Jeudi 13 janvier 2011 4 13 /01 /Jan /2011 14:28

2010 nasa glob

 

 

 

L'anomalie relevée sur la période janvier-décembre est de 0.63°C, soit très légèrement au-dessus de celle de 2005 égale à 0.62°C.

L'anomalie de 0.65°C, indiquée sur le graphique ci dessus est celle des 12 mois s'étendant de décembre 2009 à novembre 2010.

 

Les deux années sont donc statistiquement identiques, alors que 2010 se détache, cette fois de façon significative de 1998 (0.57°C), siège d'un épisode El Niño exceptionnel.

 

 

La tendance depuis 1979, de 0.165°C/décennie, est corroborée par les mesures satellitaires de la basse troposphère, notamment celles de RSS (0.163°C/décennie) alors qu'UAH indique une tendance légèrement inférieure avec 0.142°C/décennie.

 

 

 

2010 nasa rss2

 

 

Bien que nous n'ayons pas encore les données d'Hadley, il est à parier que celles-ci continueront à donner 1998 comme année la plus chaude.

Mais le fait que cet organisme ne tienne pas compte des données des très hautes latitudes doit rendre circonspect quant à la comparaison avec la NASA qui, quant à elle, extrapole, à l'aide de modèles, ces mêmes hautes latitudes.

Or, notamment en Arctique, l'anomalie de 2010 a été très forte égale à 1.9°C.

Sur un plan plus général, la démarche de la NASA semble pertinente.

En effet, si on compare les données calculées de la NASA aux mesures satellitaires de la région, on constate une bonne correspondance, qui peut renforcer, si besoin, la confiance que l'on peut avoir dans l'anomalie globale délivrée par cet organisme.

 

 

2010 arctique

 

 

ENSO et activité solaire

 

Si on compare 2010 et 2005 du point de vue des influences ENSO (SST uniquement) et activité solaire, on constate que l'anomalie cumulée de ces deux influences, est de 0.01°C pour 2005 et -0.03°C pour 2010.

 

2010 ENSO

 

 

 

2010 solaire

 

 

 

Les anomalies corrigées de ces deux années deviennent alors 0.61°C pour 2005 et 0.66°C pour 2010, soit une différence qui est juste à la limite de la significativité statistique, mais qui permet de renforcer le caractère anormalement chaud de 2010 vis-à-vis des autres années de la base.

 

 

 

banquises de mer

 

 

2010 area annuelle

 

 

L'anomalie de banquise annuelle arctique aura été la deuxième plus basse avec -1.33Mkm2 derrière celle de 2007, -1.51Mkm2, mais devant 2006, -1.19Mkm2.

 

La banquise antarctique avec, +0.40Mkm2, se porte toujours très bien mais semble stabiliser sa hausse.

La banquise globale avec -0.93Mkm2 est la 3ème plus basse derrière 2007 et 2006, devant 2005, -0.89Mkm2.

Les banquises de mer de 2010 et 2005 ont des anomalies négatives très proches

 

Sur le long terme, la banquise annuelle perd 37000 km2/an et ainsi que l'indique le graphe ci-dessus la baisse de la banquise arctique semble s'accélérer.

 

 

niveau de la mer


 

2010 SL

 

 

Les données pour 2010 sont à ce jour incomplètes toutefois on peut constater que le niveau, au moins pour les 10 premiers mois de l'année n'aura jamais été si haut qu'en 2010.

La variation de niveau a deux origines: la fonte des glaces terrestres et l'expansion thermique (si on exclut des variations transitoires dues aux précipitations.

Le fait qu'on ait trouvé, dernièrement, une surestimation de la fonte des glaces (à confirmer) permettrait de valoriser la part expansion thermique.

 

Et donc la chaleur captée par les océans et, in fine, le réchauffement global.

 

 

 

conclusion provisoire

 

 

Selon les données NASA, 2010, du point de vue de l'anomalie brute de température, est très proche de 2005 et ne peut en être différenciée d'un point de vue statistique.

 

Néanmoins, si on tient compte de ces deux éléments de variabilité naturelle que sont le solaire et l'oscillation El Niño, 2010 se détache un peu plus nettement.

 

(EDIT: concernant la prise en compte de la variabilité autre que le solaire et l'ENSO, comme par exemple l'AMO et la PDO, il convient d'être très prudent dans la prise en compte des valeurs annuelles.

En effet les signaux globaux se retrouvent dans les températures indiquées comme valeurs de ces indices, et donc l'influence de l'ENSO également.

Additionner les PDO, ENSO et AMO, revient donc à additionner plusieurs fois la même valeur)

 

Les deux années sont également très proches si on compare leurs banquises globales annuelles.

 

Cette année 2010, après la froide 2008 et la 2009 de transition, se replace au-dessus de la tendance depuis 32 ans, confirmant si besoin cette dernière et malgré les éléments de variabilité naturelle indiqués plus haut.

 

Elle vient donc freiner les ardeurs sceptiques concernant un début, supposé, de refroidissement, et en ce sens c'est tant mieux.

 

Evidemment, elle vient aussi, malheureusement, confirmer le fait que la température globale s'est accrue de près de 0.7°C depuis 40 ans, et ça, c'est pas bon du tout.

 

 

 

 

EDIT: les résultats NOAA viennent confirmer ceux de la NASA avec une anomalie de température globale de 0.62°C (HN:0.73°C et HS:0.51°C) en plaçant ainsi 2010 à égalité avec 2005.

 

 

2010 NOAA

 

Le top-ten des 10 années les plus chaudes est le suivant pour cet organisme:

 

 

 

 

Global Top 10
Warmest Years (Jan-Dec)

Anomaly °C

2010 0.62
2005 0.62
1998 0.60
2003 0.58
2002 0.58
2009 0.56
2006 0.56
2007 0.55
2004 0.54
2001 0.52

 

 

Il est remarquable de constater que parmi les 10 années les plus chaudes, 9 années appartiennent à la dernière décennie (2001-2010).

Entre la plus chaude et la plus froide de ces années il n'y a que 0.1°C, ce qui traduit une dernière décennie certes record  mais "raisonnable".

Par meteor - Publié dans : indicateurs climatiques - Voir les 252 commentaires
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