Partager l'article ! "The sun is blank. No sunspots...": EDIT: résumé de la conférence de presse en fin d'article ...
C'est devenu une rengaine pour ceux qui scrutent le site spaceweather, à la recherche de la moindre petite trace de reprise de l'activité solaire.
Or, force est de le constater, rien ne semble reprendre et notre soleil reste imperturbablement calme.
Le mois d'août s'est terminé sans qu'aucune tâche n'ait été observée. (à part une toute petite qui s'est évaporée bien vite)
Le site belge SIDC qui compte différemment, comptabilise un nombre de tâches de 0.5 en août, qui suit un nombre de tâches de 0.5 en juillet.
Du jamais vu depuis 1913 !
Les différentes prévisions de démarrage du cycle 24 (le prochain donc) le repoussent, mois après mois, de plus en plus loin.
Il semble que les "spécialistes" de la question ne savent plus trop quoi prédire ou faire.
Mais il semble aussi que ces mêmes spécialistes soient prêts à nous faire quelques révélations au sujet de l'activité solaire actuelle et peut-être future.
En effet une téléconférence à la NASA, le 23 septembre, pourrait nous apporter du nouveau.
l'intitulé est le suivant:
MEDIA ADVISORY : M08-176
NASA To Discuss Conditions On And Surrounding The Sun
WASHINGTON -- NASA will hold a media teleconference Tuesday, Sept. 23, at 12:30 p.m. EDT, to discuss data from the joint NASA and European Space Agency Ulysses mission that reveals the sun's solar wind is at a 50-year low. The sun's current state could result in changing conditions in the solar system.
La NASA tiendra une conférence de presse mardi 23 septembre à 12H30 EDT, pour discuter des données de la mission NASA/ESA, Ulysse, qui révèlent que le vent solaire n'a jamais été aussi bas depuis 50 ans.L'état actuel du soleil pourrait entraîner un changement des conditions dans le système solaire.
C'est un texte un peu énigmatique à vrai dire et, à moins que, comme souvent, la montagne n'accouche d'une souris, cette téléconférence devrait être passionnante.
Les conséquences éventuelles.
Il est possible que le réchauffement climatique en cours puisse continuer à être partiellement masqué par une baisse prolongée éventuelle de l'activité solaire.
D'autant que la Niña n'a certainement pas dit son dernier mot.
Le SOI est en effet reparti comme aux plus belles heures du maximum Niña du début d'année 2008.
Alors la situation peut encore évoluer plus ou moins rapidement, mais il n'est pas impossible que nous subissions une période de fraîcheur, voire de froid, plus ou moins prolongée, certes limitée par l'effet des GES, au cours de ces prochains mois ou années.
Si tel était le cas, ce serait bien sûr très embêtant pour le ressenti qu'auraient les gens, et les décideurs, du "réchauffement" climatique.
Il serait donc à craindre que les sociétés humaines continuent à se soucier du réchauffement climatique autant que du sexe des anges (ou comme d'une guigne, selon ses convictions).
Sans doute d'aucuns auront remarqué le silence assourdissant de la communauté scientifique internationale, et française en particulier, à ce sujet.
Il faut dire que cette communauté, semblant un moment fédérée lors des rapports du GIEC, s'éparpille ensuite et est aux abonnés absents, en dehors de quelques courageux comme ceux de Realclimate qui, bien qu'ils aient eux aussi du travail, passent une grande partie de leur temps libre à lutter contre l'inertie et le scepticisme ambiants.
Bon, ce n'est pas nouveau, mais, quand même, cela commence à bien faire.
intérêts de la période actuelle
Cette période, maintenant relativement prolongée, d'activité solaire basse, pourrait être mise à profit pour mettre en évidence le "background" d'activité tel qu'il était envisagé, par exemple, par Judith Lang, il y a quelques années.
Il faudra, pour cela, suivre le projet SORCE de près.
Il pourrait être mis à profit également pour vérifier la théorie de Svensmark concernant l'influence des rayons cosmiques sur les nuages bas.
Personnellement je n'ai pas les résultats du type de ceux délivrés par l' ISCCP pour les 14 derniers mois.
jusqu'en juin 2007 en tous les cas, il n'y a pas d'augmentation significative de la proportion de nuages bas, globalement.
Ainsi que le montre ce graphique:
l'influence des rayons cosmiques serait plus forte au-dessus des océans où les précurseurs de condensation sont moins importants que sur les terres.
Là encore l'évolution de la proportion de nuages bas, au-dessus des océans, ne semblent pas se relever significativement, en fin de période:
on croit distinguer une petite augmentation en 2007, mais c'est vraiment peu significatif.
en effet un zoom sur la courbe verte entre le dernier maxi solaire, pas loin de juin 2001, et juin 2007, donne le résultat suivant:
Il y a même une baisse de la couverture en nuages bas sur les océans, ce qui va à l'envers du résultat escompté par les solaristes.
Mais je n'ai pas du appliquer la bonne recette statistique comme sait si bien le faire Roger Pielke lorsqu'il nous cause d'eau précipitable.
Par contre, cela m'étonnerait fortement que les scientifiques du climat (ou les férus de l'influence solaire sur le climat) ne puissent nous renseigner très prochainement sur la période très récente.
Patience dans l'azur...
(à prononcer avec un accent canadien de derrière les fagots, LOL)
PS: à signaler, le 23 septembre 2008, le premier "vrai" groupe de tâches depuis plus de 2 mois.
Il porte clairement la signature magnétique du cycle 24.
EDIT: voici le résumé de la conférence de presse de la NASA
Un peu comme prévu, pas de révélations fracassantes sur le plan climatique terrestre.
J'ai écouté la conf en direct et bien que n'ayant pas tout compris, les questions concernant les connexions soleil-climat terrestre n'ont pas été développées par manque d'expertise, apparemment, des conférenciers.
Ils ont jugé, en particulier, l'influence des rayons cosmiques sur les nuages (théorie de Svensmark) comme étant au stade de la spéculation.
Néanmoins, sur un plan purement astronomique, on peut noter que la baisse de la pression du vent solaire est très importante entre la première et la troisième orbite d'Ulysse.
Ces deux orbites ne concernent pas tout à fait les mêmes phases solaires mais on voit bien que la pression du vent solaire est considérablement plus faible au cours de la fin du cycle 23 par rapport à la fin du cycle 22.
Sinon, il semble clair que d'avantage de rayons cosmiques vont entrer dans le système solaire, ce qui apparemment, ne devrait pas avoir trop d'effets sur les hommes et matériels en orbite terrestre grâce à la protection du champ géomagnétique.
Pas de prévisions, non plus, concernant le maxi de ce cycle 24 ni concernant le cycle 25.
Les prévisions, semblent également relever d'avantage de la spéculation que de la science véritable.
Il n'en reste pas moins que cette période peut être intéressante.
http://sohowww.nascom.nasa.gov/data/realtime/mdi_igr/512/
http://www.spaceweather.com/
Amitiés
JM
http://www.over-blog.com/com-1063381536/Astronomie.html
j'ai trouvé ca:
http://www.agu.org/pubs/crossref/2007/2006GL028083.shtml
via cet ancien poste de realclimate qui parle de GCR:
http://www.realclimate.org/index.php/archives/2007/03/cosmoclimatology-tired-old-arguments-in-new-clothes/langswitch_lang/fi
Comme quoi, quasiment le seul quantificateur de nuages, l'ISCCP, n'est pas très fiable.
Ok. Merci pour ce complément d’informations.
Correctif : je voulais dire « avec », mais je suppose que vous l’aurez deviné sans peine.
Personnellement, le lien entre l’activité …volcanique et non solaire, me paraît plus pertinent. En effet, quand on regarde les courbes et les tendances, on voit tout de même deux pics, au début des années 80 et vers 1991-1992, suivi d’une décroissance progressive. Or, nous avons eu le mont St Helens, El chicon, et le Pinatubo à ces époques-là. De plus, le lien physique est plus clair aussi. Qui dit plus d’aérosols soufrés, dit plus de précurseurs de nuages bas, ce qui s’accompagne également d’un refroidissement troposphérique. Mais peut-être formulé-je une bêtise ?
Mais il me semble que cela pourrait être un biais de la mesure satellitaire.
Pour un satellite qui regarde la surface, lors des éruptions volcaniques, il voit un albédo global de l'atmosphère plus fort.
Cet albédo est d'ailleurs principalement dû aux aérosols soufrés stratosphériques qui ont une durée de vie de 1 à 2 ans, alors ceux de la troposphère quelques semaines seulement.
Si ce n'est pas un biais de la mesure, cela pourrait vouloir dire que le refroidissement global induit par le Pinatubo, par exemple, entraînerait plus de nuages bas.
On pourrait alors en déduire, de façon plutôt audacieuse et certainement fausse, que le réchauffement induirait une baisse des nuages bas, ce qui confirmerait la remarque de ice concernant le trend de ces dernières décennies.
Ce ne serait pas une bonne nouvelle, car les nuages bas sont essentiellement des "refroidisseurs" du climat (bp d'albédo et très peu d'ES).
Mais je pense que c'est un biais et il me semble avoir lu ça quelque part.
Je vais essayer de retrouver ça.
Bon voilà, ce n'est pas l'explication que je cherchais mais lorsqu'on regarde l'image non plus Visible +IR, mais IR uniquement, on ne voit plus les éruptions, en tous cas pas la plus importante.
sur ce grahique d'ailleurs on peut voir que la première moitié de la courbe est anticorrélée avec l'activité solaire.
C'est ce point dont Svensmark s'était servi, à l'origine, pour "confirmer" sa théorie.
La seconde moitié ne lui donne par contre pas raison malgré le fait que Svensmark ait cherché à modifier, au profit de sa théorie, les résultats de l'ISCCP en prétextant un biais et en proposant une correction (que l'ISCCP n'a pas reconnue comme valide).
Tordre les observations pour coller à une théorie n'est certainement pas une exclusivité de Svensmark.
Enfin ce dernier a bâti une grosse partie de sa réputation sur ce point et on peut comprendre son acharnement.
Nous attendons désormais les résultats du projet CLOUD qui pourront confirmer ou infirmer une partie de sa théorie mais certainement pas l'ensemble.
Donc on devrait avoir + de nuages bas océaniques ce derniers temps ... hmmm
.. est-ce que, deja , il y a bien davntage de GCR présentement, également ?
En tout cas, j'ai , de facon générale, du mal à croire que la nébulosité basse est vraiment "facteur-limitée" par la présence de noyaux de condensation et donc "pilotée" par les GCR...
Oui il y a plus de neutrons actuellement donc plus de rayons cosmiques
Ce sont les neutrons induits par les collisions qu'on détecte plus facilement.
Voici un lien avec pas mal d'observatoires (je ne sais pas si c'est exhaustif).Sinon voici ce que donne la station de Kiel entre 2 mini solaires.
On peut s'apercevoir que les niveaux pour 2 minis d'activité solaire (donc 2 maxi de GCR et de neutrons) sont équivalents, ce qui tendrait à faire penser que, de ce point de vue, le mini actuel n'est pas extraordinaire.
Mais actuellement, on a tous les moyens pour voir s'il y a plus de nuages bas ou non.
En tous cas pour voir s'il y a une influence significative.
intéressnat en effet, meme d'un strict point de vue solaire/astrophysique, que le nouveau cycle s'annonce ainsi peut-être différent des précédents...
sinon je comprends mal les graphs Isccp: quelle est l'unité des anomalies en ordonnées ? des pourcentages de surface terrestre occupée par des nuages bas ? Parcequ'on voit une trend négative sur l'ensemble de la période qui est sympa, qd meme... j'imagine que c'est ce genre de chose que Svensmark essaie de corréler avec des rayons cosmiques, moins de rayons (?) moins de nuages bas - d'ailleurs, qd tu dis implicitement que les solaristes attendent davantage de nuage bas (du moins sur les océans) sur la période récente, vers la fin du poste, à quels mécanismes fait-tu allusion ? qqch via les ray cosmiqes aussi, ou autre chose et j'ai raté un épisode ?
Par exemple les nuages bas occupent 29.23% en moyenne de la surface des océans et l'anomalie est la différence entre la valeur en cours et cette moyenne.
Il y a un trend négatif en effet sur l'ensemble de la période, depuis 1979, mais attention tout de même à l'incertitude de ce genre de mesure (pas facile d'être sûr des mesures du début de la période).
Sinon, la théorie des solaristes, dont Svensmark est le porte-drapeau (c'est un peu leur Hansen) est que, lorsque l'activité solaire est basse, il y a plus de rayons cosmiques galactiques (donc extra-solaires) qui passent du fait d'une héliosphère plus faiblarde.
Bon ça ce n'est pas leur théorie, c'est issu des observations de neutrons à la surface.
Leur théorie est que ces rayons cosmiques galactiques (GCR) qui créent, en rencontrant des molécules atmosphériques, des gerbes de particules secondaires, engendrent, dans les couches basses de l'atmosphère, des noyaux de condensation pour goutellettes d'eau et donc des nuages.(enfin c'est ça en gros)
La variation devrait être plus forte au dessus des océans où il y a moins d'aérosols précurseurs qu'au dessus des continents (pollens, poussières, aérosols anthropiques, etc.)
Actuellement nous vivons, avec tous les moyens de mesure "modernes", une activité solaire très basse, comme sans doute nous ne l'avons jamais vécue, au moins pour la plupart d'entre nous.
C'est donc le moment où jamais de vérifier la théorie solariste.
J'évoquais dans un précédent article que l'effet du cycle de 11 ans avait été estimé à 0.1°C environ par unité de TSI.
Les estimations de Camp and Tung évoquaient 0.18°C, donc presque le double.
Enfin l'anomalie lors du PAG (mini de Maunder) tournerait selon les reconstructions entre -0.2 et -0.8°C, d'un point de vue global, avec un point médian vers -0.3/-0.4°C.
Mais la responsabilité de cette anomalie négative serait partagée avec le volcanisme.
Bon d'un point de vue global, et dans l'état actuel de la science non sceptique, considérer que la baisse serait de 0.2°C d'un point de vue global, c'est à mon avis ce que l'on peut estimer de mieux, en restant prudent.
Le réchauffement climatique stagnerait donc pendant une dizaine ou une quinzaine d'années toujours globalement.
Bon, d'un point de vue régional, c'est une autre paire de manches et il semble que l'Europe, l'Amérique du Nord, peut-être la Chine, ont été sérieusement touchées, lors du PAG.
C'est fâcheux si on connaît l'impact de ces régions en terme d'émissions de GES.