Partager l'article ! catastrophe climatique possible?: Je pensais encore, il y a quelque temps, qu ...
Je pensais encore, il y a quelque temps, que la sensibilité climatique était plutôt dans la partie basse de la fourchette 2-4°C établie par le GIEC dans son dernier rapport.
C'est vraisemblablement l'influence de la stagnation actuelle des températures qui m'influençait dans ce sens.
La nouvelle étude du Berkeley Earth apporte cependant des éléments inquiétants qui iraient dans le sens d'une sensibilité très élevée entraînant un changement climatique aux conséquences catastrophiques.
Cette conclusion, qui m'est propre, est issue d'hypothèses simplificatrices et des calculs habituels effectués ici sur lesquels je ne reviendrai pas mais qui sont précisés un peu partout dans le blog.
Il s'agit principalement d'une reconstruction de températures des terres depuis 1753 à partir de données instrumentales.
Ces données sont partielles au tout début puis concernent une partie de plus en plus grande des surfaces continentales.
On peut suivre l'évolution de ces surfaces dans cette vidéo.
En parallèle avec cette reconstruction les auteurs établissent un fit simple de l'évolution de la température à partir du CO2 seul et des volcans.
La courbe rouge ci-dessous représente ce fit alors que la courbe noire est la moyenne décennale de la reconstruction et le domaine grisé l'intervalle de 95% de confiance.
Evidemment, les oscillations de la température reconstruite sont fortes en début de courbe.
Ceci peut être dû à une insuffisance de surface de mesure ou à des oscillations réelles.
Mais la correspondance entre le fit et la courbe donnant l'allure générale de l'augmentation de température des terres depuis 1753 est saisissante.
Il s'avèrerait donc que la température des terres a augmenté de 1.5°C depuis cette date.
quelques calculs et projections
J'ai utilisé le modèle modifié décrit ici pour contraindre le coefficient de sensibilité, S, avec cette anomalie de 1.5°C.
Pour l'atteindre, avec un fit qui comprend le CO2 uniquement, il faut un coefficient de sensibilité climatique de 1.6 °C.m2/W, correspondant à une sensibilité climatique à l'équilibre de 5.9 °C.
C'est presque le double de la valeur médiane de sensibilité du GIEC AR4 égale à 3.2°C.
Pour aller un peu plus loin j'ai voulu regarder le futur en supposant des émissions "raisonnables" de CO2, provenant de la combustion du carbone fossile.
Ces émissions futures sont estimées à 1000 Gt de 2012 à 2100, et 2150 Gt de 1750 à 2200.
(exprimées en carbone).
Le cycle du carbone utilisé a déjà été décrit ici.
Le scénario d'émissions (avec des Land-Use calibrées) est représenté ci-dessous:
La température des terres simulée, en rouge, ainsi que la reconstruction Berkeley, en noir, sont représentées sur ce graphique:
On atteint 4.5°C d'augmentation en 2100 sur les terres soit 3°C de plus qu'en 2010.
En 2200 on est à 6.4°C, en augmentation.
Ceci en moyenne, avec de fortes disparités régionales (non calculées ici bien sûr mais dont on peut avoir un aperçu dans cet article).
Les SST, qui mènent le bal, sont également très élevées: 3°C en 2100 et 4.2°C en 2200.
Je n'insisterai pas trop sur les conséquences de telles poussées de fièvre, mais on peut supposer qu'il y aurait forte réduction de la surface des terres habitables, disparition totale des glaciers continentaux, début d'une débâcle cataclysmique des inlandsis du Groenland et de l'Antarctique promis à une disparition sans doute complète dans les siècles suivants.
Les effets sur le cycle du carbone seraient à prendre en compte avec la disparition du permafrost, libérant des quantités considérables de CO2 et de méthane, amplifiant encore le réchauffement.
Le cycle océanique du carbone serait également profondément perturbé.
Mais le pire n'est pas sûr, les hypothèses simplificatrices utilisées ici, par exemple la constance parfaite de la sensibilité climatique, n'ont pas de justification bien établie quoique je n'ai pas vu d'études indiquant de fortes variations de cette sensiblité dans des intervalles, par exemple, de 10°C.
La Terre a déjà connu, semble t-il, des conditions similaires à celles qui règneraient si la simulation était exacte.
L'extrême rapidité, cependant, des modifications climatiques envisagées, engendrerait vraisemblablement des phénomènes de "grande extinction" des espèces, comme notre planète en a connues quelques-unes, quoique d'aucuns diront qu'il n'y a plus grand-chose à "éteindre".
Elle serait de toute façon, à mon sens, incompatible avec une société humaine aussi nombreuse qu'actuellement et ainsi structurée.
Derniers Commentaires