Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 16:54

EDIT 5 août 2008: ajout GISTEMP


 

Encore une fois, c'est un peu ma manie sur ce blog, nous allons regarder ce qu'est l'évolution de l'anomalie de température globale, corrigée de l'ENSO et de la variation solaire cyclique.

J'y reviens car je lis, ici ou là, des énormités balancées à la va-vite, sans réflexion et dans un esprit partisan.

Que cet esprit soit politique, "scientifique", ésotérique, ou autre, ni change évidemment rien.

Mais j'ai bien peur qu'après l'accalmie (je reparle des températures pas des négateurs), ressentie ces tous derniers mois, la progression des températures en surprenne plus d'un.

Enfin je n'aurai pas l'outrecuidance non plus de prévoir l'avenir proche évidemment, n'étant pas à l'abri d'un nouveau revirement de l'ENSO comme cela s'est vu en 2000 par exemple.

 

 

Voici d'abord la courbe de l'indice composite de l'irradiance solaire (TSI) selon PMOD.

J'ai été un peu surpris, à dire vrai de la TSI actuelle.

 

 

 

 

 

La sensibilité de la température de surface est en moyenne et selon les auteurs, de 0.1°C.m2/W en ce qui concerne le cycle solaire.

Attention il s'agit de W/m2 de TSI et pas de flux TOA/4 (on verra l'article sur la température des planètes chapitre 1).

Les temps de réponse, notamment pour David H Douglass étant de l'ordre de quelques mois (3 mois) il ne m'a pas paru nécessaire d'en tenir compte dans les courbes de variations annuelles.

 

 

 
Il m'a semblé intéressant, en outre, de faire la correction tenant compte d'une des dernières estimations dans ce domaine de la sensibilité au cycle de 11 ans, à savoir celle de Camp and Tung 2007.

 

Dans cette étude la sensibilité au cycle solaire  passe à 0.18°C.m2/W.

C'est considérable.

Il n'est pas fait mention d'un quelconque délai entre activité et température.

En conséquence, là aussi, je n'en n'ai pas tenu compte.(dans le deuxième graphique)

 

Enfin j'ai corrigé du signal ENSO (on verra l'article sur la stagnation de la température globale à ce sujet.

 

Voici donc ce que donnent les courbes corrigées, en magenta, par rapport à la courbe de l'anomalie non-corrigée, en bleue.


 

 

 

On voit l'effet sur l'allure générale de la tendance pour les dernières années.

On n'est plus dans la stagnation, encore moins dans le refroidissement.

Il est bon de rappeler que cette stagnation constitue La "preuve sceptique de base" contre la réalité, non seulement du réchauffement climatique, mais également de son origine.

A savoir l'effet de serre provoquée par des émissions incontrôlées de CO2 et autres gaz actifs.

 

On remarquera  les tendances décennales importantes des anomalies corrigées, soit 0.192 et 0.210°C/décennie.

 

Si ces tendances sont exactes et je ne vois pas pourquoi elles ne le seraient pas, nous sommes largement au-delà des scénarii les plus durs du GIEC.

Par exemple le scénario A1FI qui ne prévoit que 0.14°C entre 2000 et 2010.

Nous serions donc en grand danger si cela se vérifiait.

 

Tout cela pour dire:

 

attention aux faux-semblants et à leurs promoteurs.

 

PS: je précise que ma correction ENSO est évidemment imparfaite, surtout, comme x fois répété, pour l'épisode El Niño 97-98.

On regardera cet article pour une meilleure correction.

 

EDIT du 05 août 2008


En utilisant les données GISTEMP corrigées,  présentes dans l'article de Realclimate, ainsi que la même correction TSI Camp and Tung 2007, voici ce que cela donne:

 

de 1979 à 2007

 


 

et de 1998 à 2007:

 

 

On retrouve le même ordre de grandeur que précédemment pour 30 ans (ou à peu près ayant supprimé 2008 non entière).

Par contre, pour 10 ans, l'augmentation décennale de l'anomalie corrigée d'ENSO et de TSI (CetT2007), est assez ahurissante.

0.38°C/décennie, cela nous mènerait joyeusement à 4.5°C d'anomalie à la fin du siècle par rapport à l'époque préindustrielle.

 

Alors je ne prétends pas que cette correction reflète parfaitement ce qui se "cache" derrière ce que l'on mesure et constate.

Et, après tout, Camp et Tung ont peut-être été un peu loin, je n'en sais trop rien..

Le "consensus" relatif est autour d'une sensibilité de 0.1 au lieu de 0.18 par W/m2 de TSI ce qui ramènerait la tendance sur les 10 dernières années à 0.287°C/décennie.

Ceci amènerait la température de la fin du siècle à 3.4°C d'anomalie par rapport à l'époque préindindustrielle.

Une autre observation que l'on peut faire, au regard des 2 courbes plus haut, c'est que 2007 est, sans conteste, l'année, hors ENSO et TSI, la plus chaude de ce siècle et vraisemblablement des dernières centaines d'années.

Nous laisserons l'Optimum Médiéval, poire pour négateur assoiffé, de côté pour aujourd'hui, mais il se pourrait bien qu'il faille remonter à la mi-Holocène pour trouver aussi chaud.

1998, tant exhibée par les négateurs, pour faire croire au chaland à une décroissance de la température (et encore en utilisant la "bonne" base de données), est maintenant ravalée au rang d'année normale de progression des températures dans un monde qui se réchauffe inexorablement.

Il est bien clair, dans mon esprit, que l'explication provient, très très probablement, de l'augmentation non moins inexorable de la concentration en GES et il est très probable, aussi, que la sensibilité climatique est bien dans le haut de la fourchette indiquée par le GIEC dans son dernier rapport, voire dans les précédents.

Et au delà de tout cela, force est de constater que le GIEC, et les scientifiques sur lesquels il s'est appuyé, ont, pour le moment, très probablement raison.

 

NOTA:

Il est un argument de négateur, couramment et sans vergogne, utilisé.

C'est celui de l'augmentation de la TSI moyenne, jusqu'en 1960 environ, pour expliquer une bonne partie, voire tout (en association avec d'autres phénomènes naturels, évidemment, disculpant ainsi la responsabilité humaine), de l'augmentation constatée au 20ème siècle.

Ramenons donc le solaire à sa juste place dans le contexte de cet article.

En effet, si je m'en réfère à cette figure issue d'un article précédent (désolé je me cite mais on trouvera les références dans l'article en question) l'augmentation de TSI était en première moitié du siècle d'environ 0.5W/m2.

En appliquant CT 2007, cela nous donnerait une augmentation de 0.09°C.

En appliquant le coeff de  sensibilité, classique, de 0.75°C.m2/W, mais appliqué cette fois au forçage TOA, soit 0.5 *0.70/4 * 0.75 = 0.07°C.

C'est bien dans ses limites qu'il faut chercher l'influence du solaire dans le réchauffement actuel, soit de 8 à 11%.

Par meteor - Publié dans : mécanismes climatiques - Voir les 5 commentaires
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Commentaires

Certes, mais l’augmentation des prix accroît l’offre en rendant rentable des énergies fossiles qui ne l’étaient pas jusque là. On peut penser aux sables bitumineux de l’Alberta ainsi q’aux schistes bitumineux du Venezuela (250 milliards de barils, soit la deuxième plus grande réserve de pétrole au monde derrière l’Arabie saoudite.). De plus, il n’est pas irréaliste de penser que, vu les énormes quantités de charbon restantes, l’humanité pourrait décider, face à un manque croissant de pétrole à terme, de recourir à sa liquéfaction, technique mise au point par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Elle ne nécessiterait qu’une adaptation des raffineries actuelles à u coût somme toute assez raisonnable, et mettrait à notre disposition des réserves d’hydrocarbures liquides absolument phénoménales. Un scénario écologique catastrophique qu’il ne faut pas négliger, car contrairement aux forages ultra-profonds ou à l’exploitation des gisements d’hydrates de méthane, nous avons le savoir-faire. Il faut espérer que nous n’en ayons pas la volonté, mais ceci n’est pas gagné d’avance quand on voit la convoitise qu’engendre déjà la fonte de l’Arctique.

Commentaire n°1 posté par Frédéric Bruls le 05/08/2008 à 11h29
J'apprécie le qualificatif de piquiste. :-). Le pic pétrolier est pour la décennie prochaine, sauf évenement improbable. Même si les émissions de CO2 ne sont dû qu'à 15% au pétrole, l'économie mondiale dépend de ce pétrole. Et pour l'instant, peu de monde n'a encore assimilé que c'était pour demain. Il est clair que le charbon et le gaz seront toujours là si il faut pour suppléer au pétrole. Mais, rien qu'avec un barril à 130$, on voit les difficultés de l'éconmie mondiale (de Wall Street qui s'enfonce un peu plus à chausse du prix du barril au porte monnaie du Français moyen qui déguste du pain blanc). Ce qui me fait dire qu'il y aura nécessairement un ralentissement de l'économie, et donc des émissions de CO2.
J'ose espérer que l'humanité aura alors pris un peu de plomb dans la cervelle dans l'intervalle, et poursuivra ce ralentissement des émissions.
Commentaire n°2 posté par hwkf le 04/08/2008 à 19h53
@hwkf: ne vous faites pas intoxiquer par certains piquistes !

Le pétrole n'est la cause que d'un septième des émissions de GES. Même si son usage commençait à décliner aujourd'hui, il reste le charbon, la déforestation, les émissions de méthane végétales (rizières) et animales (ruminants), etc.

Plus d'infos ici : pic pétrolier et réchauffement climatique
Commentaire n°3 posté par Aerobar le 04/08/2008 à 13h12
Oui très bon article aerobar, clair, concis, et tout et tout.
Je suis 100% d'accord et je dois dire que j'aurais dit que le pétrole était responsable de 25%.
Mais effectivement c'est bien 15%.
Merci de nous l'avoir appris ou rappelé.
Réponse de meteor le 04/08/2008 à 17h24
Bel article.
On peut remarquer cependant que le pic de pétrole est très (trop ?) proche, ce qui risque de freiner les émissions de CO2. Ne nous inquiétons donc pas autre mesure à ce sujet, je pense.

On peut aussi remarquer que l'activité solaire, et comme cela est maintes fois soulignés, à connu son pic d'activité dans les années 60. Ce qui fait quand même pratiquement 50 ans, alors que le Soleil est le principal responsable de l'avis de certains. Les hivers des années 60 (le mythique 62/63 notamment) c'était quand même quelques chose. (je précise que je pas si vieux que ça, mais ça pourra rapeller de bons souvenirs à quelqu'uns :-) )
Ce qui m'interepelle surtout, c'est la cassure récente dans l'activité solaire. Le cycle 24 n'est toujours pas réellement commencé. Tendance lourde, ou raté au démarrage ?
Commentaire n°4 posté par hwkf le 01/08/2008 à 21h00

Si cela devait se confirmer, il est plus que probable que la décennie à venir battra tous les records de chaleur, où le maximum solaire  a toutes les chances de coïncider avec une période Niño plus ou moins marquée. Il y a une forte cohérence dans tout cela, puisque nous sommes au-delà du pire scénario d’émission de GES, il apparaît somme toute assez logique que nous soyons dans le même type de scénario concernant l’évolution des températures. Pas très rassurant en tout cas. Espérons que l’avenir démentira ces sombres prédictions, mais…

Commentaire n°5 posté par Frédéric Bruls le 01/08/2008 à 13h50
oui, sauf imprévu, volcan, baisse durable de l'activité solaire, ..., il est très probable que les prochaines années nous donnent un aperçu de ce que vont subir les prochaines générations.
Evidemment on ne peut être sûr à 100%, mais en tous cas, il est logique que si le forçage augmente, nous ayons plus chaud.
En général quand on apporte de la chaleur à de l'eau, elle chauffe, elle ne refroidit pas.
Enfin dans mon monde...
Réponse de meteor le 01/08/2008 à 19h19

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