Partager l'article ! Klaus et l'évolution des tempêtes en France: Pour tenter de répondre à un commentaire, à la suite de l'article précédent, posant la que ...
Pour tenter de répondre à un commentaire, à la suite de l'article précédent, posant la question de la fréquence des tempêtes en France, question à laquelle on peut raccorder la question de leur intensité, je signale cet article de Bessemoulin qui fait un point sur le sujet.
Evidemment, Martin et Lothar (en 1999) et Klaus (en 2009) ne sont pas les premières tempêtes qu'ait essuyées la France.
Le problème est qu'il n'existait pas, par le passé, d'instruments fiables capables de mesurer la force des vents.
Pour le 20ème siècle on peut cependant utiliser les évaluations de surface de chablis (arbres déracinés ou coupés).
Ceci donne le graphique ci-dessous où les données annuelles ont été regroupées par décennie.
(mise à jour du 17/02/2009 avec résultats INF concernant Klaus: 25.6Mm3.cette tempête étant supposée la seule de la décennie, ce qui n'est pas forcément le cas)
On sera toutefois prudent quant à la signification et l'utilisation d'un tel graphique étant donné l'évolution des méthodes d'estimation des chablis et l'évolution des essences d'arbres
plantées.
Néanmoins dans les grandes lignes, il y a augmentation nette des dégâts forestiers au cours du 20ème, même si 1999 semble une année vraiment exceptionnelle qu'on pourrait, pour le
moins, qualifier de centennale.
Et Klaus dans tout ça!
Il est trop tôt pour le dire, mais les chiffres indiqués, concernant uniquement la forêt landaise, sont plutôt préoccupants.
voici ce que déclare l'IFN à ce sujet :
« Les premiers chiffres avancés par le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest fait état de plusieurs centaines de milliers d'hectares touchés et de forêts ravagées à 60 % dans le sud de la Gironde et les Landes. »
En gros, les zones citées contiennent 140 millions de m3 de bois sur pied.
60% cela ferait 80 millions de m3 environ, c'est sans doute très exagéré.
Mais bon il s'agit d'estimations de la part du syndicat des sylviculteurs et il faudra attendre des résultats plus fiables fin-février.
En tous les cas ce sera très probablement inférieur aux chablis suite à Lothar et Martin.
Voilà, nous n'irons pas plus loin pour le moment.
cependant, je ne suis pas certain que les données "chablis" du début du siècle soient comparables à ces mêmes donénes en fin de siècle, et pour une bonne raison: les méthodes de sylviculture ont changé... ainsi que les peuplements! (beaucoup de plantations, au détriment de la régénération naturelle). il est donc probable que l'augmentation des volumes de chablis après tempête soient dus en partie à ces changements. de plus, elle ne prend en compte que l'impact direct des tempêtes. or, un arbre couché suite à une tempête était peut-être fragilisé à la suite de stress précédents (ravageurs, sécheresse,...). et comme l'augmentation des températures globale entraîne l'augmentation de ces phénomènes, probablement que des tempêtes qui n'augmentent ni en nombre ni en intensité auraient plus d'impact!
et il ne faut pas omettre non plus que le massif des landes a brûlé à près de 15% (140 000 ha) en 1949. 140 000 ha qui ne sont pas comptés en chablis, et qui auraient peut-être souffert d'une tempête (et donc comptés en chablis) les années ou décennies suivantes) "faussant" ainsi le graphique.
en tout cas, continue! ton blog est extrêmement intéressant à lire! ;)
le problème pourrait être le fait que les forêts n'aient pas le temps de se reconstituer.
l'évocation de l'article de bessemoulin est intéressante et permet essentiellement de conclure qu'il n'y a pas de tendance notable concernant l'évolution du nombre de tempête pendant le siècle précédent.
Ceci, en cohérence avec les différentes théories sur l'évolution des cyclones et tempêtes sur cette même période.
Le comparatif des dégats forestiers est lui aussi intéressant, mais en effet, n'allons pas plus loin en besogne, car il est "presque" présenté comme un indicateur de mesure possible de puissance des tempêtes sur la seule évocation des chablis.
Or, en utilisant cette information en supposant même que les méthode de calcul en soit fiables, que dirait-on d'une tempête (d'une puissance réelle identique à celle de klaus) mais qui passerai essentiellement en mer ou dans une région peu boisée ?
qu'il s'agit d'une brise ?
En d'autres termes, ne mettons pas en corrélation des éléments qui ne peuvent l'être, sauf à couvrir l'ensemble de la france de forêts de résistance identique, et là nous autons notre outil de mesure basé sur les chablis.
Mais on en peut être que d'accord sur le fait que le volume brut de chablis n'est pas un indicateur très précis (c'est un euphémisme) de l'intensité des tempêtes qui ont ravagé notre beau pays.
Une analyse plus fouillée tenant compte des étendues concernées et des essences mériterait peut-être d'être réalisée.
Il y a suffisamment de forêts en France, même dans les régions peu boisées, pour que des valeurs de chablis soient utilisables.
Après tout, comme pour une explosion, les dégâts constatés sont très souvent utilisés comme indicateurs de la force des phénomènes.