A lire, dans le dernier Nature, un article concernant les résultats des mesures de concentration de CO2 et de CH4 pour la période allant de - 650 000 à -800 000 ans.
En voici l'abstract, dont je propose une traduction ci-dessous:
Nature 453, 379-382 (15 May 2008) | doi:10.1038/nature06949; Received 12 October 2007; Accepted 17 March 2008
Enregistrement à haute résolution de la teneur en CO2 de -650 000 à -800 000 ans.
Des changements des concentrations passées de CO2 peuvent être déterminées en mesurant la composition d'air piégé dans les carottes glaciaires en Antarctique.
Jusque là, les forages Vostok et Dome C ont fourni un record composite des niveaux de CO2 jusqu'à -650 000 ans.
Ici, nous présentons les résultats des 200 m les plus profonds de la carotte glaciaire du Dôme C, étendant l'enregistrement de la concentration de CO2 atmosphérique de deux cycles glaciaires complets jusqu'à -800 000 ans.
Des données précédemment publiées et du présent travail, nous trouvons que le CO2 est fortement corrélé à la température antarctique, au travers de 8 cycles glaciaires, mais avec des concentrations significativement plus basses entre -650 000 et -750 000 ans.
Les concentrations de CO2 sont en dessous de 180 ppm pendant une période de 3000 ans pendant le MIS16, reflétant, peut-être, un stockage océanique plus prononcé.
Nous enregistrons la concentration la plus basse mesurée dans une carotte glaciaire, qui étend la fourchette de concentration du CO2 durant le Quaternaire récent, d'environ 10 ppm, portant ainsi cette fourchette à 172-300ppm.
ci-dessous, extrait de l'article, la représentation graphique des teneurs en CO2, CH4 ainsi que la température en Antarctique, pour la période -800 000 - 0 et pour les 2000 dernières années:
A noter que le nouveau "challenge" est maintenant de trouver un site, plutôt en Antarctique Est, permettant d'atteindre les -1.5 millions d'années.
"Il y a 800 000 ans l’espèce humaine n’existait pas…
Si le CO2 était à 172 PPM il est vraisemblable que la température devait être basse puisqu’il semble que c’est la température qui fasse varier le taux de CO2."
oui la température était basse (si nous étions en période glaciaire) mais si la variation de température (en
dehors de facteurs non naturels évidemment) initie la variation de CO2 cette dernière constitue une rétroaction positive.
"Mais il est difficile de comparer la teneur en CO2 au Pôle sud il y a 800 000 ans et la teneur actuelle."
Pourquoi donc?
Il n'y a que très peu de différences (2 à 3 ppm maxi), hors variations saisonnières évidemment, entre les différents points du globe.
"Les premières mesures de CO2 fiables de notre atmosphère remontent aux années 1950-60 dans le Pacifique.
Connaît-on les mesures dans des carottes glaciaires de l’Antarctique du début du XXè siècle… ? Là il me semble que nous pourrions vraiment comparer.
Les 280 PPM annoncés vers les années 1850 ont-ils été mesurés par carottage au Pôle sud ?"
les données avant Mauna Loa ont été établies à partir des carottes glaciaires du Law Dome en Antarctique (entr'autres)
Pour 1969, par exemple, la teneur trouvée dans les carottes du Law Dome était de 323 ppm, pour un Mauna Loa à 325ppm.
Cependant il convient de connaître les procédures d'étalonnage et de calculs de ces teneurs, car ce n'est pas si simple. (problème du temps de fermeture des bulles d'air)
"En 1850 l’humanité était de 1 milliard d’individus… 150 ans plus tard nous sommes 6,6 milliards… et la T° du globe a
augmenté de… 0,7 °C… Si les humains « réchauffaient » ça se saurait…"
Je ne comprends pas cette réflexion.
Oui les humains peuvent réchauffer, c'est évident.
Pourquoi donc ne le pourraient-ils pas?
Ils se réchauffent eux-mêmes par leur métabolisme, ils réchauffent leurs maisons, leurs lieux de travail.
Ils réchauffent même les villes selon l'effet de chaleur urbain si cher aux sceptiques, mais en injectant un gaz
qui absorbe l'IR de surface, ils ne pourraient y parvenir?
Autrement dit en "ajoutant un "isolant" pour éviter les déperditions de rayonnement ils ne le pourraient pas?
Je veux bien mais, dans ce cas il faut démolir point par point la théorie du transfert radiatif et démolir la spectro moléculaire en supplément.
Ce que les sceptiques n'ont toujours pas réussi à faire.
Perso quand on me prouvera que le CO2 n'absorbe pas plus d'IR lorsqu'on augmente sa concentration, je reverrai mon avis.
Pour le moment rien de tel n'est survenu.
"Mais je suis d’accord que des carottages qui permettent de remonter à - 800 000 ans sont de belles prouesses.
Mais question : Quelle est la marge d’erreur… ?
Cela dit entre – 667 000 et – 800 000 ans, la teneur en CO2 n’a pas bougé… toujours a 172 PPM…
Qu’en déduire ?"
Pour moi, entre 800000 et 667000 (on n'est pas obligé de mettre le signe moins en paléo) je vois une teneur qui varie de 170 à 260 ppm environ
Jouzel le glaciologue essaie de nous dire que si le taux de CO2 est passé de 172 PPM à 379 PPM en 800 000 ans c'est dramatique... et bien entendu c'est la faute de l'espèce humaine...
Sérieusementque que peut on raisonnablement extrapoler... Si tant est qu'il faille tirer des "conclusions"...
C'est ce que révèlent les archives glaciaires.
Ce taux est passé, en 1 siècle, de 280-290ppm(environ) à 385ppm (teneur actuelle).
Ceci est une confirmation que de fortes variations de température globale (5 à 6°C) ont fait varier la teneur de ce gaz de 100 à 110 ppm, soit 19 ppm/°C (environ car il faudrait comparer les différentes courbes d'un peu plus près)
Cela voudrait dire que, comme la température a augmenté en 1 siècle de 0.8°C, on ne peut attribuer plus de 15 ppm à l'augmentation actuelle de CO2.
Et encore il y a un gap de plusieurs centaines d'années entre augmentation de température et augmentation du CO2 révélé par ces archives.
On peut donc dire qu'une part très faible de l'augmentation actuelle est due à des phénomènes naturels, comme l'attestent bien d'autres éléments comme la composition isopique, l'acidification, certes non encore dramatique, de l'océan etc.
Je ne sais pas si c'est dramatique mais moi c'est ce que j'en retiens, sans parler de la prouesse technique et des autres phénomènes constatés comme l'existence subodorée d'un cycle de plus longue période que les cycles de Milankowitch..