Lundi 19 mai 2008

 


Encore un dernier article de la saga ESRL 2008


Il m'avait intéressé au premier abord mais j'avais un problème d'interprétation qui m'empêchait d'en faire part ici.

Après quelques échanges avec l'auteur, Ellsworth G Dutton, de l'ESRL, très disponible je dois dire, je suis en mesure maintenant d'en proposer une traduction.

Malheureusement, comme vous pouvez le constater, les documents de présentation sont assez succints et conçus pour mettre en appétit les participants à la conférence.

Mais on y va quand même...

 

 

 

s'approcher, par l'observation, du gap entre le forçage radiatif climatique et les changements radiatifs climatiques.

 

 

(le titre lui-même peut poser quelques problèmes d'interprétation, isn't it?)

 

Observationally Closing the Gap Between Climate Radiative Forcing and Changes in Radiation Climate

E.G. Dutton1 and the ESRL Radiation Group1,2

1NOAA Earth System Research Laboratory, 325 Broadway, Boulder, CO 80305; 303-497-6660,

Fax: 303-497-6546, E-mail: ellsworth.g.dutton@noaa.gov

2Cooperative Institute for Research in Environmental Sciences, University of Colorado, Boulder, CO 80309

 

 

 

 

Le forçage radiatif (RF) total, émanant de plusieurs sources (GES, aérosols,...), tel que signalé dans les rapports du GIEC, est 2 à 4W/m2, sur la période de doublement du CO2.

 


Cependant le changement, du flux radiatif, prédit par les modèles GIEC, est de 15 à 20 W/m2.

 

Alors que le RF est bien connu, étant supporté par des observations de haute qualité, à l'heure actuelle, le changement de flux radiatif est seulement prédit et largement dépendant de la rétroaction, estimée, de la vapeur d'eau.

 

Néanmoins, les effets attendus sur la température globale ont été indiqués, avec un haut degré de certitude, en accord avec les observations.

 

La confirmation, par l'observation, du changement actuel de flux radiatif, avec ses variations spatiales, contribuerait à renforcer la confiance dans les scénarios climatiques, comme elle permettrait un meilleur suivi, et des améliorations potentielles, de ces prédictions.

 

Pendant les 15 dernières années, nous avons mesuré les composants infrarouges du budget de surface sur un certain nombre de sites ( la phrase en anglais est " For the past 15 years, we have been measuring infrared components of the surface radiation budget at a number of globally remote background sites", et je suppose qu'il s'agit de sites permettant de mesurer le flux descendant vers la surface, mais je suis preneur d'une meilleure traduction)

 

Ces données ont été analysées à des périodes pouvant être raccordées aux périodes des modèles.

Les résultats commencent à montrer une évidence observationnelle d'une disparition du "gap".

Des détails du programme d'observations et d'analyse seront présentés ainsi que les premiers résultats tels que résumés dans le graphe ci-dessous.




(extrait ESRL)


 

 

Comme je le disais plus haut j'ai eu des problèmes d'interprétation surtout concernant ce à quoi s'appliquait le fameux "gap"

En regardant le graphe ci-dessus j'avais l'impression que le "gap" était la différence entre la radiation descendante telle que prédite par les modèles, et le RF.

Ce "gap" est important car il permet de quantifier la rétroaction du système à tous moments.

Or le fait que ce gap soit réduit à zéro par l'observation aurait voulu dire que la rétroaction du système était nulle.

Ellsworth m'a tiré de mon embarras, en me signalant que le gap était la différence entre l'observation et le modèle et que donc cette différence était en voie d'être comblée, mais qu'on ne pouvait pas encore disposer d'une quantification suffisamment précise.

Voilà, j'en suis là pour le moment.

par meteor publié dans : transfert radiatif commentaires (4)   
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Commentaires

Bonjour,
J'ai du mal à comprendre le graphique.
A quoi correspond la courbe noire CONTROL GCM ?
Sur la courbe, je ne vois pas d'évidence observationnelle d'une disparition du "gap", mais plutôt un gap qui a tendance à augmenter, mais j'ai du mal comprendre.
commentaire n° : 1 posté par : ol_bugs (site web) le: 19/05/2008 22:20:13
C'est vrai que le graphique ne reflète pas vraiment ce qu'a voulu dire l'auteur.
Bon d'abord pour la courbe noire, à mon sens, elle est la sortie du modèle sans forçage radiatif.
Ensuite le fameux gap tel qu'il est représenté sur le graphique est la différence entre la radiation totale telle que calculée par les modèles, et le forçage radiatif.
Il est normal que ça augmente avec le temps car la rétroaction augmente aussi avec le temps.
Pour un forçage de 1 la rétro est de 2, pour un forçage de 3 la rétro est de 6.
La différence (6-3) est bien supérieure à la différence (2-1).
Mais attention ce gap là n'est pas le gap dont parle l'auteur dans le texte et c'est bien ce problème que je ne comprenais pas au début.
Le véritable gap est celui qui concerne les observations et la courbe bleue et celui-là n'est pas sur le graphique.
Je sais c'est un peu compliqué et surtout cela manque de détails qui seront je l'espère disponibles prochainement car c'est plutôt important, à mon sens.
réponse de : meteor (site web) le: 19/05/2008 22:57:14

Salut
ce qui est marrant aussi, c'est que le contrôle a l'air de montrer une trend négative...
sinon pour traduire closing the gap : "Vers une reconciliation entre "   ?  

commentaire n° : 2 posté par : ICE (site web) le: 20/05/2008 11:00:47
oui c'est exact, j'avais remarqué aussi.
je me demande s'ils n'introduisent pas des éruptions volcaniques plus ou moins aléatoires, en fonction du passé récent.
sinon pour le fameux "closing" ou "closure" oui pourquoi pas?
c'est là qu'il faut vraiment interpréter et modifier la phrase pour éviter de faire des contre-sens.
réponse de : meteor (site web) le: 20/05/2008 11:40:00
Faut pas trop se focaliser là dessus.
Les mesures de flux IR sont difficiles et la précision n'est pas extra (individullement, 5 W/m2 au mieux). En outre, elles sont complètement modulées par les nuages bas.
Ca qui veut dire que détecter un signal cohérent là dedans sera très difficile
D'autant qu'il faut faire avec la variabilité spatiale et temporelle, les pbs d'échantillonage etc.. 
Ca fait 20 ans qu'on a lancé un programme de stations de référence. On ne l'a pas fait pour mesurer les retroactions(!)mais seulement pour fournir des meilleures données aux modèles d'océan.
commentaire n° : 3 posté par : sirius le: 21/05/2008 11:34:03
Avant meme que j'ai lu l'article je suppose que la difference entre RF et les valeurs IR Down et surtout l'endroit (la troposphere vs la surface). Un RF X mene a une rechauffement Y a la surface pour un tas des differents raisons possible. C'est effectivement une previsions des modeles que c'est surtout le IR down qui va changer le bilan energetique a la surface.
Georg

commentaire n° : 4 posté par : Georg Hoffmann (site web) le: 27/05/2008 13:17:30
oui merci Georg

je pense qu'il faut faire un bilan complet au niveau de la surface donc y compris le SW.
Car si on suppose que le SW down augmente (par baisse des nuages bas par exemple), ça fait chauffer la surface qui fait chauffer la tropo.
Cette dernière rayonne alors d'avantage d'IR down vers la surface.
réponse de : meteor (site web) le: 27/05/2008 14:28:53

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