Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 17:11

(paysage de l'Alaska)

 

 

 

d'après cette étude

Nature Geoscience
Published online: 24 August 2008 | doi:10.1038/ngeo284

High stocks of soil organic carbon in the North American Arctic region

Chien-Lu Ping1, Gary J. Michaelson1, Mark T. Jorgenson2, John M. Kimble3, Howard Epstein4, Vladimir E. Romanovsky5 & Donald A. Walker6

 

il y aurait d'avantage de carbone piégé dans le permafrost superficiel que précédemment estimé.

 

L'estimation antérieure était basée sur 48 prélèvements profonds de 40 cm.

Les auteurs présentent 117 prélèvements profonds de 1 m dans la région arctique de l'Amérique du Nord.

A ces échantillons ils en ajoutent 22 déjà publiés ce qui fait au total 139 échantillons.

(on peut donc supposer que les estimations qui suivent sont plus exactes que les estimations précédentes.)

Les teneurs en carbone dépendent fortement du type de terrain.

De 55.1 à 40.6 kg/m2 de carbone organique, respectivement dans les plaines et les collines et nettement plus basses dans les paysages de rocailles et les montagnes avec des valeurs de 3.4 et 3.8 kg/m2.

Extrapolant les mesures aux différents types de paysages connus, les auteurs estiment que le carbone total contenu dans le permafrost de l'Amérique du Nord est considérablement plus élevé que précédemment estimé.

Les estimations de la distribution suivant la profondeur et la quantité totale de carbone organique en Amérique du Nord constitueront une base importante d'étude pour les études examinant l'impact du réchauffement climatique sur le CO2 relâché dans la région.

 

 

Dans le blog de Nature,  on trouve d'autres extrapolations intéressantes.

 

Il y aurait donc, d'après certaines estimations issues de la lecture de l'étude complète, 60% de plus, que précédement estimé, de carbone organique gelé dans le permafrost superficiel.

Il serait simpliste d'affirmer que tout ce carbone va se retrouver rapidement dans l'atmosphère.
Il convient de se reporter aux différentes études (par exemple celle-ci) concernant le devenir du carbone contenu dans le permafrost.
Il semble clair que l'activité bactérienne est un des processus fondamentaux qui permet la dégradation de ce carbone organique en CO2 et en CH4.
Cette activité, nulle lorsque le sol est gelé, a tendance à se développer très rapidement lorsque le permafrost fond et donc à libérer des GES, dont le CH4, qui a un pouvoir radiatif équivalent à 24 fois celui du CO2.
Et il semble évident que, plus il y a de C dans le sol, et plus la libération de ces GES dans l'atmosphère sera importante, que ce soit directement ou indirectement (par exemple via les effluents liquides).
Reste à déterminer les quantités libérées
.

 

La quantité totale de C contenue dans l'ensemble du permafrost, y compris les couches plus profondes, serait supérieure à la quantité totale présente dans l'atmosphère.

Ceci fait dire que le permafrost constitue une bombe à retardement du réchauffement climatique.

Il est difficile de ne pas être d'accord avec cette dernière assertion, bien que le C profond ne semble pas immédiatement accessible, contrairement au carbone qui fait l'objet de l'étude citée plus haut et donc, qu'en conséquence, nous ne connaissions pas parfaitement la puissance de la bombe en question.

 

 

Par meteor - Publié dans : cycle du carbone - Voir les 7 commentaires
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