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Voici, ci-dessous, l'évolution du niveau de la mer depuis 1993, mise en parallèle avec l'évolution des SST.
les données du niveau proviennent de l'université du Colorado à Boulder.
Il s'agit des données avec correction barométrique, quoique cette dernière ne joue pas , théoriquement, sur le niveau global.
On peut constater que le niveau a légèrement décroché de la tendance au cours du début de l'année 2007.
Ce décrochage est assez bien corrélé à la SST.
A l'inverse on observe que le niveau était monté en 1997-1998 lors du fameux et exceptionnel (pour les dernières décennies) épisode El Niño.
voir la représentation du niveau de la mer mesurée par Jason en octobre 1997:

Il semble donc que le niveau monte pendant les El Niño et qu'il baisse pendant les Niña.
Ces variations sont d'autant plus fortes que les épisodes sont forts.
Le niveau de la mer varie pour deux raisons principales: la fonte des glaces terrestres, ou des inlandsis, et la dilatation thermique due au réchauffement global de l'océan.
Il existe d'autres raisons plus subalternes comme par exemple la rétention des eaux continentales par les barrages (qui fait baisser le niveau) ou, autre exemple, la teneur en eau de l'atmosphère.
Il ne faut pas négliger, mais c'est sur le plus long terme, les échanges entre les océans et l'eau contenue dans la croûte et le manteau terrestres.
Si l'on revient à la courbe, le réflexe est de dire: lors des Niño, les SST augmentent, l'océan se dilate, le niveau monte.
Et inversement pour les Niña.
Néanmoins un problème se pose, à mon sens.
En effet, si on considère l'ENSO comme un phénomène de bascule, il n'y a pas, à proprement parler, de variation du contenu de chaleur, globalement, des océans.
L'eau chaude, accumulée à l'ouest du bassin Pacifique, se déverse vers l'est du bassin, ce qui augmente les SST, soit, mais pas le contenu global de chaleur.
Or c'est bien ce contenu global qui conditionne l'augmentation, dite thermostérique, du niveau.
Ci-dessous, de façon très simplifiée, la bascule de l'ENSO.
d'abord la phase neutre et Niña:
puis la phase Niño:
Je ne reviens pas sur le mécanisme, d'ailleurs fort complexe, de cette bascule.
Simplement, on s'aperçoit qu'elle ne fait pas, apparemment, intervenir de forçage thermique, seul capable de faire varier la chaleur globale de l'océan.
Pis, on pourrait dire qu'un El Niño "gaspille" dans l'espace, la chaleur accumulée lors des phases neutres ou les phases Niña.
On devrait donc avoir baisse du niveau pendant un Niño.
Pis encore, la variation de densité avec la température, est d'autant plus forte que la pression est élevée.
Lors du Niño, de l'eau chaude, stockée en profondeur, se répandant à la surface, devrait, là aussi, contribuer à faire baisser le niveau.
Hormis des phénomènes de forçage radiatif liés à la nébulosité, ou à une variation de l'ES due à une variation de la quantité de vapeur d'eau dans l'atmosphère, difficile de comprendre le pourquoi de ces variations de niveau.
explication partielle possible
Les oscillations de l'ENSO s'accompagnent de variations fortes du régime de précipitations dans le Pacifique équatorial.
Ces variations sont principalement dues au changement de circulation atmosphérique et donc aux emplacements des cellules convectives.
Autrement dit, lors d'un Niño, il pleut énormément sur le Pacifique central et oriental.
En phase Niña, il pleut sur le Pacifique occidental, en Indonésie, Australie,...
Il apparaît que les précipitations sont moins intenses sur les terres, lors des épisodes Niño, et inversement lors des Niña.
Pour s'en convaincre on lira cette étude de Dai et al 1997 dont on peut extraire ceci:
"Also, although ENSO-related regional precipitation can be large, the ENSO signal in globally averaged land precipitation is only about 10-30 mm, or 1%-4%(a decrease during El Niños)"
on lira également cette présentation du GPCP, dont ce graphe nous intéresse directement:
On regardera en particulier le graphe (b) "response to ENSO" et on notera la baisse des précipitations sur les terres pendant les ENSO (courbe rouge en pointillés)
Mais quel rapport avec le niveau de la mer?
L'idée est simple.
Lorsqu'il pleut moins sur les terres et plus sur les océans, il y a par définition, moins de perte d'eau de l'océan vers les terres, alors que le réservoir terrestre continue, pour un temps, à se vider vers l'océan.
En conséquence, le niveau des océans monte.
C'est l'inverse lorsqu'il pleut plus sur les terres, puisque les réservoirs terrestres se remplissent avant de se déverser à nouveau vers l'océan.
Il y a à l'évidence un temps de réponse.
Mais comme on peut le voir sur la courbe du haut, la variation n'est que de quelques mm par épisode fort.
Bon, j'avoue que je n'ai lu nulle part cette explication dans la littérature.
C'est donc à vérifier.
Un autre phénomène pourrait être les variations du bilan des glaces continentales avec la température globale.
Je n'ai malheureusement pas les moyens d'aller plus loin pour apprécier ces différentes contributions.
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