilité de son évolution future.
Autrement dit est-ce que le fait de complexifier un modèle n'entraîne pas, mathématiquement si j'ose dire, une incertitude plus grande de la prévision?
Bon c'est un sujet qui a du être traité des dizaines de fois sur FS mais je dois dire que je n'ai pas de religion très affirmée sur la question.
Mais attention , je ne veux pas dire non plus que cette incertitude conduirait à avoir une snowball earth si on double la constante solaire!
Réponse de meteor le 11/02/2010 à 20h16
Le passage projection -prévision est un sacré défi. Il a raison de dire que ces prévisions seront certainement très dispersées.
Il me semble que la logique voudrait que les projections soient aussi comparées sur les m^mes bases que dans l'AR4 mais ce ne sera pas vraiment possible parce que les modèles ont trop évolué et que l'exercice n'aurait pas d'autre intérêt que didactique.

Aux tous débuts, les modèles ne comportaient pas d'océan et les nuages étaient fixés à leur valeur climatique moyenne. Il ne servait à rien de calculer leur influence radiative, il était plus simple de la fixer à sa valeur moyenne. Quand on a commencé à les pronostiquer dans chaque maille, les modèles sont d'abord partis dans le décor.
Commentaire n°12 posté par sirius le 11/02/2010 à 12h22
Oui mais au delà de l'intérêt technique de cet article de Trenberth, concernant le passage des projections aux prévisions, il y a un message clair, et public, à destination du GIEC, concernant le trouble supplémentaire que risque d'apporter l'AR5 dans ces conditions.
Ce que sous-entend Trenberth c'est qu'il est trop tôt pour éditer un rapport à destination des décideurs basé sur de tels modèles.
Entre parenthèses il fait une allusion à peine voilée au fait que le GIEC ne doit pas devenir un organisme de recherche.
Or d'après ce que l'on peut lire par ailleurs, des chercheurs sont entrain de travailler pour les "nouveaux modèles de l'AR5" ce qui me semble plutôt une formulation ambigüe et contradictoire avec le rôle d'évaluation du GIEC.
Si pas mal de scientifiques, dont des français d'ailleurs, éprouvent le besoin de créer l'EPI c'est aussi pour que chacun retrouve sa vraie place.

voici ce que dit Gavin Schmidt à ce sujet:

"In my case, it is because of the preparations for the next IPCC assessment and the need for our group to have a functioning and reasonably realistic climate model with which to start the new round of simulations. These all need to be up and running very quickly if we are going to make the early 2010 deadlines."

Donc en gros du moins pour l'équipe du GISS, ils doivent se magner pour sortir leurs modèles pour 2010 et pour l'AR5 du GIEC.
Trenberth se plaint également de l'emploi du temps dicté par le GIEC.
Ceci veut dire que le GIEC, s'il n'est pas organisme de recherche, finit par imposer son tempo aux labos de recherche.
En cela il est assez évident qu'il sort de son rôle.
Si on n'est pas prêt à sortir un rapport plus précis que le précédent, et bien on n'en sort pas, tout simplement et on se contente d'un point scientifique sur les évolutions en cours.
La précipitation ça n'apporte jamais rien de bon...
Réponse de meteor le 11/02/2010 à 13h00

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